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La mémoire en République d'Arménie. Les contraintes de la politique.
Le tiers, peut-être la moitié de la population de la République d'Arménie descend des rescapés du génocide, arrivés par vagues successives, fuyant les massacres ou venus des divers pays d'accueil de la diaspora lors des diverses campagnes de "rapatriement" organisées par le pouvoir soviétique. Si la mémoire du génocide a pu être entretenue au sein des familles, au niveau de l'Etat, elle a été interdite ou "récupérée" au gré de l'évolution des relations de l'URSS avec la Turquie. Dans le contexte du dégel post-stalinien, la commémoration du cinquantenaire en 1965 a marqué un tournant que symbolise la construction d'un mémorial au cour de la capitale. Mais ce n'est que fin 1988, sous la pression du mouvement national et démocratique, que le 24 avril, date anniversaire du début des massacres, est devenu un jour férié. Depuis l'indépendance, l'exigence de reconnaissance internationale des événements de 1915 comme génocide et la transmission de leur mémoire, notamment dans les manuels scolaires, ont fait l'objet de débats, parallèlement aux discussions sur les conditions de normalisation des relations avec la Turquie. One third, probably half of the population of the Republic of Armenia are descended from survivors of the genocide, which arrived by successive waves. Some were fleeing the massacres, others were coming from various host countries benefiting from the various "repatriation" campaigns organized by the Soviet authorities. If the memory of the genocide has been maintained in these families, it has been forbidden or exploited at state level, depending on the relations between USSR and Turkey. In the context of the post-stalinist thaw, the commemoration of the fiftieth anniversary in 1965 marked a turning point, symbolized by the building of the memorial in the heart of the Armenian capital. However, it was only at the end of 1988 that, under pressure from the national and democratic movement, the 24th of April, anniversary date of the beginning of the massacres, became an official memorial day. Since independence, the demand for international recognition of the 1915 events as a genocide and the transmission of memory, particularly in school books, have been subject to debates, concurrent with debates on the conditions of normalization of relations with Turkey.
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