Les relations arméno-turques et les massacres de Cilicie de 1909

 

Aram ARKUN

Doctorant en histoire à l'Université de Californie, à Los Angeles (UCLA) : The Fall of the Eagles' Nest, The Fate of the Armenians of Hajin, Zeitun, Sis, and Marash, 1919-1920. Directeur adjoint de Krikor and Clara Zohrab Information Center, à New York, depuis 1990. Chargé de cours associé en Histoire à l'Université du Michigan, Ann Arbor. Auteur de divers articles dans des revues et ouvrages spécialisés.

Cette présentation examine les relations arméno-ottomanes de 1908 à 1910. La restauration en 1908 par les Jeunes-Turcs de la Constitution ottomane inaugura une période riche d'espoir quant à l'égalité, la sécurité et diverses réformes économiques et politiques pour les Arméniens en tant que citoyens ottomans. Mais dès le début, les divers groupes nationaux et religieux ottomans eurent des avis divergents sur plusieurs questions fondamentales, telles que la nature même de l'Etat et de l'identité ottomane. L'héritage de l'oppression hamidienne et les problèmes des provinces et de la corruption étaient des questions difficiles auxquelles les Arméniens étaient confrontés. Avant que les problèmes de cet ordre ne fussent résolus, les massacres de Cilicie de 1909 ébranlèrent nécessairement la confiance que les Arméniens mettaient en les constitutionnalistes ottomans. Cela devait être le premier pas sur la voie qui s'éloignait de l'ottomanisme et la réinternationalisation de la Question arménienne juste avant le génocide des Arméniens.

This paper examines Armenian-Ottoman relations from 1908-1910. The Young Turk restoration of the Ottoman constitution in 1908 inaugured a period of great hope for equity, security, and various economic and political reforms for Armenians as Ottoman citizens. From the beginning, however, many basic issues, like the very nature of the Ottoman state and identity, were understood differently by different Ottoman national and religious groups. The legacy of the Hamidian oppression, and issues of provincial lands and corruption were difficult questions necessary for the Armenians to be confronted. Before such issues were resolved, the 1909 Cilician massacres served to shake Armenian confidence in the Ottoman constitutionalists. This became the first major step in the road away from Ottomanism and the re-internationalization of the Armenian question immediately before the Armenian Genocide.