Le Parlement arménien

se prononce en faveur du mode de scrutin proportionnel

Après deux jours de débats houleux, l'Assemblée nationale d'Arménie a finalement adopté un texte amendant la législation électorale et inversant en faveur de la proportionnelle le mode de scrutin en vigueur en Arménie. En vertu de cet amendement, 94 députés seront élus conformément au mode de scrutin proportionnel, contre 37 selon le mode de scrutin majoritaire. L'actuelle Assemblée de Erévan, élu deux ans plus tôt, est composée de 75 députés élus selon le mode de scrutin majoritaire et de 56 selon le mode de scrutin proportionnel. Cet inversement de la tendance électorale, qui devrait être déterminant pour les prochaines élections législatives, intervient quelques jours après une intervention télévisée très remarquée du président Kotcharian en faveur du mode de scrutin proportionnel. Après avoir été longtemps hostile à ce mode de scrutin, le président arménien avait révisé ses positions, au lendemain de la manifestation à l'appel de l'homme d'affaires arméno-russe Arkady Vartanian, d'ailleurs toujours emprisonné sous l'accusation de tentative de renversement du pouvoir par la force. Le chef de l'État avait indiqué que le mode de scrutin proportionnel contribuerait à l'organisation de la vie politique arménienne, en évitant l'émergence de tendances populistes dans la société. Les députés, qui ont par ailleurs souligné la nécessité d'amender la Constitution et d'adopter une nouvelle loi sur les partis, ont donc suivi le président de la République, qui montre ainsi qu'il a regagné toute son autorité sur la scène politique nationale, un peu plus d'un an après le drame du Parlement de Erévan, le 27 octobre 1999, qui avait durablement déstabilisé les institutions du pays.

 

 

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Des projets concrets pour la Lincy Foundation en Arménie

Le 21 novembre, le gouvernement arménien et la Lincy Foundation ont signé un protocole d'accord sur l'utilisation des fonds que le groupe américain dirigé par Kirk Kirkorian s'engage à investir dans la rénovation des infrastructures économiques arméniennes. Lors d'une rencontre en juin dernier à Washington avec le président arménien Robert Kotcharian, le milliardaire arméno-américain Kirk Kirkorian s'était félicité de la proposition du président arménien d'en appeler aux fonds de la diaspora pour réhabiliter une économie arménienne sinistrée. Dernièrement, le président Kotcharian avait annoncé, dans une intervention télévisée, que les fonds injectés par la Lincy Foundation contribueraient dès l'an prochain à une amélioration des conditions de vie en Arménie, où ils créeraient des milliers d'emplois. Après plusieurs mois de discussion, les deux parties sont donc tombées d'accord sur les modalités d'utilisation des 165 millions de dollars que la Lincy Foundation entend investir à cet effet en Arménie. Cette somme devrait être répartie comme suit :

-des crédits seront accordés aux hommes d'affaires et industriels locaux en vue de créer des emplois, mais aussi aux grosses compagnies étrangères en vue de les encourager à étendre leurs activités en Arménie là encore dans l'objectif de dynamiser le marché de l'emploi arménien;

-des crédits seront accordés aux entreprises de travaux publics présentes dans les régions du nord ouest de l'Arménie sinistrées par le séisme de décembre 1988 afin d'effacer une fois pour toutes les séquelles de la catastrophe et de fournir des logements à la population locale;

-une partie des crédits ira à la restauration des infrastructures routières et des axes de communication, ainsi qu'aux travaux de voirie;

-ces crédits serviront aussi à la restauration de centres culturels majeurs, comme l'Opéra de Erévan ou la Maténadaran,

-des investissements seront effectués dans les infrastructures touristiques, hôtels et agences de voyage, ainsi que pour la modernisation de l'aéroport de Zvartnotz;

-ces fonds serviront enfin à l'embellissement du centre de Erévan, où seront créées notamment des rues piétonnes.

 

 

Turquie-UE-Arménie

M.Cohn-Bendit propose un symposium historique

sur le génocide arménien

Daniel Cohn-Bendit a proposé mercredi à la Turquie d'organiser un symposium historique avec l'Arménie et l'Europe sur la question du génocide arménien.

M.Cohn-Bendit, co-président de la Commission Parlementaire mixte Europe-Turquie, rencontrait à Antalya depuis lundi les parlementaires turcs membres de cette commission, dans le cadre du dialogue politique entre Bruxelles et Ankara, candidate à l'Union Européenne (Gamk du 23 novembre 2000).

"J'ai fait la proposition d'un symposium historique en commun, avec des historiens européens, turcs et arméniens on va voir leur réponse", a déclaré M.Cohn-Bendit. "Pour l'instant, ils ont dit ni oui, ni non", a-t-il ajouté.

"S'il n'y a pas de réponse turque, je vais essayer d'organiser cette réunion, par le biais du Parlement Européen, en invitant moi-même des historiens turcs", a-t-il dit.

Le 15 novembre, le Parlement européen avait adopté une motion appelant la Turquie à reconnaître le génocide arménien soulevant la colère d'Ankara.

