Le président arménien rencontre son homologue azéri en marge du sommet de la CEI à Minsk Minsk accueillait vendredi dernier onze dirigeants de la CEI réunis en un sommet qui devait se pencher plus particulièrement sur l'approfondissement de la coopération entre les pays membres de la Communauté dans la lutte contre le terrorisme. Le président arménien Robert Kotcharian, qui se trouvait la veille au Turkménistan où son avion avait d'ailleurs fait l'objet d'une alerte à la bombe au moment d'atterrir à Achkhabad, a rencontré son homologue azerbaïdjanais Haïdar Aliev en marge du sommet, afin d'explorer les perspectives d'un accord de paix mutuellement acceptable dans le conflit du Karabagh, comme l'a affirmé le président Aliev devant les journalistes à l'issue de la rencontre. De son côté, le président Kotcharian a indiqué que cette rencontre s'était conclue par l'engagement des deux chefs d'États à avoir des contacts plus réguliers. M.Kotcharian a également mis en avant la pression de l'agenda politique à Erévan comme à Bakou, en rappelant que les échéances électorales communes aux deux chefs d'État les invitaient à redynamiser le processus de négociations avant les élections présidentielles de 2003, au risque sinon de laisser le dossier entre les mains de certaines forces désireuses de relancer le conflit. Le président Aliev aurait par ailleurs rencontré son homologue russe Vladimir Poutine dans la capitale biélorusse, l'entretien portant essentiellement sur les modalités de la visite du président russe prévue à Bakou du 9 au 11 janvier 2001.
Une nouvelle crise éclate dans le Parlement de Stépanakert Une nouvelle crise secoue le Parlement du Haut Karabagh, où le principal parti d'opposition, le groupe dachnak, a claqué la porte de la séance vendredi en signe de protestation contre l'adoption d'amendements législatifs visant à étendre les pouvoirs du président Arkady Ghoukassian. Le groupe dachnak, qui dispose de 9 sièges sur les 33 que compte le Parlement de Stépanakert, a justifié ce geste par le fait que l'Union démocratique d'Artsakh (AJM), première formation du Parlement alliée au président Ghoukassian, n'aurait pas respecté ses engagements concernant son soutien à un texte censé accroître au contraire le rôle du Parlement dans la vie politique du Haut Karabagh. Le président du Parlement Oleg Yessayan, qui ne peut guère être suspecté de sympathie à l'égard du groupe dachnak, s'est montré lui-même "surpris" par l'attitude du parti de M.Ghoukassian. Pourtant, l'AJM et le groupe Dachnak sont tombés d'accord le même jour pour mettre sur pied une commission ad hoc chargée de trouver un compromis pour sortir de la crise. Mais cette nouvelle confrontation risque toutefois d'exacerber les tensions, vives sur la scène politique du Karabagh depuis l'élection controversée en juin de Oleg Yessayan à la présidence du Parlement. Le groupe dachnak avait alors boycotté la première session du Parlement en signe de protestation contre l'élection de M.Yessayan, dont il contestait la légitimité.
Cinéma-Institut L'assiette ébréchée et l'épée d'Henri Verneuil PARIS. - Henri Verneuil a reçu son épée d'académicien au pommeau d'ébène et or, avec une goutte de sang, au cours d'une soirée, la semaine dernière, au Polo, "un dîner aux chandelles sublime, avec le haut du pavé et des altesses", organisé par Mme Jérôme de Witt. En remerciant ses hôtes, le cinéaste s'est souvenu de l'"assiette ébréchée" du petit réfugié arménien "et des deux cuillères de riz à l'eau qu'il fallait se donner un mal de chien pour décoller du fond de la marmite en fonte. Ce soir, leur a-t-il dit, votre vaisselle vient de Limoges, notre canard est parfaitement laqué. Qu'il est long le chemin parcouru entre les deux Quais." Et le réalisateur a exprimé sa "gratitude envers cette épée qui a nourri beaucoup de générations de cinéastes car, quand on n'a plus d'idées, a-t-il dit, on retourne Les Trois Mous-quetaires". Henri Verneuil a invité pour son installation à l'Académie des Beaux Arts mercredi les deux vieilles dames qui, depuis des années, brodent les costumes des Académiciens et n'avaient jamais eu l'occasion de venir sous la Coupole. Il aura aussi ses quatre enfants à ses côtés, dont sa fille aînée, vétérinaire à la Guadeloupe, et son fils aîné vivant aux États-Unis.
