Le groupe de Minsk a franchi la "ligne de front" au Karabakh (19.05.01)

Les trois diplomates représentant le groupe de Minsk de l'OSCE sur le conflit arméno-azerbaïdjanais du Nagorny Karabakh ont visité samedi un camp de réfugiés azéris et franchi symboliquement la ligne séparant les territoires contrôlés par les deux forces en présence. Partis de Bakou dans un convoi de voitures, ils ont fait une première halte au camp de réfugiés d'Agdjabedi, où vivent quelque 35.000 personnes déplacées à la suite du conflit, selon les estimations azerbaïdjanaises. Ils ont ensuite gagné -- traversant à pied la ligne de séparation -- un no man's land qui est contrôlé par les forces armées de l'enclave rebelle appuyée par l'Arménie, mais qui n'est pas considéré comme faisant partie du Nagorny Karabakh. C'est la première fois que les soldats des deux parties se sont rencontrés pour assister au passage des trois diplomates représentant les pays co-présidant le groupe de Minsk, l'Américain Carry Cavenaugh, le Russe Nikolaï Gribkov et le Français Philippe de Suremain. "Nous espérons que, alors que la paix devient plus proche, ces routes seront ouvertes à l'assistance internationale", a déclaré M. Cavenaugh dans un bref discours. "Nous avons deux pays qui sont prêts à la paix", a-t-il ajouté. La délégation devait poursuivre sa route, escortée désormais par les soldats du Karabakh, jusqu'à la "capitale" de l'enclave rebelle, Stepanakert. C'est la première fois que les médiateurs étrangers s'y rendent depuis le cessez-le-feu instauré en 1994. Ils doivent gagner Erevan dimanche.

Un sommet-clé sur le conflit du Nagorny Karabakh est prévu le mois prochain à Genève. Situé en territoire azerbaïdjanais, mais peuplé majoritairement d'Arméniens le Nagorny Karabakh a proclamé son indépendance en 1991 avec le soutien d'Erevan qui l'a défendu par une guerre de trois ans, faisant près de 30.000 morts.