Lors d'une rencontre à Moscou,

les chefs religieux arménien et azéri lancent

un appel pour la paix au Karabagh

Réunis vendredi à Moscou sous l'égide du patriarche russe Alexi II, le catholicos Karékine II et le chef spirituel des musulmans d'Azerbaïdjan et du Caucase, Cheikh-ul-islam Pacha-Zadeh, ont adressé un message appelant à la paix les présidents d'Azerbaïdjan et d'Arménie mais aussi le président russe, plaçant ainsi leur confiance en Vladimir Poutine pour sa médiation dans le conflit du Karabagh. Les chefs religieux ont exprimé l'espoir dans cette lettre commune que les chefs d'État concernés trouveront les termes d'un accord mutuellement acceptable pour régler le conflit, et qu'ils donneront ainsi l'exemple pour le règlement d'autres conflits en Europe. Les chefs religieux s'engagent par ailleurs à oeuvrer en vue de la réconciliation des peuples arménien et azéri, en soulignant que la priorité est d'empêcher une reprise des opérations militaires dans la région, la solution au conflit résidant dans la reconnaissance des droits légitimes de chacun des peuples concernés. La lettre met enfin en garde contre le danger de voir les extrémistes de tous bords vouloir régler le conflit par les armes, et estime qu'un dialogue entre Arméniens et Azéris en vue d'une paix durable et de l'établissement de relations de bon voisinage est la seule garantie contre de telles dérives.

Le président russe Vladimir Poutine a salué de son côté au Kremlin la déclaration commune des chefs religieux chrétiens et musulman, en exprimant l'espoir que cette initiative contribuera à ramener la paix dans la région.

 

Un délai demandé pour la réforme électorale

La réforme électorale, d'accord, mais pas pour tout de suite... Tel est le message qu'a adressé au président arménien Robert Kotcharian, l'Alliance Unité, majoritaire au Parlement, où avait été voté la semaine dernière en première lecture un amendement à la législation électorale inversant au profit de la proportionnelle le mode de scrutin parlementaire en vigueur en Arménie. Autrement dit, si le groupe parlementaire du premier ministre Andranik Markarian a accepté de suivre le président arménien dans sa décision de privilégier le mode de scrutin proportionnel plutôt que le mode de scrutin majoritaire, il n'est pas prêt à accepter des élections législatives anticipées auxquelles une telle réforme aurait pu ouvrir la voie. En indiquant que la réforme ne saurait entrer en vigueur avant 2003, l'alliance Unité a donc fait savoir qu'elle souhaitait que la législature aille jusqu'à son terme normal. On peut difficilement envisager dans ces conditions, que le président de la République prononce la dissolution de l'actuelle Assemblée comme l'y autorise la Constitution, si c'est pour reproduire des élections suivant le même mode de scrutin que celui qui avait présidé aux législatives de 1998. Les deux composantes de l'alliance Unité, le Parti républicain et le Parti du peuple, qui ont vu leurs positions s'éroder dans le paysage politique depuis la disparition de leur leaders charismatiques Vazken Sarksian et Karen Démirdjian, tous deux assassinés dans la tuerie du Parlement de Erévan du 27 octobre 1999, ont intérêt à gagner du temps, des élections anticipées risquant de les marginaliser sur la scène politique.

 

Puissant séisme en Azerbaïdjan

Des volontaires ont commencé dimanche à déblayer les rues de Bakou jonchées de bris de verre, au lendemain du violent séisme qui a secoué la capitale de l'Azerbaïdjan, faisant au moins trois morts tandis qu'au moins 20 autres personnes succombait à des crises cardiaques, selon un bilan officiel.

Par ailleurs, une explosion due au gaz a dévasté dimanche trois étages d'un immeuble d'habitations de Yeni Yamasli, dans la banlieue nord-ouest de Bakou, faisant au moins deux morts. L'explosion a été provoqué par une fuite de gaz après qu'une valve a été endommagée par le séisme.

L'approvisionnement en gaz avait été coupé dans plusieurs régions après le séisme, les autorités craignant des fuites. L'approvisionnement en gaz, ainsi que le téléphone et l'électricité avaient commencé à être rétablis dimanche.

Les équipes médicales ont oeuvré toute la nuit pour soigner plus d'une centaine de blessés et traiter les nombreux habitants en état de choc.

Après avoir passé la nuit dans le froid autour de feux de camp sur des parkings ou dans des parcs de la ville, les habitants de Bakou, cité pétrolière de la mer Caspienne, ont pu rentrer chez eux dimanche matin. Mais une trentaine de répliques ont secoué la capitale dans la journée, incitant plusieurs résidents à quitter la capitale pour se réfugier chez des proches à la campagne jusqu'à ce que l'activité sismique s'apaise.

Le séisme de samedi soir, de magnitude entre 6,1 et 6,3 sur l'échelle ouverte de Richter, a jeté dans les rues les habitants en proie à la panique. Selon le ministère de la Santé, trois personnes ont été tuées directement par le tremblement de terre, dont un petit garçon de sept ans qui a été écrasé par un plafond qui s'est effondré. Mais au moins 20 autres personnes sont mortes après le séisme. Elles ont succombé à des crises cardiaques, selon le service de presse du ministère.

Selon les secours, son épicentre était situé en mer Caspienne, à une centaine de kilomètres au nord-est de Bakou. L'institut américain de surveillance géologique a quant à lui précisé que l'épicentre était situé à 16km à l'est de la capitale azerbaïdjanaise.

Des secousses ont aussi été ressenties à Tbilissi, la capitale de Géorgie, à 500 km au nord-ouest de Bakou, à Makhatchkala (Daghestan) et dans le nord de l'Iran.

Par ailleurs, un autre séisme a été ressenti plus à l'Ouest, en territoire turc, dans les environs de la ville d'Erzeroum. Les services sismiques de l'Arménie, située entre les deux séismes, ont indiqué qu'aucune secousse n'avait été enregistrée sur le territoire arménien.

 

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