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Le CDCA se renouvelle
Article paru en novembre 2001 dans France-Arménie
A l'image de la communauté arménienne toute
entière, le CDCA semble saisi d'une sorte de renouveau. Le forum
qui s'annonce en est la parfaite illustration. Organisé par une
commission dont l'équipe lyonnaise rajeunie constitue le noyau,
et pour qui c'est en quelque sorte le baptême du feu, il aura pour
thème "La société française et la cause
arménienne au XXIème siècle". Derrière
cette affiche classique, on peut en effet être surpris du caractère
abstrait - voire purement sociologique (voir encadré) -, de certaines
des interventions prévues et on peut même s'interroger sur
le sens que porte ce type de manifestation pour le CDCA.
L'ouverture : la nouvelle stratégie du CDCA
"C'est que, rétorque Jules Mardirossian, le coordinateur technique
du forum, ça fait partie intégrante de la cause arménienne.
Les minorités ne peuvent se défendre qu'en collaboration
avec la majorité". Comme en écho, Harout Mardirossian,
qui préside depuis peu au destin de la maison reprend : "il
faut que notre communauté s'ouvre à la société
française ; le multiculturalisme est le seul moyen de faire progresser
la cause arménienne". L'objectif est inchangé mais
la démarche est nouvelle. L'ex-président du CDCA, Ara Krikorian
acquiesce : "il fallait des nouvelles idées et les jeunes
pourront mieux les faire progresser". Et de confesser, "35 ans,
ça marque et ça personnifie trop le CDCA". Et si le
forum en constitue l'exemple emblématique, cette nouvelle méthode
est également déclinée sur les autres axes de travail.
Par exemple, concernant la loi Gayssot, Harout Mardirossian précise
: "l'idée est de créer au niveau européen un
courant de sympathie avec les autres victimes de génocides (Cambodgiens,
Tutsis) afin de lutter en France contre ceux qui prônent le statu
quo ou ceux qui souhaitent son abrogation ; la France est en décalage
avec les autres pays européens et si une "loi Gayssot élargie"
voyait le jour dans l'Union, la France devrait s'y conformer, principe
de subsidiarité oblige"
En résumé, pour
réussir, la cause arménienne doit s'ouvrir, se globaliser,
créer de l'empathie afin de devenir la cause de tous !
De là découle naturellement le délicat travail de
sensibilisation du corps enseignant pour que l'apprentissage du génocide
arménien s'impose dans la scolarité française ; de
là découle aussi l'idée de ce prix du CDCA récompensant
les meilleurs travaux universitaires sur l'Arménie ou les Arméniens.
Et quand on l'interroge sur les atouts actuels de son organisation, Harout
Mardirossian explique : "avant l'actualité s'imposait à
nous : Karabagh, affaires Lewis et Veinstein, Assemblée Nationale,
Sénat
Maintenant, nous avons la maîtrise du calendrier
et c'est nous qui choisissons l'ordonnancement". On peut cependant
s'interroger sur l'étendue de cette maîtrise au vu des événements
du Parlement européen (voir article page 5). Par ailleurs, devant
l'ampleur du travail, il va vraiment falloir ordonnancer, car de la constitution
du CDCA-Europe à la mise en place d'un voyage d'étude et
de rencontres (1) en Arménie, c'est vrai que les projets ne manquent
pas et on peut légitimement s'interroger sur la question des moyens
humains. Titillé sur la question, Harout Mardirossian balaie l'objection
: "Il n'y a pas besoin de mobiliser, les gens suivent si les projets
les intéressen. Encore la semaine dernière, on a recruté
trois nouveaux jeunes !"
La nouvelle vague : ferveur et rigueur
Ce ne sont pas les jeunes du CDCA qui le contrediront. Ils s'appellent
Tsorig, Vicken, Anaïd ou Vahan, ils ont 25 ou 30 ans ; certains ont
bu la Cause Arménienne au sein maternel, d'autres viennent de nulle
part, mais tous ont la foi ! Qu'il s'agissent des Lyonnais, enflammés
à l'idée d'organiser leur premier forum ou des Parisiens
jouant les vétérans du colloque de la Sorbonne, c'est le
même leitmotiv qui revient : "on est dans le feu de l'action".
C'est qu'il faut tout faire : de la communication aux sponsors, des financements
au lobbying. "On travaille sur un truc concret" nous confie
l'une d'entre eux, "c'est ça qui est bien : réunion
décision action !" ; et de conclure en un slogan
"le CDCA, j'y suis rentrée par envie, j'y suis restée
par plaisir !"
Mais attention, derrière la jeunesse enthousiaste, on sent déjà
poindre les futurs cadres. Ouverts sur le monde, cohérents dans
leurs objectifs, ils ont une culture politique commune et surtout une
bonne dose de professionnalisme : "quand un député
appelle, on ne peut pas se permettre de le faire attendre". Du coup,
s'ils regrettent le manque endémique de moyens, ils sont les premiers
à approuver la professionnalisation croissante que connaît
le CDCA, à l'instar de tout le monde associatif.
Modernité et ouverture, tel semble donc être le nouveau mot
d'ordre du CDCA qui, un peu à l'image de toute la communauté,
a évolué d'une structure d'Arméniens de France à
une structure de Français d'origine arménienne.
Par Laurent Leylekian / France-Arménie
(1) S'il devait se concrétiser, ce voyage aurait
pour but d'étudier sur place la situation au Karabagh et au Djavakhk
mais surtout de rencontrer des représentants des CDCA du monde
entier.
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