Perspectives de coopération militaire entre l'Arménie et les États-Unis Recevant la semaine dernière un haut responsable du Pentagone, le général Richard Myers, en visite à Erévan dans le cadre d'une tournée qui devait le conduire aussi à Bakou, le président arménien Robert Kotcharian devait déclarer que l'Arménie est prête à développer ses relations avec les États-Unis dans le domaine militaire. Le général Myers, qui a également rencontré le ministre arménien de la défense Serge Sarksian, a souligné de son côté l'importance de la participation arménienne dans le cadre du programme de partenariat pour la paix de l'OTAN, l'un des sujets évoqués lors des entretiens, en même temps que les questions de paix et de stabilité régionales, l'éventualité de la création, avec l'aide des Américains, d'un bataillon arménien pour des opérations de maintien de la paix et le processus de règlement du conflit du Haut Karabagh. A cette occasion, le ministre arménien de la défense a pu également donner le point de vue de Erévan sur les transferts d'armements de la base militaire russe d'Akhalkalak, en Géorgie, vers l'Arménie, transferts contre lesquels l'Azerbaïdjan a d'ailleurs vivement protesté, en les accusant de bouleverser l'équilibre des forces déjà favorables à l'Arménie dans la région. Le ministre arménien a indiqué que ce transfert d'armements s'inscrivait dans le cadre et les quotas définis par le traité CFE sur la réduction des armements conventionnels. Ces discussions interviennent sur fond de campagne de Bakou concernant la livraison présumée d'armes russes au Haut Karabagh. Par ailleurs, l'Azerbaïdjan affirme que les autorités de Stépanakert entendent équiper avec ces armes des camps d'entraînement du PKK sur leur territoire où elles voudraient aussi installer des centaines de familles kurdes de différents pays, principalement à Latchine et dans les "territoires azéris occupés", afin de maintenir une pression militaire sur l' Azerbaïdjan et la Turquie, informations démenties par les autorités du Karabagh.
Les chefs de la diplomatie des républiques "séparatistes" de la CEI se réunissent en Moldavie Séparatistes de l'ex-URSS, unissez-vous... Tel n'était assurément pas le mot d'ordre de la rencontre qui s'est déroulée lundi dans la république russophone de Transnistrie, qui a fait sécession de fait de la Moldavie il y a bientôt dix ans, mais c'est en tout cas ainsi que ne manqueront pas de la présenter les autorités des pays concernés. La Moldavie a en effet accueilli cette semaine les ministres des affaires étrangères du Haut Karabagh, Naïra Melkoumian, mais aussi d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, deux régions séparatistes de Géorgie, l'objectif de cette rencontre étant de déterminer, au-delà des différences entre les différents conflits, les moyens de les régler. Gelés par des cessez-le-feu, aucun de ces conflits n'a en effet obtenu à ce jour un règlement politique, et les territoires en conflit n'ont d'ailleurs pas non plus obtenu de reconnaissance internationale. Au même moment, le patriarche de Moscou Alexis II réunissait au monastère Danilovski de Moscou le chef de l'église arménienne, le catholicos Karékine II et le chef spirituel des musulmans d'Azerbaïdjan et du Caucase, Cheikh Ali Pacha-Zade, dans le but de réconcilier les deux nations. Par ailleurs, le ministre de la sécurité nationale d'Azerbaïdjan, Namik Abbassov, a indiqué lors d'une rencontre vendredi dernier avec le directeur du bureau de l'OSCE à Bakou que les dommages matériels causés à son pays par le conflit du Haut Karabagh s'élèveraient à 22 milliards de dollars, sans compter les pertes en vies humaines, que Bakou estime à 18 000 morts, le million de réfugiés réduits à l'état de sans abris vivant dans des campements précaires, et les 5000 disparus, dont 783 seraient toujours détenus en captivité chez les Arméniens.
Mesures de sûreté accrues sur la centrale nucléaire de Medzamor Le premier ministre arménien Andranik Markarian a visité la semaine dernière la centrale nucléaire arménienne de Medzamor, où il a inspecté l'état des travaux de maintenance en cours. Des travaux de routine, puisque la centrale nucléaire suspend ainsi ses opérations deux à trois mois chaque année pour permettre d'en contrôler notamment la sûreté. A cet égard pourtant, les travaux menés cette année sont d'une nature particulière, puisqu'ils devraient s'accompagner de la mise en place de nouveaux systèmes de sécurité, dont le chef du gouvernement arménien a annoncé, au terme de sa visite, qu'ils rendront la centrale nucléaire plus fiable encore. Ces travaux interviennent alors que les autorités arméniennes et la Russie, qui a financé pour une grande part la remise en marche de la centrale arménienne, affirment que la longévité peut en être garantie bien au-delà du délai fixé par l'Union européenne, qui estime que Medzamor doit cesser de fonctionner à l'horizon 2004. Après des discussions récentes avec la commission européenne, le gouvernement arménien a décidé de prolonger la durée de vie de la centrale nucléaire au moins jusqu'en 2008.
PARIS Un récital bienvenu Rouben Elbakian accompagné au piano par Grigori Abrahamian a fait retentir sa voix de ténor dans les salons Boffrand au palais du Luxembourg, le 15 novembre 2000, soit juste une semaine après l'adoption par le Sénat d'une proposition de loi reconnaissant le génocide subi par les Arméniens. L'artiste a interprété plusieurs airs dont "Vittoria" de Carissimi, particulièrement de circonstance. Si cette soirée artistique prévue de longue date et prise en charge à la fois par la présidence de la haute Assemblée et par celle de son groupe d'amitié France-Arménie a eu tant de succès, c'est à n'en point douter grâce au talent incontestable de l'artiste. Cependant, il n'est pas interdit de penser qu'un certain nombre de personnes invitées auraient décliné l'invitation si le Sénat n'avait pas voté positivement dans la nuit du 7 au 8 novembre dernier la proposition de loi ou repoussé une nouvelle fois la discussion de ce texte. Heureux de la sage décision des sénateurs, notre très talentueux chanteur a eu droit à un accueil particulièrement chaleureux durant toute sa prestation de la part des spectateurs, parmi lesquels de nombreuses personnalités, dont la sénatrice Hélène Luc, le Docteur Yves Ternon, spécialiste du génocide arménien, l'épouse de l'ambassadeur arménien, qui n'avait pu lui-même se déplacer. Une fois terminée la partie musicale de la soirée, le public était invité à prendre part à un somptueux buffet. J.M. Yérémian
|
|