La Turquie rejette catégoriquement la thèse d'un génocide.

Le député Vert a estimé que le Parlement européen avait fait "une erreur" en mettant ce problème en avant, car "le débat important pour la Turquie pour l'instant est le train de réformes" qu'elle doit mettre en oeuvre pour satisfaire aux critères de Copenhague sur la démocratie et les droits de l'Homme.

La Turquie poursuivra le processus d'adhésion à l'Union européenne malgré sa colère devant ce qu'elle qualifie de "tromperie", a toutefois déclaré mercredi le Premier ministre turc Bulent Ecevit.

"La Turquie ne suspendra pas d'elle-même sa candidature et n'abandonnera pas son but d'une adhésion à l'UE. Ceux qui l'espèrent rêvent en vain", a déclaré M.Ecevit devant son groupe parlementaire.

Mais il a ajouté que la réaction de la Turquie "ne se limitera pas à des paroles" si l'UE lie son adhésion à un règlement du problème de Chypre ou des différends territoriaux turco-grecs, sans préciser quelles actions elle pourrait entreprendre.

M.Ecevit avait menacé samedi de "réviser" les relations avec l'UE si ses demandes concernant le "partenariat d'adhésion" que lui a offert la Commission européenne le 8 novembre n'étaient pas prises en compte.

Ce programme énumère les réformes politiques et économiques nécessaires avant une adhésion de la Turquie à l'UE. Mais Ankara a dénoncé l'inclusion d'un paragraphe mentionnant Chypre, refusant de voir sa candidature liée à cette question.

En outre, la Grèce a tenté d'inclure dans le programme ses différends territoriaux en mer Égée avec la Turquie.

Devant la colère d'Ankara, les chefs de la diplomatie des Quinze réunis à Bruxelles lundi ont reporté au 4 décembre l'adoption du document.

Ecevit a salué ce report comme un signe que l'UE commençait à comprendre la réaction turque.

"Les deux questions (Chypre et Égée) sont d'importance vitale pour la Turquie et il y a des concessions que nous ne ferons jamais à leur sujet", a souligné M.Ecevit.

"La voie vers un règlement ne passe pas par la soumission aux caprices de la Grèce, mais en encourageant la Grèce à engager un dialogue civilisé avec la Turquie", a-t-il dit. Il a réaffirmé que l'UE avait "trompé" la Turquie en incluant la référence à Chypre dans le programme d'adhésion.

 

FAO-alimentation

Alimentation: l'Arménie au nombre

des 38 pays souffrant de pénuries alimentaires graves

L'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) a indiqué que 38 pays dont 20 situés en Afrique souffraient de pénuries alimentaires graves, dans son bulletin Perspectives de l'alimentation publié à Rome mercredi.

Ce sont: l'Angola, l'Arménie le Bangladesh, Belize, le Burkina Faso, le Burundi, le Cambodge, la République Démocratique du Congo, la Corée du Nord, la Côte d'Ivoire, l'Erythrée, l'Éthiopie, la Géorgie, la Guinée, Haïti, le Honduras, l'Inde, le Kenya, le Laos, le Liberia, Madagascar, la Mongolie, le Mozambique, le Nicaragua, le Niger, l'Ouganda, l'Ouzbékistan, la Russie, le Rwanda, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Tadjikistan, la Tanzanie, le Tchad, la Thaïlande, le Vietnam et la Yougoslavie.

En Afrique, plus de 20 millions de personnes soufrent de la faim et cette situation persistera en 2001, indique le rapport.

Plus de 10 millions de personnes ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence en Éthiopie. 3,3 millions de personnes sont dans le même cas au Kenya, 2,4 millions au Soudan et plus de 1,5 million en Erythrée.

Quatre pays du sud-est asiatique (Cambodge, Laos, Thaïlande et Vietnam) ont souffert des inondations catastrophiques qui ont frappé ces régions. En Amérique latine, le Honduras, le Nicaragua et Belize ont été affectés par des cyclones et d'autres catastrophes climatiques.

Quatre pays de l'ex-Union soviétique (Arménie, Géorgie, Tadjikistan et Ouzbékis-tan) connaissent des pénuries alimentaires. Ce phénomène touche également des régions de la Yougoslavie et de la Fédéra-tion de Russie.

 

Azerbaïdjan-opposition

Seize anciens hauts fonctionnaires

azéris condamnés pour malversation

Seize anciens hauts fonctionnaires liés à l'ex-président du Parlement d'Azerbaïdjan, Rasul Gouliev, ont été reconnus coupables lundi à Bakou d'avoir détourné pour 30 millions de dollars de produits pétroliers.

La Haute cour du pays a condamné les seize hommes, parmi lesquels se trouvent deux anciens ministres, à des peines d'emprisonnement allant de cinq à douze ans pour les vols qui auraient été commis entre 1992 et 1995.

M.Gouliev, ex-président du Parlement et ancien directeur de la plus grande raffinerie de pétrole du pays fait lui-même l'objet d'une enquête pour le détournement de plus de 70 millions de dollars.

