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De quelques effets du maintien du déni du génocide des Arméniens ou de la légitime défense Hélène PIRALIAN Psychanalyste. Travaille à partir du Génocide des Arméniens et de la psychanalyse, à l'élaboration d'une définition de ce qu'elle nomme «la structure génocidaire» et sur les effets psychiques de destruction qu'elle engendre. A participé à plusieurs colloques et publié dans divers journaux et revues en France, en Arménie, en Turquie et d'autres pays. A contribué à la création d'un centre de consultation psychologiques à Erevan et à la formation de ses thérapeutes. A publié Un enfant malade de la Mort. Lecture de Mishima. Relecture de la paranoïa, Paris, l'Harmattan, 1989 ; Génocide et Transmission. Sauver la mort. Sortir du meurtre Paris, L'Harmattan, 1994. Si l'on peut définir le projet génocidaire comme une tentative de détruire un peuple en son entier, de son origine à son devenir, c'est dire qu'il s'agit avant tout, au-delà du meurtre réel des vivants, de détruire l'ordre généalogique qui les constitue comme humains. De cette destruction le déni est constitutif puisque c'est lui qui en déniant le sens du projet génocidaire, fait des morts des «n'ayant-jamais-existé» et rend leur deuil impossible. Ainsi le maintien actif de ce déni bloque toute vie psychique en même temps qu'il empêche la symbolisation du meurtre pour les héritiers des victimes comme pour ceux des bourreaux, maintenant ainsi fantasmatiquement le couple boureau-victime intact comme seul modèle de lien possible. A la lumière de cela, quelles conséquences concrètes mais aussi quelles impasses politiques, ce maintien actif du déni par le gouvernement turc, produit-il actuellement dans l'histoire des uns et des autres ? Peut-on dire que ce serait d'une part pour les Turcs l'impossibilité de sortir du meurtre génocidaire, repris en particulier à l'égard des Kurdes, et d'autre part, pour les Arméniens, celle de quitter une position de victime; la guerre du Karabagh pouvant, en ce cas, s'envisager, pour eux, comme une tentative de sortir, par la légitime défense, de cette position sans pour autant occuper celle de bourreau ? If genocide can be defined as an attempt to destroy entirely a people, from its origins to its future, it means that, beyond the murder of human beings, it includes the destruction of the genealogical order that makes them human. Denial is part of such destruction, since denial of the meaning of genocide transforms the deceased into beings who never existed, making it impossible to mourn their loss. Under the circumstances, this active denial creates a psychological block that prevents the symbolisation of the murder for the heirs of genocide victims, as well as for those of the executioners, allowing the only link to be that of executioner-victim. In the light of this, what are the consequences of such active denial of this people's history by the Turkish government? Might we say that, for Turkey, it is a repeat of the genocidal policies toward Kurds and, for the Armenians, it is an attempt, through the Karabagh conflict, to escape the role of victim and, through self-defense, avoid that of the executioner's ?
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