Livres reçus L'ARMÉNIE AU MOYEN AGE - Éditions ZODIAQUE Par le Dr. Jean-Michel THIERRY, chargé de conférences à l'École des Hautes Études de Paris. 13ème volume de la collection "les formes de la nuit" Jean-Michel Thierry nous introduit par un remarquable ouvrage dans le monde de l'art arménien du Moyen Age, du moins pour ce qu'il en reste, vu son état d'abandon actuel dans certaines régions de la Turquie. Il s'attache principalement à l'architecture et à l'art statuaire, dans une étude qui nous mène depuis l'entrée de l'Arménie dans le christianisme, au tout début du IVe siècle, jusqu'à la fin du XVème siècle qui fut l'époque des premières grandes invasions asiatiques. Sur le plan technique cet ouvrage se divise en deux parties. La première est subdivisée en trois chapitres: Les mouvements qui se situent à partir du septième siècle avec l'Age d'Or. Suivi des périodes qui s'étalent entre le IXè et le XIè siècles y compris, celle dite de la première renaissance. Puis vient enfin la Seconde Renaissance qui débutera au XIIIème siècle pour s'achever au XIVè siècle et qui représente la conclusion historique de ce livre. Sont également présentes les enluminures, les sculptures et bas reliefs dont les croix dites "Khatchkars" et que l'on trouve un peu partout en Arménie. La seconde partie est plus technique et comporte des études sur les différents centres géographiques de la Diaspora, à l'intérieur de l'empire Turc. Les illustrations, qui accompagnent les nombreux plans et dessins, sont composées de 146 photographies hors texte en couleur et pleine page; elles représentent pour l'auteur et son épouse Nicole plus de quarante années de recherches. Ce qui est considérable et donne toute sa valeur aux textes. Certains monuments représentés par les illustrations trouvent une importance particulière pour l'histoire arménienne, puisque laissés pratiquement complètement à l'abandon par les autorités turques, comme le démontrent les photographies, ils sont aujourd'hui à l'état de ruines. Mais pour ces fils de juifs et de chrétiens que sont les musulmans de Turquie, souvent convertis par la force et qui ont oublié leurs origine, c'est inconsciemment leur propre passé que leurs gouvernements consécutifs ont laissé s'effacer ainsi. Mais pour tous ceux qui ont gardé une sensibilité qui les lie à leurs ancêtres, la vue de ces photographies leur apporte un souffle de l'esprit aux senteurs antiques. Ces chapelles sur lesquelles pousse l'herbe des champs, témoignent encore de l'Esprit Saint qui les vit naître en un élan vers Dieu. Ici la matière devient le support du spirituel et atteste du sacrifice suprême de ceux qui ont cru. La pierre spirituelle laisse la place à la pierre minérale, pour que se perpétue la nature. Mais sur elle et en elle résonnent les chants des martyrs, tandis que dans les blessures de leurs rides s'inscrivent les hurlements de terreur de leurs souffrances, qu'accompagnent les symboles de leurs espoirs. Cathédrales englouties par le temps, squelettes de pierre, aux lambeaux peints, structures des mouvements de création, matérialisation de l'inspiration divine, c'est depuis ces minéraux de sacrifices, que l'homme s'éleva et communiqua avec le Maître de toutes choses. Le Tout Puissant, le seul vrai Créateur, celui dont on ne prononce pas le nom et qui impose sa règle à la Terre comme aux Cieux dans le profond mystère des destinées. Mais les hommes d'ici comme d'ailleurs, furent atteints d'une maladie nommée Intégrisme. Ce qu'ils acceptent de leurs voisins, que chacun au regard de l'autre ait un visage différent, tout en étant le même, ils le refusent formellement pour leur Dieu et massacrent sauvagement tous ceux qui ont une autre vision de Lui, que la leur. Prétention suprême, orgueil inconsidéré, ils décident soudain que celui qui a tout créé, ne peut faire le ménage chez lui sans leur aide et tuent les créatures que ce Dieu unique a faites. Alors le résultat de toutes ces choses est là, épars, délaissé, mort, à l'abandon. Cimetière de l'esprit des premiers temps, porteur des germes d'un futur. Carcasses de la chrétienté, témoignages du passé d'un peuple qui servit de bouclier aux autres, mais aussi dont le rôle fut d'être le ferment spirituel et social de l'Occident. L'ARMÉNIE AU MOYEN AGE Éditions ZODIAQUE, par le Dr. Jean-Michel THIERRY, chargé de conférences à l'École des Hautes Études de Paris. 13ème volume de la collection "les formes de la nuit". 350 pages, relié toile au format 230 X 300mm. Titré au fer, jaquette sous film couleur, 146 illustrations hors texte pleine page, plus plans et dessins en noir et blanc. Prix 390F., soit 59,46 Euros.
