|
Prochaine visite en Turquie d'une délégation de patrons français du Medef (09.07.01) Une délégation de patrons français du Medef se rendra en visite en Turquie jeudi et vendredi pour une reprise de contacts après la brouille entraînée par la reconnaissance du génocide arménien par la France, a-t-on appris lundi de source diplomatique française. La délégation du Mouvement des Entreprises de France, dirigée par son président Ernest-Antoine Seillière, doit se rendre jeudi à Istanbul et vendredi à Ankara, où elle sera reçue par le Premier ministre turc Bulent Ecevit. A Istanbul, elle rencontrera ses homologues de l'organisation patronale turque Tusiad, a annoncé la Tusiad dans un communiqué lundi. Cette visite marque un retour des entreprises françaises en Turquie après des mois d'une brouille liée à la reconnaissance mi-janvier par l'Assemblée nationale française d'une loi reconnaissant comme un génocide les massacres d'Arméniens perpétrés sous l'Empire ottoman. Elle sera suivie peu après, fin juillet, d'une visite du chef de la diplomatie Hubert Védrine, pour sceller la réconciliation. Les entreprises françaises, en particulier dans le domaine de l'armement, ont été durement affectées par la colère turque qui avait suivi cette reconnaissance, la Turquie rejetant la qualification de génocide. Même si les experts ne donnent aucun chiffre sur les pertes subies, la brouille avait entraîné entre autre l'exclusion du groupe Alcatel d'un appel d'offres pour l'équipement d'un quatrième réseau de téléphonie mobile public turc, un contrat d'environ 360 millions de dollars. Alcatel avait également perdu un contrat préliminaire pour la fourniture d'un satellite espion. D'autres sociétés françaises ont également été écartées d'appels d'offre publics, alors que plusieurs organisations professionnelles turques prônaient un boycottage des produits portant le label français. Entre-temps, la Turquie a été frappée fin février par une grave crise financière qui a vu une dévaluation de la livre turque de près de la moitié de sa valeur face au dollar, et l'a poussée à appeler une nouvelle fois à la rescousse le Fonds monétaire international (FMI). Les patrons français plaident l'investissement malgré la crise (13.07.01) Une délégation de patrons français du Medef a plaidé vendredi la confiance pour la Turquie en crise et a appelé à investir dans ce pays, après avoir été reçue par le Premier ministre Bulent Ecevit. "Notre visite est un signal d'encouragement à investir dans le long terme dans ce pays en lequel nous avons confiance", a souligné lors d'une conférence de presse le président du Medef (Mouvement des Entreprises de France) Ernest-Antoine Seillière. "Les pays émergents ont par le passé connu des crises violentes (...) C'est peut-être même au moment des doutes qu'on peut avancer plus vite", a-t-il fait valoir, en rappelant que les entreprises françaises sont déjà les premières en terme d'investissement en Turquie. La visite de la délégation du Medef, représentant une cinquantaine de grandes entreprises françaises, est intervenue alors que la Turquie en crise connait de forts remous liés aux doutes sur la capacité du gouvernement à appliquer un programme de réformes conclu avec le Fonds monétaire international. Elle clôt également les turbulences dans les relations entre les deux pays après la reconnaissance par la France du génocide arménien mi-janvier. Les entreprises françaises, en particulier dans le domaine de l'armement, ont été durement affectées par la colère turque consécutive. Mais entre-temps, la Turquie a été frappée fin février par une grave crise financière qui a vu une dévaluation de la livre turque de près de la moitié de sa valeur face au dollar, et l'a poussée à appeler une nouvelle fois à la rescousse le FMI. La délégation du Medef a eu jeudi à Istanbul des entretiens avec des représentants de l'organisation patronale turque Tusiad et a rencontré vendredi à Ankara le ministre de l'Economie Kemal Dervis et M. Ecevit. La crise économique raccommode la Turquie et la France (13.07.01) Par Florence BIEDERMANN Une crise chasse l'autre: la visite en Turquie d'une délégation de patrons français, venue plaider la confiance pour une économie turque en grande difficulté, a relégué aux oubliettes la brouille sur le génocide arménien dont avaient pâti les entreprises françaises. La délégation du Medef, groupant une cinquantaine d'entreprises, a été reçue vendredi à Ankara par le Premier ministre Bulent Ecevit et a rencontré le ministre de l'Economie Kemal Dervis, qui tente de mettre la Turquie en crise sur la voie de réformes profondes. Cette visite "en ces temps difficiles est un signal d'encouragement à investir dans le long terme dans ce pays en lequel nous avons confiance", a déclaré lors d'une conférence de presse le président du Mouvement des Entreprises de France (Medef), Ernest-Antoine Seillière. "Les pays émergents ont par le passé connu des crises violentes (...) C'est peut-être même au moment des doutes qu'on peut avancer plus vite", a-t-il fait valoir, en pleine période de remous sur les marchés liés aux doutes sur la capacité du gouvernement turc à mener à bien les réformes. Le PDG du groupe automobile Renault, Louis Schweitzer, a martelé sa "confiance dans l'avenir de l'économie turque (...) à court, moyen et long terme", rappelant que les entreprises françaises sont déjà les premiers investisseurs en Turquie dans le cadre de partenariats. Le message a été reçu cinq sur cinq, et la France fait désormais figure d'amie dans les temps difficiles. "On nous a donné l'impression d'être particulièrement bienvenus", a souligné M. Seillière. "Les hommes d'affaires français ont remonté le moral de la Turquie en crise", soulignait le quotidien Hurriyet après la première étape de la délégation à Istanbul, jeudi, où elle a rencontré ses homologues de la Tusiad. Quelques mois auparavant, le même journal titrait : "Adieu France", et la presse dénonçait violemment un "coup de poignard dans le dos" après l'adoption mi-janvier d'une loi reconnaissant comme un génocide les massacres d'Arméniens perpétrés sous l'empire Ottoman. Cette loi avait déchaîné la colère de la Turquie, qui nie un génocide, et entraîné un boycottage des entreprises françaises, notamment dans le domaine de l'armement où elles semblaient devoir perdre toute chance de contrat. Le groupe Alcatel avait été exclu d'un appel d'offres pour l'équipement d'un quatrième réseau de téléphonie mobile public, un contrat d'environ 360 millions de dollars et avait perdu un contrat préliminaire pour la fourniture d'un satellite espion. Plusieurs autres sociétés françaises étaient écartées d'appels d'offre publics, ou soumises à des tracasseries administratives, et cible d'appels divers au boycottage des produits français. Entre-temps, la Turquie a été secouée fin février par une grave crise financière, marquée par une dévaluation de la livre turque de près de moitié face au dollar, qui l'a obligée à appeler à la rescousse les bailleurs de fonds internationaux. Mi-mai, Ankara renvoyait son ambassadeur à Paris après quatre mois de bouderie. Et les entreprises françaises rentrent en grâce: Alcatel a décroché ce mois-ci un contrat de 25 millions d'euros avec l'opérateur privé de téléphonie mobile Telsim, deuxième de Turquie, pour moderniser son infrastructure GSM. Le groupe bancaire français BNP Paribas a signé un accord d'exclusivité avec la holding FIBA pour étudier une prise de participation majoritaire dans Finansbank. "Les négociations sont en très bonne condition", a estimé M. Seillière. La visite patronale sera suivie le 26 juillet par celle du chef de la diplomatie française Hubert Védrine.
|