L'ARMENIE OFFRE A LA FRANCE ET A L'INSTITUT UN GRAND CONTEUR ARMENIEN : HENRI VERNEUIL Le cinéma de Papa ! Le cinéma a toujours eu l'âge de celui qui en parle. Et c'est bien volontiers que je me soumets à votre aimable évaluation arithmétique dans la présente situation. Je peux même vous aider: j'ai signé mon premier long métrage au cinéma le: 20 novembre 1950. Nous sommes le 6 décembre de l'an 2000, depuis 16 jours donc cela fait 50 ans que j'exerce à temps plein ma profession de cinéaste. Je m'empresse d'ajouter que la longévité dans ce cas ne prouve rien d'autre que: 1) Je ne suis pas mort jeune 2) J'ai réalisé 36 films 3) Ça s'est plutôt bien passé. Merci ! Tout au long de ce demi-siècle, je n'ai jamais oublié ce que Raymond Queneau disait du cinéma. Je le cite: "En dehors des milieux intellectuels, le cinéma est né dans les kermesses, a vécu dans les faubourgs et s'est épanoui sans l'aide des gens cultivés". Mac Senett, Griffith, Chaplin, Méliès ne travaillaient pas pour les filmologues mais pour le public. Et l'une des toutes premières images du cinématographe, filmée par son inventeur, ne fut pas l'entrée d'Albert Einstein à l'école Polytechnique de Zürich, mais l'image d'un train, locomotive en tête, qui entre en gare de La Ciotat dans un tourbillonnement de vapeur. Tout au long de ces cinquante ans j'ai assisté aussi à la naissance d'un cinéma qui sacrifie souvent son instinct, son lyrisme et ses jaillissements à quelques satisfactions narcissiques et cérébrales. Applaudis, encouragés par quelques fantoches de l'art, je les ai vus lentement rongés par cette bactérie qu'est l'intellectualisme systématique. En l'absence de talent on se croyait obligé d'être intelligent. La complexité et l'obscurité du style passaient pour de la profondeur, quelques mots savants jetés pêle-mêle tenaient lieu d'érudition, et la faiblesse d'un récit aux contours flous vous laissait devant un vide que chacun comblait à sa façon jusqu'au néant illimité. Je n'ai jamais lu ni entendu dire que Amadeus Wolfgang Mozart fût un compositeur intelligent. Jamais son cerveau ne fut à l'ordre du jour ! On se contenta de son génie ! Tous les grands créateurs l'ont dit: l'intelligence en art ne crée pas. Elle se traîne de raisonnements en analyses, de jugements en destructions, elle table ronde, elle colloque, elle séminarise mais elle n'avance pas, elle reste monotone et pédante parce qu'il lui manque le souffle de vie, ce jaillissement de l'inconscient qui va devenir beauté. On réfléchira... après! Il y a plus de cinquante ans déjà, le cinéaste René Clair nous mettait en garde contre cette maladie du siècle: "L'ennui a de nos jours ses lettres de noblesse: il fait sérieux, distingué, intellectuel, et aux yeux de certains un spectacle ne peut être tout à fait délectable s'il n'est plus ou moins assaisonné d'un zeste d'ennui". Le consensus du bâillement! On s'est ennuyé ferme, mais solidaire d'un petit groupe d'initiés de l'art savant on ronronne son enthousiasme avec des mots qui craquent dans la bouche comme des bonbons fourrés à la praline. Depuis cinquante ans nous sommes très nombreux avec cette certitude que le cinéma sera populaire ou ne sera pas. L'art cinématographique ne peut attendre que la communication s'établisse un jour entre l'oeuvre et le public. La communication immédiate est la première condition de son existence-même. La postérité cinéphilique se limite à un tout petit cercle de sympathiques phraséologues qui en perdent leurs râteliers en expliquant aux metteurs en scène ce qu'ils avaient voulu dire il y a 30 ans. André Malraux fut peut-être l'intellectuel qui a le mieux compris le cinéma en le définissant par deux mots antinomiques: "Le cinéma est un art et une industrie". Tout est dit ! Et puis aussi courtement il définit nos échecs hors de la francophonie: "Que l'art et la littérature prennent enfin cette dimension du monde de masse qui est le nôtre" ! Prendre la dimension de ce monde n'impose aucune compromission, et n'empêche aucune noblesse d'ambition. Prendre cette dimension c'est écrire ou jouer à l'intention de 6 milliards de lecteurs et de spectateurs. L'Amérique a pris cette dimension. Elle travaille sur mesure. Avec un entêtement agricole nous produisons des chefs-d'oeuvre pour une minorité, celle du quartier réservé pour les plaisirs d'une soi-disant élite. Les gardiens du temple du "cinématographiquement correct" semblent moins virulents depuis la faillite de leurs espérances et la banqueroute de leurs subventions d'État par maffias relationnelles. Une formidable cuvée de metteurs en scène semble revenir à un cinéma populaire débarrassé de son étymologie péjorative. "Populaire" mais délivré de sa "Populace cannibale" et enfin, "l'Irrévérence retrouvée"...quand le cinéma devient dormitif. L'irrévérence retrouvée quand sur nos petits écrans les tricoteurs et tricoteuses du 7ème Art croisent leurs aiguilles (un film à l'endroit, un film à l'envers) nous recommandant avec des gloussements de sous-préfète