Dans le cadre des élections présidentielles 2002, le Comité de Défense de la Cause Arménienne (CDCA) a été délégué pour interroger l'ensemble des candidats sur une série de questions préoccupant la communauté arménienne. (lire le courrier)

Dans ce cadre, nous avons reçu les réponses de Corinne Lepage

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Je suis tout à fait sensible à tous les génocides qui ont pu être ou qui
sont encore pérpétrés dans le monde et notamment au génocide arménien.
C'est donc bien volontiers que je viens répondre à vos questions.
Corinne Lepage

1. Quelles mesures entendez vous prendre pour empêcher la négation du génocide des Arméniens, pour organiser le devoir de mémoire et pour contribuer à sa reconnaissance internationale ?

La seule mesure consiste à reconnaître la vérité et par conséquent à la dire
et à l'enseigner notamment dans les livres d'histoire. La loi votée récemment par le Parlement français va dans ce sens. Il faudrait aller dans le même sens au niveau communautaire.

2. Quelles sont pour vous les conditions préalables à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne ?

Elles sont nombreuses, compte tenu de la particularité de la Turquie au regard des autres pays d'Europe de l'Est. La vérité historique doit être reconnue pour ce qu'elle est. C'est un devoir de mémoire auquel d'autres pays, confrontés à un passé difficile, ont su faire face.

3. La France en tant que co-présidente du Groupe de Minsk de l'OSCE a pris des initiatives récentes pour un règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh. Quelles mesures entendez vous prendre afin d'aboutir à un règlement rapide de ce conflit ?

Poursuivre dans cette voie, en essayant de mettre les parties prenantes
autour d'une table.

4. Compte tenu des liens historiques privilégiés qu'entretiennent la France et l'Arménie et du blocus illégal exercé à l'encontre de l'Arménie par la Turquie et l'Azerbaïdjan depuis maintenant une décennie, quelles actions comptez-vous entreprendre pour développer les échanges économiques et culturels avec l'Arménie et pour mettre fin rapidement à ce blocus ?

Nous pouvons agir indirectement sur le blocus, en faisant pression sur nos interlocuteurs et donner un essor tout particulier à nos relations économiques et culturelles avec l'Arménie.

5. La France semble évoluer vers une société multi-culturelle. Quelles impulsions comptez-vous donner pour en assurer un développement harmonieux ?
Dans ce cadre, comment comptez vous préserver la culture et l'identité arménienne et renforcer l'enseignement de la langue arménienne ?

Je ne suis pas favorable au communautarisme, qui est contraire à l'esprit républicain. En revanche, les différentes cultures qui existent sur notre territoire doivent sont de très grandes richesses qui doivent être valorisées et encouragées. les langues doivent pouvoir être enseignées, sans se substituer , bien sûr au français.