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01-03-2005
Jacques Toubon demande la reconnaissance du génocide arménien aux députés turcs.
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Jeudi 24 février 2005 à Strasbourg, M. Jacques Toubon (PPE, France) a évoqué la « réalité indiscutable » du génocide des Arméniens durant la 53ème réunion de la délégation interparlementaire UE-Turquie, délégation dont il est le vice-président.
Durant son intervention, M. Toubon a indiqué à ses homologues turcs que la reconnaissance de ce génocide constituait un « élément important pour l’Europe », élément participant de ses « valeurs communes ». Il a notamment évoqué les nombreuses reconnaissances dont ce génocide avait fait l’objet de la part des pays de l’Union et tout particulièrement la dernière en date, celle des Pays-Bas qui est survenue le 21 décembre 2004, juste après le Sommet européen de Bruxelles.
Son intervention a provoqué la fureur des officiels turcs qui participaient à la réunion, et notamment de M. Sükrü Elekdag (CHP- Parti kémaliste), ancien ambassadeur auprès des Etats-Unis et de M. Oguz Demiralp, le représentant permanent de la Turquie auprès de l’Union européenne.
M. Toubon a alors rappelé que le Parlement européen, depuis 1987, avait à de nombreuses reprises reconnu la réalité du génocide et depuis lors, demande continûment à la Turquie d’en faire autant. Il a expliqué que « en refusant de ratifier le Traité de Sèvres en 1920, la Turquie n’avait pas voulu reconnaître ce génocide » et que cela était explicable dans le contexte politique d’alors, mais que « 90 ans après, la Turquie doit changer » et adopter les valeurs européennes en reconnaissant cette réalité historique.
La presse turque, l’agence officielle Anatolie et le Turkish Daily News en tête, a le jour même travesti les propos de M. Toubon, alléguant qu’il avait demandé à la Turquie de ratifier le Traité de Sèvres. Ce traité signé notamment par la première république d’Arménie et par l’Empire ottoman constituait une réparation pour le préjudice du génocide mais ne fut jamais ratifié par Ankara et fut remplacé par le Traité de Lausanne qui éludait la question.
« Nous saluons le courage et la persévérance de M. Jacques Toubon que les méthodes habituelles d’outrance et de surenchère des députés turcs n’ont pas impressionné » a déclaré Hilda Tchoboian, présidente de la Fédération Euro-Arménienne. «Aussi longtemps que l’Etat turc usera de la menace vis-à-vis de l’Europe, et de la peur vis-à-vis de son opinion publique, il fera la preuve que la Turquie n’est toujours pas européenne » a conclu Hilda Tchoboian. |
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