D'ANTIOCHE AU HATAY L'histoire oubliée du Sandjak d'Alexandrette - Nationalisme turc contre nationalisme arabe. La France arbitre? Par Michel GILQUIN, Éditions L'HARMATTAN, Comprendre le Moyen Orient Un livre très courageux et d'un grand intérêt, mais pour lequel il faut parfois savoir lire entre les lignes. Michel GILQUIN nous conduit dans les méandres des vaines promesses des Alliés de 1918, et les différentes tractations et marchandages qui eurent lieu durant la période de la guerre de 1914 jusqu'aux environs de 1922. Et même bien au-delà puisque la préparation de la deuxième guerre mondiale intervient par l'abandon progressif des minorités que la France, à sa demande expresse, s'était chargée de protéger dans toute cette zone qu'il fut convenu d'appeler le Proche Orient. Si cette étude touche les problèmes grec et arménien, dus aux différents engagements mensongers et aux traités non tenus (Traité de Sèvres) vaines promesses de Constantinople à la Grèce, alors que la France, elle, récupérait l'Alsace Lorraine, les engagements vis-à-vis des Israéliens, etc. De mon coté je citerai en provenance d'une autre source, les propos du plus éminent homme d'État Français de l'époque Paul DOUMER, dans son allocution prononcée en 1916 en tant que sénateur, ancien président de la Chambre des députés et dont il se disait le porte parole. Extraits de l'ALLOCUTION DE M.PAUL DOUMER "Nous avons eu, nous aurons à la fin de cette grande guerre à nous occuper, des peuples opprimés, de tous les peuples opprimés". Le Taurus, Jérusalem, l'Euphrate, Troie. Lorsque nous aurons à faire la part de l'Arménie, et des autres pays courbés comme elle sous le joug, nous ne compterons pas seulement ce qui restera de vivants, nous compterons aussi les morts, nous compterons toutes les victimes que ces races ont fournies; nous compterons les trois ou quatre cent mille de vos compatriotes, qui il y a quelques vingt ans, étaient massacrés par cette cruelle race ottomane qui cette fois, doit repasser définitivement en Asie et tourner la dernière page de son histoire européenne. Puis viennent des compliments, beaucoup de compliments et des assurances, beaucoup d'assurances, mêlant même les "amis de Russie et d'Angleterre" vis-à-vis des Arméniens. Pour conclure M.PAUL DOUMER sénateur, ancien président de la Chambre des députés, interpella ses auditeurs en ces termes: "Rappelons-nous que tous les morts qui concourent au triomphe de notre cause doivent être honorés aussi bien ceux qui là-bas, sont tombés victimes sans gloire que ceux qui, sur nos champs de bataille, meurent dans la fierté et dans la joie de servir leur patrie et l'humanité entière. C'est à ces vaillants soldats et c'est à ces grands poètes comme Tchobanian, que nous donnerons raison demain par le triomphe définitif de la cause humaine". Mais revenons à l'ouvrage publié par l'Harmattan dont cette très intéressante étude nous rappelle aussi les sources des conflits balkaniques et les éclaire d'une source qui n'a rien de nouveau, mais qu'il est souvent bon de rappeler. Il y est dit explicitement, (mais pas toujours, et pas pour toutes, de plus avec les excuses diplomatiques habituelles), que les Alliés abandonnèrent certaines paroles données formellement à leurs alliés des pays balkaniques. Pour les uns ce fut en échange de l'abandon par la Turquie de puits de pétrole en faveur de la Syrie, alors sous le protectorat de Paris. Pour les uns et les autres en général la conclusion de traités commerciaux, ou la garantie de la neutralité turque en 1940. Pour les Arméniens, pour les Grecs, pour les Juifs et les Arabes ce fut une duperie des plus complètes. Mais pour comprendre cette Asie Mineure, il faut en déchiffrer le langage. Celui d'une civilisation qui s'est voulue rattachée aux valeurs judéo-chrétiennes lesquelles vont fleurir en Occident. Civilisations qui sous le joug musulman devront survivre cachées. Dans un contexte où il faut ruser avec les lois, être persécuté, mais à la fois flatter. Tout comme le paysan caresse la vache qui lui donne du lait et qu'il va ensuite conduire à l'abattoir lorsqu'elle sera sèche. Un livre absolument indispensable pour les Arméniens, comme pour tous ceux qui veulent comprendre les problèmes actuels des Balkans et du Proche Orient. Sous le couvert de protection des minorités, c'est le plus souvent l'introduction des façades de l'esprit de la Révolution de 1789, mais entièrement vidé de ses réalités et qui sert à ouvrir les portes d'un impérialisme révolutionnaire dont les buts sont plus financiers, porteurs d'orgueil et de gloriole pour des administrateurs ignares. Peu leur importe le prix de leurs fourberies, il sera payé par les massacres de grecs et d'arméniens. De plus, pour cet ouvrage nous le trouvons d'une lecture passionnante facile et édifiante sur ce que valent les promesses des politiques au nom des États. D'ANTIOCHE AU HATAY. L'histoire oubliée du Sandjak d'Alexandrette, nationalisme turc contre nationalisme arabe. La France arbitre? par Michel GILQUIN, Éditions L'HARMATTAN, Comprendre le Moyen Orient. 226 pages, broché, au format 215 X 135 - prix: 80F. Christian Germak
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