Accords secrets et secret défense... Le porte-parole de la présidence arménienne, Vahé Gabriélian, a apporté un démenti après la parution dans le quotidien azerbaïdjanais Azadlik, d'informations reprises par la presse arménienne selon lesquelles un accord secret de paix était en préparation entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Selon le journal de Bakou, les présidents azéri Haïdar Aliev et arménien Robert Kotcharian auraient accepté de conclure un tel accord lors de leur entretien en marge du dernier sommet de la CEI à Minsk. Selon les termes de cet accord présumé, les deux parties s'engagent, après avoir renforcé les mesures de confiance réciproque dans les trois années à venir, à entreprendre des négociations en vue de libérer les territoires occupés et de définir un statut définitif pour le Haut Karabagh. Le journal précise que les termes de cet accord auraient été discutés en fait lors de la dernière tournée des co-présidents du groupe de Minsk de l'OSCE dans la zone du conflit et que certains pays membres de l'Union européenne en seraient déjà informés. Cet accord devrait être d'abord discuté et approuvé par les Parlements de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan avant d'être signé par les présidents des deux pays. Vahé Gabriélian a indiqué que rien de semblable n'avait été dit par les présidents Aliev et Kotcharian lors de leur rencontre à Minsk, en précisant qu'aucun accord ne pouvait être ainsi pris en secret. A Bakou par ailleurs, un général à la retraite de l'armée azerbaïdjanaise, Tacaddin Mehdiyev, a été rappelé à l'ordre par le ministère azéri de la défense qui l'accuse d'avoir divulgué à la presse certaines informations frappées du sceau du secret défense. L'ancien général, qui affirme que son organisation, le Mouvement de résistance nationale, aurait accès à ces prétendus secrets militaires, avait déclaré que les forces azéries étaient potentiellement en mesure de reprendre par les armes les territoires occupés par les Arméniens. Énumérant les forces dont disposeraient selon ses sources les armées arménienne et azérie, le général à la retraite avait indiqué que l'armée azérie gagnerait à être professionnelle et qu'elle était encore très loin d'être performante. Ces déclarations pourraient lui valoir des poursuites judiciaires. Le secrétaire général de l'OTAN doit visiter l'Arménie en janvier 2001 Le ministre des affaires étrangères arménien Vartan Oskanian
a confirmé la venue prochaine en Arménie du secrétaire général de l'OTAN
George Robertson, dont la date est fixée au 15 janvier 2001. Au cours
de sa visite, le chef de l'Alliance atlantique devrait avoir des entretiens
avec les responsables politiques arméniens avec lesquels il évoquera les
perspectives de développement de la coopération entre l'Arménie et l'OTAN
dans le cadre du programme de partenariat pour la paix. Haut Karabagh
- Justice Samuel Babayan innocenté par un personnage clé de son procès Le procès de l'ancien ministre de la défense du Haut Karabagh, accusé d'être le commanditaire de l'attentat qui a failli coûter la vie en mars dernier au président Arkady Ghoukassian, a connu un nouveau rebondissement mardi à Stépanakert, avec la déclaration de son ancien chef de la sécurité, Sassoun Aghadjanian, qui comparaît sur le banc des accusés pour être l'auteur présumé des coups de feu qui avaient grièvement blessé M.Ghoukassian. Revenant sur ses déclarations antérieures, l'ancien chef des gardes du corps du général Babayan a ainsi affirmé qu'il était lui-même le cerveau de cette tentative d'assassinat qu'il aurait organisée sans en avoir même tenu informé Samuel Babayan. M.Aghadjanian a affirmé qu'il avait été contraint par le parquet de Stépanakert d'impliquer le général Babayan dans ce que les autorités du Haut Karabagh voulaient présenter comme une tentative de coup d'État, une version par ailleurs confirmée par la plupart des 14 personnes inculpées dans ce procès. M.Aghadjanian a précisé qu'il avait décidé d'"intimider" le président Ghoukassian après un discours prononcé par celui-ci à la fin 1999 qui lui aurait fortement déplu. L'attaque perpétrée contre M.Ghoukassian ne visait cependant pas à le tuer, a ajouté l'accusé. La limousine transportant M.Ghoukassian et ses deux gardes du corps avait été prise sous un tir nourri d'armes automatiques le 22 mars dernier à Stépanakert et ses occupants grièvement blessés. Tombé en disgrâce à la fin de l'année 1999, le général Babayan, qui faisait figure de héros national au Haut Karabagh, ainsi que des dizaines de ses partisans, avaient été arrêtés à la suite de cet attentat. L'ancien chef des forces armées du Karabagh a toujours nié toute implication dans cet attentat et la dernière déclaration de M.Aghadjanian vient étayer sa ligne de défense. Personnage clé de ce procès puisqu'il est l'un des auteurs des coups de feu contre la voiture du président Ghoukassian, M.Aghadjanian ne s'est joint que depuis peu de temps aux séances du tribunal de Stépanakert. On le disait souffrant de graves problèmes psychiatriques et il aurait d'ailleurs séjourné pour cette raison pendant plusieurs semaines en août dans une clinique de Erévan. Différentes expertises médicales ont depuis conclu qu'il était sain d'esprit. Toutefois, le parquet semble préférer la précédente version des faits présentée par M.Aghadjanian, comme il l'a fait savoir mercredi, en rappelant que M.Aghadjanian avait déposé de bonne foi lors de ses premières déclarations impliquant Samuel Babayan.
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