Le médiateur américain du groupe de Minsk encourage la Turquie à jouer
un rôle dans le processus de paix au Karabagh Les allusions insistantes des médiateurs du groupe de Minsk de l'OSCE sur le rôle que pourrait jouer la Turquie dans le règlement du conflit du Haut Karabagh, où ils ont effectué une visite dans le cadre d'une tourné dans la zone du conflit, ont suscité des réactions contrastées à Bakou et à Erévan. En commençant leur tournée dans la région par une visite en Turquie, les médiateurs internationaux avaient déjà mis l'accent sur l'importance d'Ankara, mais c'est le médiateur américain, Carey Cavanaugh, qui a enfoncé le clou en exaltant le rôle de la Turquie dans le règlement du conflit. Il en avait été question lundi lors de la rencontre à Bakou entre les coprésidents du groupe de Minsk et le président azéri Haïdar Aliev, pour sa part très favorable à une promotion d'Ankara dans la région et d'accord avec les arguments de M. Cavanaugh selon lesquels la Turquie pourrait contribuer au développement économique dans la région en cas de règlement du conflit. M. Aliev avait déploré l'attitude de certains pays occidentaux concernant la Turquie, notamment sur la question du génocide des Arméniens, dont il a souligné qu'elle est un facteur de tension et de déstabilisation régionales. Selon certaines sources turques, l'Arménie comme l'Azerbaïdjan, aurait approuvé l'analyse du médiateur américain concernant le rôle que doit jouer la Turquie dans la région; selon les mêmes sources, le président arménien Robert Kotcharian aurait les mains liées du fait de la dépendance de son pays aux fonds versés par la diaspora arménienne, généralement plus radicale, qui l'oblige à suivre cette ligne dure dans les relations avec la Turquie, faute d'autres investissements étrangers en Arménie. Selon le journal turc en langue anglaise Turkish Daily News, qui cite des sources diplomatiques proches du groupe de Minsk, M.Cavanaugh aurait indiqué que les autorités arméniennes étaient conscientes de la colère provoquée en Turquie par leur attitude mais qu'elles n'avaient pas d'autre choix que de satisfaire aux exigences des radicaux de la diaspora qui assurent la subsistance du pays. Autrement dit, une amélioration des relations avec la Turquie permettrait aux Arméniens de s'extraire de ce cercle vicieux et d'entreprendre une coopération régionale normale avec leurs voisins. Ces commentaires n'ont guère été appréciés à Erévan, où le président de la commission des affaires étrangères du Parlement, Hovhannes Hovannessian, a rejeté mercredi les arguments américains selon lesquels la Turquie pourrait aider à régler le conflit de douze ans avec l'Azerbaïdjan en contribuant à la restauration de l'économie régionale. Il a ainsi indiqué que la Turquie ne pouvait être considérée comme un pays "objectif", son attitude au cours des dernières années ayant largement démontré qu'elle avait renoncé à la neutralité. "Dans ces conditions, la Turquie ne saurait jouer un rôle positif dans aucun règlement" indiquera pour sa part le responsable dachnak Kegham Manoukian. Le ministère arménien des affaires étrangères avait tenu à rappeler, en début de semaine, que la Turquie devait changer sa politique à l'égard de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan si elle voulait jouer un rôle dans le processus de paix. Un accord de coopération militaire entre Washington et Erévan L'Arménie et les États-Unis ont signé mercredi un accord de coopération dans le domaine de la défense à l'occasion de la visite à Erévan d'une délégation de militaires américains. Le général Charles Simpson, qui conduisait la délégation américaine, a précisé que cet accord prévoyait le développement des contacts bilatéraux dans le domaine militaire et visait à contribuer au développement économique de l'Arménie, mais n'envisageait pas le déploiement de troupes américaines sur le territoire arménien. "Notre objectif est d'assister, non d'être présent" a-t-il souligné, laissant ainsi entendre que les États-Unis ne souhaitent pas marcher sur les plates-bandes des Russes, qui disposent de bases militaires en Arménie. Le Pentagone a d'ailleurs pris soin de préciser que le développement de la coopération militaire entre Erévan et Washington ne se ferait pas au détriment de la Russie, partenaire stratégique de l'Arménie seul pays au Sud du Caucase où elle entend maintenir une présence militaire. Alors que les voisins géorgien et azéri de l'Arménie multiplient les initiatives en vue de se rapprocher de l'OTAN et des États-Unis, l'Arménie a construit sa diplomatie et sa stratégie sur le principe d'une complémentarité entre l'Occident et la Russie. Au cours de sa visite, le général Simpson a émis le souhait que l'Arménie et l'Azerbaïdjan sauront résoudre au plus vite leur différend autour du Haut Karabagh et a encouragé l'Arménie à engager des négociations avec la Turquie. "Nous sommes prêts à soutenir tout contact qui pourrait contribuer à un dialogue direct, au nom de la stabilité régionale et afin de réduire les tensions" a indiqué le général américain. Les académiciens descendent dans la rue à Erévan La patience des employés de l'Académie nationale des sciences d'Arménie est à bout. Ils entendent le faire savoir le 15 décembre, en organisant une manifestation à Erévan pour exiger le versement de leurs arriérés de salaires et protester contre leurs conditions de travail. Le président de l'Académie, Fadeï Sarkissian, a indiqué que les salaires des 93 académiciens est de 50 dollars, quand ils le perçoivent, puisqu'il est toujours versé avec beaucoup de retard. A la date du 1er novembre l'Académie n'avait reçu qu'un milliard de dram sur son budget de 2,6 milliards de dram qui lui est alloué, et ce sont les sources étrangères de financement qui constituent 38% de son budget, qui ont assuré sa subsistance. M. Sarkissian, lors d'un récent débat législatif sur les sciences et les techniques, avait déploré le manque d'intérêt manifesté par les parlementaires pour l'avenir du secteur scientifique arménien. PARIS Les présidents Chirac et Kotcharian applaudissent Charles Aznavour
Le président français Jacques Chirac et le président arménien, Robert Kotcharian, ont assisté mercredi soir à Paris au concert de Charles Aznavour au Palais des Congrès. Le catholicos Karékine II était lui aussi venu spécialement d'Etchmiadzine pour assister à ce concert. A l'affiche jusqu'au 17 décembre, Charles Aznavour a souhaité que ce concert ait lieu au profit de la fondation qu'il a créée pour venir en aide à sa patrie natale au lendemain du tremblement de terre de 1988. Les présidents français et arménien, qui étaient accompagnés de leurs épouses, ont félicité dans sa loge le chanteur français qui a débuté son concert par son grand succès "Les émigrants". De nombreuses personnalités ont également assisté à la soirée dont le maire de Paris Jean Tibéri, la présidente du RPR Michèle Alliot-Marie, la chanteuse Line Renaud et les représentants de la diaspora arménienne en France. Lors d'une rencontre durant l'entracte avec les représentants de la communauté arménienne, le président Robert Kotcharian a prononcé une brève allocution où il a remercié Aznavour pour son action en faveur de l'Arménie, puis en profitant de la présence du président Chirac, il a remercié son homologue pour le rôle qu'il a joué dans le récent vote au Sénat en faveur de la reconnaissance du Génocide arménien. La fondation "Aznavour pour l'Ar-ménie" va lancer un nouveau programme de financement pour la construction de plusieurs écoles. En 1990 Charles Az-navour a été désigné ambassadeur permanent en Arménie par l'Unesco. Le chanteur, âgé de 77 ans, a entamé cet automne une tournée d'adieux.
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