Comité de défense de la cause arménienne

Délégation Européenne

Communiqué

GÉNOCIDE DES ARMÉNIENS

Après les reconnaissances par la France, l'Italie, la Suède, la Belgique et la Grèce

L'Europe doit mettre la Turquie devant l'obligation de reconnaître sa responsabilité

En quelques mois le mouvement de reconnaissances du Génocide des Arméniens s'est accéléré en Europe ; en effet, après le vote favorable du Sénat Français, puis celui de l'Assemblée Nationale à l'unanimité, la loi sur la reconnaissance du 1er génocide du XXème siècle vient d'être promulguée en France par le Président Jacques Chirac.

- Le 15 novembre dernier, la Parlement européen, dans son rapport sur "les progrès accomplis par la Turquie sur la voie de l'adhésion" ( rapport Morillon ), appelait la Turquie à reconnaître le Génocide des Arméniens.

- Le 17 novembre 2000, le Parlement italien le reconnaissait à son tour ;

- Enfin, le 28 janvier 2001, le gouvernement britannique, après avoir sous la pression de la Turquie, exclu le Génocide des Arméniens de la journée officielle de l'holocauste, l'a intégré, aux côtés des Génocides des temps modernes. 

Auparavant, la Grèce, le Sénat Belge et le Parlement Suédois l'avaient déjà reconnu.

Ainsi, dans les grandes démocraties européennes, le tabou instauré par la Turquie sur le Génocide des Arméniens a commencé à tomber. Les intérêts mercantiles et le chantage turque auxquels la Communauté Internationale a longtemps sacrifié les victimes d'une des plus grandes barbaries des temps modernes semblent désormais dépassées, même si la Turquie loue les services des plus puissants groupes industriels européens pour exercer ses menaces.

En 1987, le Parlement européen devenait l'un des précurseurs de cette vague de reconnaissances ; en particulier, il mettait l'obligation de reconnaissance par la Turquie parmi les conditions incontournables de son adhésion à l'Europe.

Si, en 1999 les critères de Copenhague ont omis cette condition, aujourd'hui, les reconnaissances successives par les pays de l'Union Européenne, et la persistance du déni par la Turquie, du Génocide des Arméniens, mettent l'Union devant le choix suivant: ou bien elle fera partager à la Turquie ses valeurs humanistes et l'aidera à devenir un État moderne, capable d'assumer les pages noires de son histoire en reconnaissant sa responsabilité dans l'extermination du peuple arménien, ou alors ce sera la Turquie qui lui imposera ses propres valeurs négationnistes.

Il ne peut y avoir de compromis entre ces deux options.

Le Parlement européen se doit de reconsidérer les conditions d'adhésion de la Turquie, à la faveur des reconnaissances récentes et à venir dans les pays européens. La Turquie doit arrêter de persécuter ses citoyens qui reconnaissent le Génocide des Arméniens. Elle doit se désolidariser du régime qui a commis le Génocide, à l'instar de l'acte de l'Allemagne moderne.

L'UNION EUROPÉENNE DOIT IMPOSER LA RECONNAISSANCE DU GÉNOCIDE DES ARMÉNIENS A LA TURQUIE.

Bruxelles, le 1er Février 2001

 

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