Les médiateurs du groupe de Minsk en tournée dans la zone

du conflit du Karabagh

Les médiateurs français, russe et américains du groupe de Minsk de l'OSCE se sont rendus dimanche dans la zone du conflit du Haut Karabagh pour rencontrer notamment des responsables militaires azéris et arméniens sur la ligne de front entre les deux pays gelée depuis l'accord de cessez-le-feu de mai 1994. L'Américain Carey Cavanaugh, le Français Jean-Pierre Gaillarde et le Russe Nikolaï Gribkov avaient commencé leur tournée régionale par une visite en Turquie d'où ils s'étaient rendus samedi en Azerbaïdjan. Dimanche, la troïka du groupe de Minsk s'était rendue dans la région du Nakhitchévan dépendant de l'Azerbaïdjan, où elle avait visité le poste-frontière de Sadarak. Les trois médiateurs ont rencontré lundi lors de leur visite en Arménie le président Robert Kotcharian. Dimanche, les responsables russe, français et américain ont rencontré le président du Haut Karabagh Arkadi Ghoukassian. En Turquie, ils avaient obtenu du ministre turc des affaires étrangères Ismaïl Cem l'assurance qu'Ankara lèverait son embargo sur l'Arménie sitôt que le conflit du Karabagh sera réglé.

Par ailleurs, les garde-frontières azéris ont arrêté et placé en détention cinq Arméniens présumés sur la frontière du Nakhitchévan, alors qu'ils tentaient de passer la frontière irano-arménienne. Les immigrants clandestins, dont un serait originaire de Syrie, n'auraient pas été trouvés en possession d'armes. Selon les autorités azéries, qui n'ont pas donné d'autres précisions, ils avaient une carte, qui ne leur a manifestement pas beaucoup servi, puisqu'ils se sont probablement égarés en voulant franchir la frontière.

Lors de la rencontre avec le président arménien, l'émissaire américain s'est inquiété d'incidents qui se sont produits dans la ville de Nakhitchévan, proche de la frontière avec l'Arménie

"Des gens innocents sont tués par des tirs à Nakhitchévan. Nous avons parlé avec le président Kotcharian des mesures à prendre pour éviter de tels incidents", a souligné l'émissaire américain Carry Cavanaugh.

"Notre rencontre avec le président Kotcharian a été très productive", s'est félicité pour sa part le représentant russe Nikolaï Gribkov.

Le représentant français Jean-Jacques Gaillarde a quant à lui affirmé que les négociations sur le Haut Karabagh "se poursuivaient avec intensité" et exprimé l'espoir qu'elles réussissent "le plus rapidement possible".

Les trois responsables ont ensuite quitté Erévan pour Bakou où ils devaient rencontrer le président Heïdar Aliev.

 

Europe-Caucase

Coopération culturelle au Caucase sous l'égide du Conseil de l'Europe

STRASBOURG - Les ministres de la Culture de l'Arménie de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie se rencontreront les 13 et 14 décembre à Strasbourg au Conseil de l'Europe pour définir de nouvelles politiques culturelles communes pour les trois années à venir.

L'organisation paneuropéenne leur propose notamment un programme pour moderniser les relations entre pouvoirs publics, secteur culturel et société civile. Le programme prévoit aussi d'accompagner un processus de décentralisation et de privatisation de la culture, de rechercher de nouveaux moyens de financement et de contribuer à l'élaboration d'un statut des artistes.

Cette réforme bénéficiera de l'expérience de trois pays observateurs, la Russie, la Turquie et l'Ukraine, et de l'aide financière de la Suisse et de la Grèce, précise le Conseil de l'Europe dans un communiqué.

Un budget estimé à 640.000 euros, financé en grande partie par des contributions volontaires d'États-membres, soutiendra ces activités de 2001 à 2003.

 

Poutine devrait se rendre à Erévan l'an prochain

Le président russe Vladimir Poutine aurait répondu favorablement à une invitation de son homologue arménien Robert Kotcharian à visiter l'Arménie l'an prochain. C'était la moindre des choses, du moins du point de vue des Arméniens, qui n'apprécient guère la visite prévue bientôt en Azerbaïdjan de Vladimir Poutine, qui n'a pas encore visité l'Arménie depuis son élection à la présidence russe en mars dernier, alors que l'Arménie passe pour être le plus fidèle allié de la Russie dans la région. Cette visite à Bakou du président russe fait redouter une réorientation de la politique russe au sud du Caucase.

