COMMUNIQUE DE PRESSE
Bruxelles, le 17 janvier 2002

Le Comité Européen de la Cause Arménienne soutient le rapport de Per Gahrton

Le Comité Européen de la Cause Arménienne agit pour maintenir l’appel à la Turquie de reconnaître le génocide des Arméniens dans un nouveau rapport du Parlement Européen

Le Comité Européen de la Cause arménienne informe que le 23 janvier prochain, la Commission des Affaires Etrangères du Parlement Européen étudiera et adoptera le projet de rapport de Monsieur Per Gahrton (Verts européens, Suède), concernant les « relations de l’Union européenne avec le Sud du Caucase, dans le cadre des accords de partenariat et de coopération ». Par la suite, ce projet sera soumis au vote du Parlement Européen réuni en session plénière pour adoption.

« Nous approuvons la proposition de résolution de Mr Per Gahrton dans ses grandes lignes, car elle découle d’une analyse équilibrée des réalités de la région, inspirée de la volonté européenne d’y favoriser la stabilité et la paix, ce qui la distingue de celle d’autres puissances attirées dans le Caucase principalement par leurs intérêts pétroliers et stratégiques » explique Hilda Tchoboian, présidente du CDCA Europe.

Le rapport invite l’Union européenne à multiplier les initiatives visant à contribuer au développement des trois pays transcaucasiens, et souligne l’importance des pays voisins tels que la Russie, l’Iran et la Turquie dans l’instauration de la paix dans la région. C’est dans cette perspective que le paragraphe 12 de la résolution stipule que « le Parlement Européen invite […] la Turquie à prendre les mesures adéquates, conformément à ses aspirations européennes, notamment en mettant fin au blocus décrété contre l’Arménie, […] ; rappelle à cet égard la position par lui prise dans sa résolution du 18 juin 1987, où il reconnaît la réalité du génocide perpétré contre les Arméniens en 1915, et invite la Turquie à en faire autant ».

Le C.D.C.A. Europe informe que plusieurs amendements, déposés par des députés en leur nom personnel ou au nom de leur groupe politique, tentent de modifier le texte. La majorité des amendements soutient la levée du blocus. Cependant, plusieurs autres proposent de supprimer l’appel à la Turquie de reconnaître le Génocide.

C’est le cas de l’amendement n°50 du groupe des socialistes européens, présentés par Hannes Swoboda (PSE, Autriche) qui, de plus, remplace dans le §12 le terme même de « génocide » par « événements historiques en Arménie en 1915 ».

L’amendement n°54 déposé par Ari Oostlander (PPE, Pays-Bas), supprime tout simplement l’appel à la reconnaissance ; en revanche rappelle la résolution du « 18 juin 1987, sur la reconnaissance du génocide arménien ».

« Depuis quelques mois notre inquiétude est grande de voir se répandre dans cette institution démocratique l’idée qu’il ne faut plus parler du génocide des Arméniens. Nous avions été les acteurs en 1987 de la résolution « pour une solution politique de la question arménienne » qui appelait clairement la Turquie à reconnaître ce génocide, mais depuis cette date, la Turquie est restée figée dans sa négation » annonce le Comité Européen de la Cause Arménienne.

«Nous estimons que supprimer la référence au génocide serait un signal d’impunité donné à la Turquie. De plus, la Turquie, alliée de l’Azerbaïdjan dans le conflit du Karabagh, réclame un rôle dans la résolution de celui-ci.
Or, l'intransigeance du gouvernement turc et le silence de la Communauté internationale sont susceptibles d’encourager les tendances belliqueuses des tenants d'une ligne dure en Azerbaïdjan. Déjà les responsables politiques azéris font depuis plusieurs mois des déclarations sur leur volonté de déclencher la guerre après 7 années de cessez-le-feu
».

« Si l’Europe désire accorder un rôle à la Turquie dans sa politique caucasienne, elle devra contribuer à faire de ce pays surarmé, donc potentiellement dangereux, un interlocuteur capable d'inspirer confiance à un Etat et un peuple arméniens qui portent encore les stigmates du génocide, aggravés par le blocus meurtrier ».

Aujourd’hui, la Turquie vient d’annoncer qu’elle supprime le régime des visas pour les citoyens d’Arménie ; elle l’avait imposé en 2000, en mesure de rétorsion à la suite d’une série de reconnaissances du génocide des Arméniens en Europe, et d’une procédure identique aux Etats-Unis.

« Nous ne sommes pas dupes quant aux intentions de la Turquie. Cette mesure cosmétique ne traite pas les vrais problèmes puisque la Turquie continue de maintenir le blocus et entretient le négationnisme du génocide».

« Pour toutes ces raisons, nous avons demandé aux députés et au groupe politique en question de reconsidérer leur position et de modifier leurs amendements », a conclu la Présidente du C.D.C.A. Europe.

 

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