La France veut régler ses affaires trop courantes...

Faux électeurs de Paris, HLM de Paris, emplois fictifs et enfin, lycées d'Île de France, les affaires se suivent et se ressemblent, qui mettent en cause depuis des mois la presque totalité de la classe politique. Plus que jamais sur la sellette, le RPR, qui est passé jusque là à travers les fourches caudines de la justice, mais dont le grand déballage est d'autant plus attendu qu'il risque de compromettre le président Jacques Chirac, qui en était le patron du temps où il était maire de Paris. Sous la pression insistante des media et de l'opinion, le chef de l'État "s'expliquera" le 14 décembre lors d'un entretien télévisé, sans toutefois parvenir à dissiper les soupçons des Français sur l'intégrité des moeurs politiques de nos responsables.

"Il n'y a en France ni crise politique, ni crise morale..." L'affirmation se voulait lénifiante, mais le président de la République, qui accordait le soir du 14 décembre un entretien télévisé très attendu, n'a pas vraiment réussi à chasser le spectre des affaires, qui hante la classe politique française depuis des mois, ni à dissiper les soupçons pesants concernant les liens qui unissent les partis au monde des affaires. Suspendue au-dessus de la classe politique, dont elle n'épargne aucune ou presque des composantes, l'épée de Damoclès de la justice est susceptible de menacer aussi le locataire de l'Élysée, comme en témoigne l'exercice médiatique auquel il a dû se livrer sous la pression insistante des media et de l'opinion. Trop d'affaires sont venues encombrer les bureaux des magistrats ces derniers temps, s'étalant à la une des journaux en France mais aussi à l'étranger où la question des affaires était devenue un classique des conférences de presse, y compris à Nice où les journalistes n'avaient pas manqué de la poser à Jacques Chirac à l'issue du sommet européen le 10 décembre. Sondage après sondage, l'opinion exprimait sa soif de transparence dans l'exercice de la fonction politique et son manque de confiance dans les acteurs politiques. Le RPR est au coeur de cette tourmente provoquée par le financement occulte des partis politiques : à gauche, le PS, avec le jugement intervenu dans l'affaire Urba ou encore avec l'affaire de la MNEF, qui avait causé en 1999 la démission et la mise en examen du ministre de l'Économie et des Finances Dominique Strauss Kahn mais aussi le PC, dont le secrétaire général Robert Hue vient d'obtenir un non-lieu en octobre, des comptes ont été rendus à la justice. Mais le mouvement gaulliste est jusqu'à présent passé à travers les fourches caudines de la justice, qui enquête pourtant sur une série de dossiers mettant en lumière ses liens présumés avec le monde des affaires et resserre son étau sur le chef de l'État, directement visé dans une série de procédures judiciaires liées au financement du RPR dont il fut le président en même temps qu'il était le maire de Paris. En septembre, la publication dans la presse du contenu d'une cassette vidéo dans laquelle le promoteur Jean-Claude Méry, mort en 1999, affirme avoir collecté des fonds pour le RPR, et dans une moindre mesure pour le PS et le PC, avec le consentement de M.Chirac, voire sous ses ordres, donne une nouvelle dimension à la fraude organisée sur les marchés publics, telle qu'elle a été révélée par l'affaire des HLM de Paris, qui s'est traduite à ce jour par la seule mise en examen de Jean Tibéri. L'actuel maire de Paris est par ailleurs au coeur d'une autre affaire, celle des faux électeurs de Paris, dont les ramifications, découvertes par les gendarmes, remontent à l'époque où M.Chirac était maire de la capitale. L'enquête judiciaire sur l'affaire des emplois fictifs, autrement dit des salaires des permanents du RPR versés par des entreprises et des collectivités, au premier rang desquelles la Ville de Paris, a révélé en avril 1999 l'existence de certains courriers signés par M.Chirac et a valu une mise en examen notamment à l'ancien secrétaire général du RPR Alain Juppé et à un ex-directeur de cabinet de M.Chirac à la mairie de Paris, Michel Roussin. Mais c'est l'incarcération de ce dernier pendant cinq jours, dans le cadre d'une autre affaire, celle des lycées d'Île de France, qui a ravivé, dans l'entourage présidentiel, début décembre, la crainte de voir les juges frapper à la porte de l'Élysée. Selon Louise Yvonne Casetta, ancienne directrice administrative du RPR, Michel Roussin aurait été le grand coordinateur d'un vaste système de financement du RPR, mais aussi du PR et du PS, en vertu d'un accord conclu entre ces trois partis au début des années 90 pour se partager les commissions versées par les entreprises du BTP en échange de contrats sur l'énorme marché des lycées de la région parisienne. Cette entente illicite, qui portait sur 2 % de la somme totale, était connue de M.Chirac, selon Mme Casetta, qui se consacrait en fait à la collecte de fonds auprès de ces entreprises. L'implication du PS dans cette affaire, même si il en tirait de moindre bénéfice, a peut-être convaincu M.Chirac de rompre la loi du silence, pour rappeler que son immunité le plaçait au-dessus des affaires. Mais les affaires se chargent de rappeler que le chef de l'État n'est pas au-dessus des lois...

