La confiscation des biens et la destruction des monuments historiques comme manifestations du processus génocidaire

 

Dickran Kouymjian

Professeur de la Chaire d'études arméniennes Haig & Isabel Berberian, Université d'Etat de Californie, Fesno. Egalement directeur du Centre des études arméniennes Sarkis & Meline Kalfayan et coordinateur du Programme d'études arméniennes de l'Université d'Etat de Californie. Ph.D. d'études arméniennes de l'Université de Columbia (New-York). A enseigné aux Universités de Columbia, Berkeley, Paris III (INALCO), aux universités américaines de Beyrouth, du Caire et de Paris. A publié de nombreux ouvrages et articles sur l'histoire et les arts arméniens, notamment The Arts of Armenia (Fondation Calouste Gulbenkian, 1992) ; a édité : In Memoriam Ha•g Berberian (Fondation Calouste Gulbenkian, 1986). Participation à de nombreux colloques internationaux, plus particulièrement au Tribunal Permanent des Peuples sur le Génocide des Arméniens, en 1984.

La communication traite de la destruction et de la confiscation des établissements et des monuments arméniens, comme une continuation du génocide, de 1915 à 1923. Elle montre comment le gouvernement turc continue intentionnellement le processus génocidaire, en détruisant ou en permettant la destruction des monuments architecturaux arméniens, en effaçant toutes traces de la vie et de la civilisation arméniennes dans le berceau historique des Arméniens. La première partie de la communication présente une estimation historique des biens confisqués par le gouvernement ottoman et de leur valeur. Elle explique comment le droit international considère de telles situations. Aujourd'hui, la principale pression sur le gouvernement turc, pour l'obliger à protéger les monuments arméniens sur son territoire, devrait être exercée par le gouvernement arménien, directement et à travers les organisations dont l'Arménie est membre, telles les Nations Unies et l'UNESCO.

The paper deals with the destruction and confiscation of Armenian establishments and monuments, as a continuation of the genocide from 1915 to 1923. It shows how the Turkish government intentionally continued the genocide process by destroying or allowing the destruction of Armenian architectural monuments, which wiped out all traces of Armenian life and civilization in the historical cradle of Armenians. The first part of the paper presents a historical estimate of the possessions (including their value) confiscated by the Ottoman government and explains how international law views such situations. Today, in order to protect the Armenian monuments on Turkish territory, pressure should be exercised on the Turkish government, either directly or through organizations of which the Republic of Armenia is a member, such as the United Nations and UNESCO.