Actuellement en exil aux États-Unis, il est l'un des principaux adversaires politiques du président de l'Azerbaïdjan récemment réélu, Haïdar Aliev.

 

Turquie-Europe-Droit

La cour européenne condamne la Turquie pour

"violation du droit à la vie"

La cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg a condamné mardi la Turquie pour "violation du droit à la vie" d'un de ses ressortissants, tué en août 1994 pendant sa garde-à-vue.

La requérante, Asiye Demiray, qui vit à Diyarbakir (sud-est de la Turquie), accusait les autorités d'avoir tué son mari, Ahmet Demiray, lors de sa détention dans le cadre des opérations de police contre le mouvement indépendantiste kurde.

Selon le gouvernement turc, Ahmet Demiray, arrêté le 21 juillet 1994, aurait déclaré être membre du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et en mesure d'indiquer aux forces de l'ordre un dépôt de munitions de l'organisation.

Il aurait été tué en août par l'explosion d'une grenade piégée par le PKK, en indiquant les lieux du dépôt, selon Ankara.

La cour a estimé qu'il y avait violation de l'article 2 de la convention européenne, dans la mesure où "les autorités étaient certainement en mesure d'évaluer les risques que comportait la visite des prétendus lieux du dépôt de munitions en cause".

Les juges notent également que M.Demiray "se trouvait, au moment de l'explosion, à un mètre de distance du dépôt de munitions en cause, alors que les trois gendarmes l'ayant accompagné étaient placés à respectivement trente, trente et cinquante mètres de distance. La cour a alloué à la requérante 40.000 dollars (47.000 euros) pour dommage matériel et moral, et 1.500 dollars (1.770 euros) pour frais et dépens.

 

Turquie-droits-Ocalan

Procès Ocalan: la presse turque partagée entre indignation et raison

La presse turque était partagée mercredi entre indignation et raison après l'audience consacrée au chef rebelle kurde Abdullah Ocalan devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme à Strasbourg.

"Procès de la honte", titrait le quotidien Turkiye (conservateur nationaliste). L'affaire Ocalan contre Turquie est une "comédie de justice" car elle met à égalité "dans les plateaux de la même balance le droit et le terrorisme", selon le journal.

Le quotidien à grand tirage Hurriyet consacrait sa une à l'audience de Strasbourg en comparant la capture d'Ocalan au Kenya par un commando turc, qui a motivé l'un des recours déposés par ses défenseurs, avec celle de Carlos par la France au Soudan en 1994.

"Pourquoi allez-vous juger la Turquie sur Apo, alors que vous n'avez pas jugé la France sur Carlos?", demande le journal.

La procédure suscitait par ailleurs peu de commentaires des éditorialistes, qui relevaient que sa longueur était la seule chose positive à en attendre.

"Chacune des parties au procès en attend le même résultat: le PKK, la Turquie, et la Cour", estimait Mehmet Ali Birand dans le quotidien de langue anglaise Turkish Daily New. "Tout le monde espère que cela durera aussi longtemps que possible".

Si l'issue de la procédure ne fait guère de doute à ses yeux - "le verdict dira que la Turquie n'a pas respecté les textes européens en jugeant Ocalan" - l'important est ce qui peut en découler.

"Ocalan peut soit être rejugé, soit rester emprisonné à vie, mais la Turquie ne veut pas l'exécuter", estime M.Birand.

"La Turquie, en tant qu'État de droit signataire des conventions européennes, devra respecter la décision des juges européens", rappelle un éditorialiste de Milliyet (libéral).

C'est donc "une bonne chose que le procès dure deux ans" et que "l'exécution d'Ocalan demeure gelée dans ce laps de temps", estime-t-il. Car "il faut encore du temps pour que la peine capitale soit abolie, et pour que les droits culturels (pour les Kurdes) soient garantis".

Dans le même temps, le parlement turc a décidé mardi de reconduire l'état d'urgence en vigueur dans 4 provinces de l'est et du sud-est à majorité kurde, dont la levée est l'une des mesures réclamées par l'Union européenne pour une adhésion à terme de la Turquie.

Les provinces concernées sont Tunceli (est), Diyarbakir (sud-est), Hakkari (extrême sud-est) et Sirnak (sud-est), théâtre pendant 15 ans de la rébellion du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). La mesure s'applique pour quatre mois à partir du 30 novembre.

La levée de l'état d'urgence fait partie des mesures politiques réclamées à "moyen terme" à la Turquie par le "partenariat d'adhésion" mis au point par la Commission européenne.

Les 4 provinces sont placées depuis 1987 sous la responsabilité du bureau du gouverneur de l'état d'urgence à Diyarbakir, chef-lieu du sud-est anatolien, chargé de coordonner la lutte contre le PKK.

Ce dernier a mis fin officiellement en septembre 1999 à sa rébellion armée pour obtenir la création d'un État kurde indépendant dans le sud-est, à la demande d'Ocalan.

Mais l'armée turque s'est dit déterminée à pourchasser jusqu'au bout les rebelles à moins qu'ils ne se rendent.

 

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