Le chef de l'État se pose en victime

A mesure que les affaires resserrent l'étau de la justice sur l'Élysée, des voix s'élèvent avec insistance, comme celle du député PS de la Drôme Arnaud Montebourg, pour demander au président de répondre devant la justice du "système" qu'il est suspecté d'avoir mis en place à Paris, voire pour suggérer une procédure d'impeachment à son encontre. C'est le jour où son ancien conseiller, le procureur général de Paris Alexandre Benmakhlouf, démissionnait en réponse aux critiques de partialité dans le traitement des affaires dont il s'estime victime dans les media que le chef de l'État a parlé aux Français, les prenant à témoin de son intégrité plutôt que de se porter lui-même témoin devant la justice. Une éventualité qu'il juge incompatible avec sa fonction présidentielle, même si cette immunité derrière laquelle il se retranche le pose en victime des calomnies et des diffamations d'une presse déchaînée encouragée par une justice spectacle. Le chef de l'État appelle la justice à faire son travail dans la sérénité et dans l'indépendance - même s'il avait renoncé en janvier à une réforme de la magistrature qui allait dans ce sens -, et à juger les coupables, sans amnistie possible.  Puisque sa fonction ne lui permet pas de se défendre devant la justice, M.Chirac demande qu'on le croit sur parole quand il affirme ne rien savoir des "dérives" mentionnées, et encore moins de ce "système" qui aurait régi les liens entre la politique et l'argent.

G.U.

Un journaliste réformiste arrêté en Iran

TÉHÉRAN.- Un des principaux journalistes dissidents iraniens a été emprisonné dimanche, accusé d'insultes au guide suprême de la révolution islamique l'Ayatollah Ali Khamenei, a annoncé un de ses proches.

Ezatollah Sahabi, membre du Mouvement de la Liberté, qui s'oppose au régime islamique, et directeur d'"Iran-e-Farda", une des 30 publications interdites par les "durs" du régime, a été arrêté sur ordre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, a précisé Reza Alijani, rédacteur en chef du magazine interdit.

Sahabi avait déjà passé trois mois en prison dans l'année, accusé d'avoir attenté à la sécurité nationale pour sa participation en avril à une conférence à Berlin qui a rendu furieux les "durs" du régime.

Plus d'une vingtaine de journalistes et militants favorables aux réformes ont été arrêtés depuis avril.

Le fils Kohl va se marier avec une Turque en avril

ISTANBUL.- Le fils d'Helmut Kohl va épouser en avril prochain sa petite amie turque. La famille de cette dernière a donné son accord pour ce mariage lors d'une visite de l'ex-chancelier allemand à Istanbul ce week-end.

Peter Kohl, 35 ans, et Elif Sozen, 32 ans, se sont rencontrés lors de leurs études au Massachusetts Institute of Technology, le fameux MIT. Aujourd'hui, ils vivent ensemble à Londres.

Lors de sa visite à Istanbul, Helmut Kohl a offert aux futurs mariés les bagues de fiançailles, comme le veut la tradition turque. "J'ai donné ces bagues pour le bonheur de nos enfants", a déclaré l'ancien chancelier, cité lundi par le quotidien turc "Hurriyet", lors d'une cérémonie simple dans la maison familiale de sa future belle-fille. "Je crois qu'ils seront très heureux."

Helmut a été raccompagné dimanche à l'aéroport d'Istanbul par le père de la jeune femme, Kemal Sozen, un homme d'affaires.

Turquie: le gouvernement passera outre

le veto présidentiel sur un projet de loi d'amnistie

ANKARA.- Le Premier ministre turc Bulent Ecevit a déclaré que samedi que son gouvernement passerait outre un veto présidentiel sur un projet de loi controversé qui pourrait permettre la libération de près de la moitié des 72.000 détenus que compte le pays, rapporte dimanche le quotidien Hurriyet.

Le président Ahmet Necdet Sezer a refusé vendredi d'approuver ce texte, le jugeant injuste et susceptible de porter atteinte à la confiance de la population dans la justice et dans la loi.

Les familles des victimes des détenus se sont farouchement opposées à ce projet de loi, qui réduit les condamnations de 10 ans, mais le gouvernement turc cherche actuellement à désengorger ses prisons, où se multiplient les émeutes et les prises d'otages. Si le Parlement adopte de nouveau le projet de loi sans faire de changement, le chef de l'État ne pourra pas opposer son veto une seconde fois, mais il pourra demander à la Cour constitutionnelle de l'annuler.

Dans le même temps, les grèves de la faim dans les prisons du pays sont entrées dans leur 59e jour dimanche. Des médecins ont prévenu du risque de morts imminentes. Environ 250 détenus liés à des groupes de gauche protestent contre les projets de réorganisation des prisons, destinés officiellement à mettre un terme à la situation actuelle, dans laquelle ce sont les détenus qui contrôlent quasiment ces prisons surpeuplées.

Le gouvernement envisage en effet de supprimer les grands blocs communs, pour enfermer les prisonniers dans des cellules d'une à trois personnes, que les détenus qualifient de "cercueils".

Selon les détenus, cette réforme rendrait les prisonniers plus vulnérables face aux abus dont se rendent coupables les gardiens.

Les tentatives de médiation ont été interrompues vendredi. Le ministre de la Justice Hikmet Sami Turk a rejeté la demande des prisonniers d'être logés dans des blocs de vingt personnes, la jugeant "inacceptable".

 

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