en extase, ce que nous devons aller voir sur nos grands écrans. C'est le choix du public au suffrage universel qui a fait le triomphe: des "Enfants du Paradis" au "Titanic". Quai des Brumes La Grande Illusion La Chevauchée Fantastique Les Temps Modernes Hôtel du Nord Casablanca Le Parrain Rosemary's Baby Tess Le Guépard César et Rosalie Les choses de la Vie C'est ça notre cinoche du samedi soir! Sublime Garbo dans La Reine Christine et John Wayne dans L'Homme Tranquille Inoubliable de Funès dans La Grande Vadrouille et Rabi Jacob de Gérard Oury. Et Citizen Kane d'Orson Welles Et Les Raisins de la Colère de Ford La 317ème Section et Le Crabe Tambour de Schöndörffer Le 3ème Homme Laurence d'Arabie Docteur Jivago L'Inconnu du Nord-Express La Strada de Fellini Le Goût des Autres La vie est belle Il était une fois dans l'ouest de Sergio Leone, mon ami Leone qui nous quittait au lendemain du sublime Il était une fois en Amérique J'allais oublier Autant en emporte le vent Et monsieur Besson avec Le Grand Bleu Léon Jeanne d'Arc et cent chefs-d'oeuvre encore qui chaque fois furent pour le spectateur un arrachement à son quotidien. Aujourd'hui le cinéma de papa en collections complètes dans ses coffrets, regravé avec les techniques les plus récentes: DVD, numériques, orne les étagères de fiston, tandis que du haut de leurs cassettes : John Wayne et Rio Bravo, Jean Gabin et Le Jour se lève, Delon et Belmondo narguent avec impertinence les périodes
de vaches maigres d'une programmation pour assurer allègrement l'alternance! Puis la nourriture de l'esprit terminé, vinrent les festivités
autour d'un buffet libanais et là tout le monde se dérida et était vêtu
du même habit, celui de l'art du goût. (Suite et fin) Le président Kotcharian veut encourager la libre entreprise Le président arménien Robert Kotcharian a reçu quelque 70 hommes d'affaires et chefs d'entreprises arméniens le 27 décembre dernier dans les salons du siège du gouvernement arménien à Erévan, une rencontre dont il a tenu à préciser qu'elle devait se répéter à l'avenir plus régulièrement. Le président Kotcharian a expliqué que cette rencontre avait pour objet de permettre aux principaux acteurs économiques arméniens de dire ce qu'ils pensaient de la politique économique du gouvernement, lui-même ayant souligné par son service de presse qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour rendre le programme économique national plus clair aux yeux des hommes d'affaires arméniens. M.Kotcharian n'a bien sûr pas manqué de dresser un état des lieux de l'économie arménienne, un bilan de l'année écoulée qui s'accompagnait des perspectives pour l'année prochaine. Des perspectives qui se voulaient optimistes. Il s'est ainsi félicité de la croissance économique estimée à 5% au cours des onze derniers mois, un taux qui aurait pu être meilleur, a-t-il rappelé, si la sécheresse exceptionnelle de cet été n'avait frappé l'agriculture nationale. M.Kotcharian a également mis en avant les progrès réalisés dans la reconstruction de la zone sinistrée par le séisme de décembre 1988, où le volume des constructions devrait doubler l'an prochain. Dans le secteur industriel, la croissance est estimée à 7% et le volume des exportations a augmenté de 123 %, une hausse qu'il attribue à l'évolution observée dans les exportations qui portent aujourd'hui davantage sur des produits finis. Selon les estimations les plus modestes, quelque 12 000 emplois auraient été créés cette année en Arménie, a poursuivi M.Kotcharian, une tendance qui devrait se renforcer l'an prochain, à la faveur des activités économiques générées par la célébration du jubilé du 1700e anniversaire de la conversion de l'Arménie au christianisme. Le président Kotcharian a mis cette évolution économique sur le compte notamment d'une meilleure collecte des taxes et impôts, qui alimentent désormais le budget de l'État au détriment des droits de douane, qui constituaient trois ans plus tôt 60% des revenus de l'État. Le président arménien a exprimé le souhait que ces tendances positives se confirment l'an prochain, non sans souligner la nécessité de renforcer les cadres législatifs et judiciaires qui permettront aux entreprises de prospérer et qui attireront aussi les investissements. Il a ainsi souligné que toute tentative de faire obstacle aux activités des chefs d'entreprises sera sanctionnée. Le président Kotcharian a quitté les hommes d'affaires arméniens en les appelant à conjuguer leurs efforts et à aider à la reconstruction de la zone sinistrée. Par ailleurs, le ministre arménien des affaires étrangères Vartan Oskanian a annoncé qu'un deuxième forum Arménie-Diaspora devrait se tenir à Erévan en septembre 2001. La première édition de ce forum s'était réunie en septembre 1998 et n'avait pas vraiment donné l'impulsion souhaitée aux relations entre l'Arménie et la diaspora, au-delà des déclarations d'intention. Ce forum se fixera pour objectif de mettre en oeuvre les décisions prises au premier forum.
|
|