Le Parlement italien à son tour reconnaît

le génocide arménien et invite la Turquie à en faire de même

Le Parlement italien a lui aussi approuvé vendredi, à une large majorité, un texte de loi par lequel il reconnaît le génocide des Arméniens en 1915 et invite le gouvernement turc à faire de même. Le texte, qui reprend la formulation d'un amendement voté deux jours plus tôt par le Parlement européen, "invite le gouvernement de Turquie et la grande Assemblée de Turquie à accroître leur soutien à la minorité arménienne - qui représente une part importante de la société turque - particulièrement par la voie de la reconnaissance publique du génocide qu'a subi la minorité arménienne avant l'établissement d'un État moderne en Turquie". Prenant exemple là encore sur le Parlement européen, le Parlement italien invite aussi le gouvernement turc à "engager un dialogue avec l'Arménie, en vue tout particulièrement de rétablir les relations diplomatiques et des relations commerciales normales entre les deux parties et de lever le blocus actuellement en vigueur".

C'est à l'initiative du parlementaire italien Giancarlo Pagliarini que le texte a été soumis au débat dans le Parlement italien, avec l'appui de différents groupes politiques, comme Forza Italia, l'Alliance nationale, la Ligue du Nord, les démocrates chrétiens et les socialistes. Le débat de 55 minutes s'est conclu par un vote qui traduit le large soutien des parlementaires de différents horizons politiques à cette initiative qui avait été soutenue avec le plus de force par le Parti communiste, qui trouvera d'ailleurs la version définitive du texte trop timide.

Ce vote, qui intervient quelques jours après une déclaration remarquée du pape Jean Paul II concernant le génocide arménien, sera bien sûr accueilli par de vives critiques en Turquie, où le ministère des affaires étrangères a, dans un communiqué rendu public samedi, exprimé l'espoir que le gouvernement italien se désolidarisera du texte voté par le Parlement italien. Le communiqué rappelle qu'il n'appartient ni au Parlement italien, ni au Parlement européen ni à aucun corps législatif d'aucun pays de statuer sur les faits de l'histoire, non sans réaffirmer qu'un tel génocide n'avait jamais eu lieu. Le ministère turc met aussi en garde contre une nouvelle dégradation des relations entre la Turquie et l'Italie comme cela s'était produit lors de l'affaire Ocalan, fin 1998 début 1999. "L'hostilité à la Turquie est devenue obsessionnelle chez certains députés italiens" a commenté le ministère turc dans une référence à cette affaire qui avait envenimé les relations entre Rome et Ankara jusqu'à ce que l'Italie décide de renvoyer le leader kurde. Ce dernier devait être jugé mardi par la Cour européenne lors d'une audience consacrée à Abdullah Ocalan, actuellement détenu dans l'île prison d'Imrali dans la mer Égée. Le leader kurde a été condamné à la peine capitale fin juin 1999 pour trahison et séparatisme mais les autorités turques ont accepté de surseoir à son exécution en attendant la décision des juges des droits de l'homme.

Par ailleurs, on apprend de source assyro-chaldéenne, que le prêtre Youssouf de l'église orthodoxe syriaque de Dyarbakir, était toujours emprisonné dans l'attente d'un procès pour trahison qui devrait se dérouler devant une cour militaire le 21 décembre prochain. Le prêtre syriaque avait eu le courage d'affirmer, dans un entretien accordé au journal Hurriyet début octobre, en pleine tempête déclenchée par un projet de vote au Congrès américain sur le génocide arménien, qu'il y avait bien eu génocide en 1915 contre les Arméniens mais aussi contre les Assyro-chaldéens. Le prêtre Youssouf avait fait ensuite l'objet d'une vaste campagne le présentant comme un "traître". Certaines sources avaient indiqué qu'il avait été relâché après s'être rétracté et avoir fait porter le poids de ce génocide sur les seuls Kurdes.

 

 

LE CHANTEUR AHMET KAYA EST MORT À PARIS

Le célèbre chanteur kurde Ahmet Kaya est décédé le jeudi 16 novembre à 7h30 à son domicile parisien à la suite d'une crise cardiaque à l'âge de 43 ans.

Né le 28 octobre 1957 à Malatya dans une famille kurde, Ahmet Kaya s'était dès son jeune âge, engagé dans le combat politique en faveur du socialisme et des droits du peuple kurde. Il était devenu au fil des ans le musicien le plus connu de la protest song et de la "musique authentique". Adulé par des millions de Kurdes et de Turcs qui se reconnaissaient dans ses chansons engagées s'adressant autant à leur coeur qu'à leur intelligence, il avait été élu meilleur musicien de l'année 1998. Lors de la remise du Prix, en février 1999, devant les caméras de télévision il avait rappelé qu'il était kurde et qu'il comptait faire aussi une chanson et un clip en kurde. Cette déclaration d'intention lui a valu un quasi-lynchage en direct, une garde-à-vue et des poursuites judiciaires.

Persécuté, objet d'une série de procès pour délit d'opinion devant les cours de Sûreté de l'État turque, passible de plusieurs années de prison, Ahmet Kaya a dû, en juin 1999, s'exiler en France. Le 10 mars 2000 l'un de ses procès aboutit à 3 ans et neuf mois de prison, pour "propagande séparatiste" en raison d'un concert donné en 1993 à Berlin.

Combattant résolu de la liberté, épris de justice, Ahmet Kaya a voulu jusqu'au bout, malgré le terrible mal du pays, défendre, sans concession, ses idéaux au prix d'énormes sacrifices personnels et familiaux. Sa mort constitue une perte immense pour les peuples kurde et turc et pour le monde de la musique. Sa voix, puissante, va manquer aux millions de Kurdes et de Turcs broyés et marginalisés par le régime turc.

 

 

Nouvelles adhésions à l'OMC

Le Sultanat d'Oman est devenu le 139e membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à l'issue du délai prévu d'un mois après la ratification de son adhésion.

Le 10 octobre, le Conseil général (exécutif) de l'OMC avait donné son accord à l'entrée du Sultanat. L'adhésion est intervenue automatiquement à la fin de la semaine dernière. La candidature d'Oman avait été déposée en avril 1996.

Le prochain État à entrer dans l'organisation commerciale sera la Croatie le 30 novembre. La Lituanie qui a achevé ses négociations sur son adhésion doit encore recevoir l'approbation de l'exécutif de l'organisation en décembre.

28 autres pays négocient pour entrer à l'OMC: l'Algérie, Andorre, l'Arménie l'Azerbaïdjan, le Belarus, le Bhoutan, la Bosnie, le Cambodge, le Cap Vert, la Chine, la Macédoine, le Kazakhstan, le Laos, le Liban, la Moldavie, le Népal, la Fédération de Russie, Samoa, l'Arabie Saoudite, les Seychelles, le Soudan, Taïwan, Tonga, l'Ouzbékistan, l'Ukraine, le Vanuatu, le Vietnam et le Yemen.

 

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