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LES CANDIDATS REPONDENT A LA COMMUNAUTE ARMENIENNE


Le dimanche 7 avril 2002, s'est tenue à Paris, en présence de Naira MELKOUMIAN (Ministre des Affaires Etrangères de la République du Karabakh), une réunion publique, organisée par le Comité de Défense de la Cause Arménienne et consacrée aux réponses formulées par les candidats à l'élection présidentielle aux Français d'origine arménienne. A cette date, sur les 16 candidats, 10 avaient, en effet, répondu au questionnaire qui leur avait été adressé par le CDCA au nom de la communauté arménienne. Seuls, Messieurs BESANCENOT, GLUCKSTEIN, MADELIN et ST JOSSE, ainsi que Mesdames BOUTIN et LAGUILLER n'ont pas tenu à y répondre.

A l'occasion de cette manifestation, François BAYROU, Jacques CHIRAC, Lionel JOSPIN et Noël MAMERE ont adressé des messages à la communauté arménienne.

C'est au cours de ces interventions filmées, que le Président de la République, Jacques CHIRAC, et le Premier Ministre, Lionel JOSPIN ont employé pour la première fois, le terme de " génocide " pour qualifier, au-delà de la loi adoptée par le Parlement français, l'extermination des 1 500 000 arméniens de l'Empire Ottoman entre 1915 et 1921.

Une table ronde réunissant Patrick FARBIAZ (pour Noël MAMERE), Hélène LUC (pour Robert Hue), François ROCHEBLOINE (pour François BAYROU), René ROUQUET (pour Lionel Jospin), Georges SARRE (pour Jean-Pierre CHEVENEMENT) et Jacques TOUBON (pour Jacques CHIRAC) a, ensuite, permis de préciser les engagements pris par les candidats en faveur de la Cause Arménienne.

C'est ainsi que Hélène LUC, François ROCHEBLOINE et Georges SARRE ont confirmé les promesses de leurs candidats à savoir :

- Mise en place d'une loi sur le négationnisme du génocide arménien après un débat d'historiens sur la question, refus de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, développement de la culture et de l'identité arménienne grâce à des aides apportées par l'Etat et les collectivités publiques aux associations, pour François BAYROU ;
- Actions en justice contre les sites négationnistes, entrée de la Turquie dans l'Europe sous condition de la reconnaissance du génocide arménien, association du Karabakh aux négociations de paix, inscription de l'enseignement du génocide arménien dans les manuels scolaires, création d'un centre culturel arménien pour Jean-Pierre CHEVENEMENT ;
- Extension de la loi Gayssot, entrée de la Turquie dans l'Europe sous condition de la reconnaissance du génocide arménien, condamnation du blocus exercée contre l'Arménie par l'Azerbaïdjan et la Turquie, développement de la culture et de l'identité arménienne grâce aux aides apportées par l'Etat et les collectivités publiques aux associations, pour Robert HUE.

Noël MAMERE avait fait savoir qu'il était favorable à l'inscription de l'enseignement du génocide arménien dans les manuels scolaires, à une entrée de la Turquie dans l'Europe sous condition de la reconnaissance du génocide arménien, à la création d'un comité économique pour la coopération avec l'Arménie et à l'adoption de la Charte européenne sur les langues minoritaires et régionales en y incluant l'arménien. Son porte-parole, Patrick FARBIAZ a ajouté que la seule reconnaissance du
génocide ne suffisait pas et qu'il faudrait tôt ou tard évoquer la question des réparations. Il a, de plus, souhaité la création d'un groupe d'étude sur le Karabakh à l'Assemblée Nationale.

Par ailleurs, Jacques CHIRAC s'était déclaré favorable au respect des principes de Copenhague pour l'entrée de la Turquie dans l'Europe (qui ne prévoient pas la reconnaissance du génocide arménien), à la poursuite du processus de paix au Karabakh dans le cadre des principes de Paris et à la création d'un centre culturel arménien à Paris. Son porte-parole, Jacques TOUBON (RPR), s'est, pour sa part, prononcé pour la mise en place d'un article complémentaire à la loi du 29 janvier 2001, lequel condamnerait pénalement les négateurs du génocide arménien. Il a convenu que la reconnaissance du génocide arménien constituait un préalable à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. M. Toubon a souhaité, en outre, l'extension des horaires de la radio arménienne de Paris, l'enseignement de l'arménien dans le secondaire et de l'histoire du génocide arménien dans les manuels scolaires.

Enfin, Lionel JOSPIN est favorable à la mise en place par le Parlement d'un volet législatif visant à réprimer les négateurs du génocide arménien et à la reconnaissance préalable par la Turquie de son histoire avant son intégration dans l'Union Européenne. Il a indiqué qu'il souhaitait poursuivre le processus de paix au Karabakh dans le cadre des principes de Paris, en y associant les représentants de la République du Karabakh. Il a, enfin, souhaité la mise en place d'une aide au développement des PME-PMI françaises en Arménie, la création d'une université franco-arménienne à Erevan, et le développement de l'enseignement de l'arménien dans les écoles publiques françaises. Au-delà du rappel de ces engagements, le porte-parole de Lionel JOSPIN, René ROUQUET (PS), s'est prononcé pour la création d'un centre culturel arménien et pour l'enseignement du génocide dans les manuels scolaires.

A la sortie du meeting, l'assistance a été invitée à répondre à un sondage portant sur ses choix pour les élections présidentielles. Les résultats de cette consultation, les réponses de l'ensemble des candidats ainsi que les retranscriptions des déclarations vidéo de François BAYROU, Jacques CHIRAC, Lionel JOSPIN et Noël MAMERE sont disponibles sur le site du Comité de Défense de la Cause Arménienne (http://www.cdca.asso.fr/).

A l'issue de ce débat, le Comité de Défense de la Cause Arménienne mesure les progrès importants réalisés par les candidats, dans leur compréhension des préoccupations de la communauté arménienne. Il reste cependant vigilant. Pour notre part, il ne s'agit pas ici, en effet, de promesses mais d'engagements qui devront être tenus. Dans ce cadre, nous mesurerons à l'occasion des prochaines commémorations du génocide arménien, qui se dérouleront le 24 avril 2002, la portée de l'engagement des protagonistes du deuxième tour en faveur des Français d'origine arménienne. Nous serons également très attentifs au respect des engagements pris par celui qui sera, le 5 mai 2002, le prochain Président de la République ou par son représentant à cette réunion publique.

CDCA
Fait, à Paris, le 11 avril 2002