La qualité de la preuve

A propos des documents Andonian et de la petite phrase d'Hitler

 

Yves TERNON

Ancien interne des Hôpitaux de Paris. chirurgien. Conduit depuis 1965 des recherches historiques sur le génocide juif et le génocide arménien. Docteur en histoire, Université Paris IV Sorbonne. A publié trois ouvrages, en collaboration, sur le nazisme : Histoire de la médecine SS, 1969 ; Le Massacre des aliénés, 1971 ; Les Médecins allemands et le national-socialisme, 1973. De nombreux ouvrages sur les Arméniens dont : Les Arméniens, histoire d'un génocide, (Seuil, 1977 et 1996), La Cause Arménienne (Seuil, 1983), Enquête sur la négation d'un génocide (Parenthèses, 1989) ; et un livre de réflexion sur les génocides du XXème siècle : L'Etat criminel (Seuil, 1995).

Pour être retenu comme preuve un document doit être à la fois recevable et correctement interprété. Les télégrammes de Talaat et les autres documents recueillis par Aram Andonian, bien qu'authentiques ne sont pas recevables et cette communication explique pourquoi. Quand à la phrase "Qui se souvient encore du massacre des Arméniens ?", si elle a bien été prononcée par Hitler, ce fut dans un contexte précis et elle a une autre signification que celle qu'on a voulu lui donner de lien direct entre les deux génocides.

To be considered as evidence, a document has to be both valid and correctly interpreted. The Talaat's telegrams and other documents collected by Aram Andonian, although authentic, are not acceptable and this paper explains why. As for the phrase - "Who, still remembers the Armenian massacres ?" - if mentioned by Hitler, it was in a very specific context and has a different meaning than that given by some in establishing a direct link between the two genocides.