 

Oléoduc-Iran: TotalFinaElf demande participation active du Kazakhstan

ALMATY - Le pétrolier français TotalFinaElf a appelé vendredi le Kazakhstan à participer activement au projet d'oléoduc vers l'Iran, vu d'un mauvais oeil par les Américains, qui projettent un pipeline aboutissant en Turquie.

"La découverte de pétrole à Kashagan nous pousse à intensifier nos recherches dans ce champ offshore (...) mais nous avons besoin de la participation active des autorités kazakhes", a déclaré Christophe de Margerie, vice-président exécutif de TotalFinaElf Exploration and Production, après l'annonce par le ministère kazakh des Affaires étrangères de contacts avec TotalFinaElf, Agip et British Gas pour une étude de faisabilité d'un oléoduc Kazakhstan-Turkmenistan-Iran.

Les États-Unis sont opposés à ce projet, et prônent un oléoduc Azerbaïdjan Turquie évitant l'Iran, dans le cadre de la politique américaine de sanctions contre Téhéran.

"Parmi les différents itinéraires envisageables aujourd'hui, deux choix semblent plus sérieux que les autres, la route vers le Nord (vers Novorossisk, en Russie) et la route vers l'Iran via le Turkménistan", a ajouté M. de Margerie, exprimant son souhait d'un accord sur l'étude de faisabilité pour le début de l'an prochain.

TotalFinaElf est membre du consortium Okioc (Offshore Kazakhstan International Operating Company) qui a annoncé une découverte pétrolière en juillet dans le champ de Kashagan, dans l'ouest du Kazakhstan. Le groupe français, Shell et ExxonMobil souhaitent tous trois devenir l'opérateur unique du consortium.

Le Parlement turc adopte un projet de loi d'amnistie controversé

ANKARA. - Le Parlement turc a adopté vendredi un projet de loi controversé qui pourrait permettre la libération de près de la moitié des 72.000 détenus que compte le pays.

Les familles des victimes des détenus se sont farouchement opposées à ce projet de loi, mais le gouvernement turc cherche actuellement à désengorger ses prisons, où se multiplient les émeutes et les prises d'otages.

Le projet de loi adopté par les députés réduit les condamnations de 10 ans, ce qui signifie qu'environ 35.000 détenus pourraient être relâchés. Cependant, avant d'entrer en vigueur, le projet de loi devra être approuvé par le président turc, Ahmet Necdet Sezer, ce qui est loin d'être acquis.

L'ancien président, Suleyman Demirel, s'était opposé à un projet de loi équivalent l'année dernière, après avoir subi de nombreuses pressions.

 

UE/élargissement: "première vague"

dans l'euro d'ici 5-10 ans (Bundesbank)

FRANCFORT - Les pays de la "première vague" de l'élargissement de l'Union européenne à l'Est, tels la Pologne et la République tchèque, feront partie de la zone euro d'ici "cinq à dix ans", a estimé jeudi le président de la banque centrale allemande (Bundesbank) Ernst Welteke.

Mais il a mis en garde contre toute précipitation pour les pays des vagues suivantes, affirmant que des adhésions trop rapides au sein de l'Union économique et monétaire risqueraient de mettre en danger la conduite de la politique monétaire.

Il était interrogé sur les perspectives d'adhésion à l'Union économique et monétaire (UEM) des premiers pays candidats à l'élargissement à l'Est, tels que la Pologne, la République tchèque, la Hongrie, la Slovénie ou l'Estonie.

Les nouveaux pays membres ne devront pas toutefois être admis au sein de l'UEM "en même temps" ou même "immédiatement après" leur entrée dans l'Union européenne, sous peine de provoquer des déséquilibres.

Faisant référence à l'éventuelle arrivée à très long terme de pays intéressés par l'Union européenne et l'UEM, comme la Moldavie, l'Ukraine ou l'Arménie M.Welteke n'a pas caché ses craintes. "Les différences (sur le plan économique) sont tellement grandes que de grandes questions se posent quant à la possibilité de mener une politique monétaire unifiée", a-t-il dit. La zone monétaire sous la responsabilité de la Banque centrale européenne doit rester "homogène", a ajouté le président de la "Buba". M.Welteke s'est toutefois prononcé contre tout durcissement des critères d'adhésion à l'UEM. "Il convient d'appliquer de manière conséquente ceux qui existent", a-t-il dit.

 

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