POURQUOI LE PARLEMENT EUROPEEN

DOIT FAIRE

de la RECONNAISSANCE DU GÉNOCIDE DES ARMENIENS

UNE DES CONDITIONS DE L’ADHÉSION DE LA TURQUIE ?

Le Parlement Européen ne peut pas désavouer une résolution dont la totalité des éléments reste d’actualité :

La résolution A2-33/87 du Parlement Européen soumettait l’adhésion de la Turquie à l’Europe, à la reconnaissance du génocide des Arméniens par la Turquie, condition incontournable avec la solution des problèmes tels que l’occupation de Chypre, le différend avec la Grèce et la question Kurde. Tous les critères demeurent d’actualité, par manque de volonté politique de la part des autorités d’Ankara.

Il ne s’agit pas de décider si oui ou non il y a eu Génocide.

Lors du débat sur le rapport Morillon à la commission des Aff. Étrangères, quelques députés ont eu des expressions irresponsables sur l’opportunité d’employer le terme de Génocide. Cette démonstration en a été faite il y a bien longtemps. Ce sont les archives européennes qui en apportent les preuves les plus flagrantes.

Aujourd’hui, il s’agit d’appliquer une décision du Parlement Européen.

  • Le Général Morillon justifie son refus de toute allusion au Génocide des Arméniens en faisant une confusion entre le Génocide et son expérience des massacres mutuels dans les Balkans.

Ce qui distingue un Génocide est le caractère programmé par l’État. On ne peut pas assimiler un Génocide avec un massacre, en envoyant dos à dos assassins et victimes. Au regard du Droit International le génocide des Arméniens est un crime imprescriptible ; il est ineffaçable de la mémoire de l’Humanité.

  • L’argument du Monsieur Morillon selon lequel on favoriserait le dialogue en gardant le silence sur le Génocide est un leurre.

 

Pendant les décennies où la Communauté Internationale et la Turquie avaient " oublié " le Génocide des Arméniens, le fossé s’est creusé encore plus entre les rescapés arméniens du Génocide et les autorités d’Ankara.

  • La Turquie fait peser des menaces sur ses relations économiques et politiques avec des gouvernements dont les instances démocratiques lui rappellent ses responsabilités face au Génocide.(ex. France, Italie, États Unis …)

Ce chantage ne peut s’appliquer au Parlement Européen ; la Turquie ne peut atteindre les intérêts européens dans leur ensemble sans porter préjudice à ses proprs intérêts.

 

Le moment est propice aujourd’hui pour obtenir de la Turquie une avancée sur ce tabou

Malgré l’hystérie entretenue par le pouvoir et les médias, la société turque vient d’amorcer une évolution sur cette question.

Ainsi, le défenseur des Droits de l’Homme et vice- président de la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme ), Akin Birdal, à peine libéré de prison, est menacé d’une nouvelle peine d’emprisonnement de près de trois ans, pour avoir appelé le gouvernement turc à demander pardon au peuple arménien pour le génocide.

Des historiens turcs objectifs, qui apportent les preuves de la volonté de préméditation du génocide sont qualifiés de traitres aux intérêts de la nation.

En refusant d’intégrer la reconnaissance du génocide dans les critères de Copenhague, les parlementaires européens abandonneraient les forces qui assurent l’évolution de la société turque dans le sens de l’Histoire.

 

La Turquie utilise sa minorité arménienne comme otage.

 

A la suite du vote récent par les instances de la Chambre des Représentants US, le Patriarche arménien Mesrob Mutafian de Constantinople a en effet fait une de ces déclarations de circonstance stipulant que ce vote porterait atteinte aux relations entre la Turquie et l’Arménie. Il a ajouté, avec les précautions qu’exige sa fragile position de chef religieux d’une minorité chrétienne otage, que tant que les principaux responsables (entendez la Turquie) de ces évènements (entendez le Génocide) ne décideront pas de les examiner, ce seront les instances étrangères qui les évoqueront.

Déjà, en 1987, lors des débats sur le Génocide au Parlement Européen, les autorités turques avaient dicté une lettre aux chefs de la minorité juive avertissant certains députés européens des menaces qui pèseraient sur cette communauté si ceux-là votaient en faveur de la reconnaissance.

 

Quelle est l’importance pour l’Europe de faire reconnaître par la Turquie le Génocide des Arméniens ?

Alors que de très nombreuses instances démocratiques et universitaires ont condamné le Génocide des Arméniens, la Turquie reste attachée à une attitude négationniste. Elle ne le fait pas uniquement pour l’usage interne du peuple turc ; elle en fait le thème central de sa politique étrangère. Non seulement elle peut en toute impunité écraser toute contestation interne sur ce sujet, mais elle réussit à intimider les autres états, en particulier les gouvernements européens.

L’ultime question que chaque député européen devra se poser avant de faire le choix de soutenir un amendement sur la reconnaissance est : Qui, du Parlement Européen ou de la Turquie imposera à l’autre ses critères sur la Démocratie et le Droit à l’autre ?

L’Europe n’a pas d’autre choix que d’imposer à la Turquie cette condition. Ce sera elle qui obtiendra que ce pays reconnaisse la vérité sur son passé criminel, ou ce sera la Turquie qui fera partager à l’Union Européenne la responsabilité de son mensonge historique. Il n’y a pas de demi-mesures dans ce domaine.

 

Le général Morillon invoque la sécurité des 70 000 Arméniens d’Istanbul pour justifier le refus des amendements portant sur la reconnaissance du génocide.

 

On est en droit de poser la question suivante : Quelle est donc cette Europe que nous voulons construire avec un pays qui joue avec les vies humaines de ses minorités aussitôt qu’il s’agit de vérités gênantes ?

 

Les Parlementaires Européens sont menacés

Il y a quelques temps, les parlementaires européens qui évoquaient la question du la reconnaissance du Génocide recevaient des menaces directes par la formation d’extrême droite turque " les loups gris ". Depuis un an, le MHP, parti d’extrême droite, dont le lien avec les loups gris n’est plus à démontrer, est au gouvernement, et un de ses membres assure la Présidence de l’Assemblée Nationale Turque.

Aujourd’hui, les menaces sont proférées de manière plus voilée aux députés européens qui veulent amender le texte de M. Morillon. Dans son courrier adressé aux auteurs des amendements, Monsieur l’Ambassadeur de Turquie met les députés européens en garde contre les réactions très vives que ces amendements susciteraient en Turquie avec des conséquences plus que néfastes pour les relations de la Turquie avec le Parlement Européen !

CONCLUSION

Si la Turquie regarde son histoire avec tolérance, ce sera le signal qu’elle pourra le faire avec son présent, son propre peuple et ses minorités.

C’est à cette condition qu’elle engagera une véritable démocratisation de sa vie publique.

Elle doit reconnaître le génocide des Arméniens.

 

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