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Lors d'une conférence de presse, l'ancien ministre turc des Affaires Etrangères Ismail Cem s'est présenté en hérault d'une Turquie "rénovée" et résolument européenne, en lançant un nouveau parti politique social-démocrate. Au lendemain de sa démission du gouvernement il a expliqué avoir pris avec l'ancien vice-Premier ministre Husamettin Ozkan et l'actuel ministre de l'Economie Kemal Dervis la décision de former un "nouveau mouvement", appuyé par les nombreux députés ayant quitté le Parti de la Gauche Démocratique (DSP) du Premier ministre, pour sortir la Turquie de la crise et progresser vers l'intégration à l'Union Européenne. Depuis lundi, le gouvernement de Bulent Ecevit a perdu 7 ministres, la démission présentée jeudi 11 juillet par le ministre de l'Economie Kemal Dervis étant rattrapée de justesse grâce à l'intervention du Président de la République Ahmet Necdet Sezer. La principale raison pour laquelle la révolte est née dans les rangs du DSP est l'inaction du gouvernement, dirigé par un Premier ministre malade, en matière de réformes pro-européennes, à quelques mois d'un sommet crucial de l'UE. A la tête de la diplomatie turque depuis 5 ans, une durée record dans ce pays gouverné par de brèves coalitions, Ismail Cem s'est taillé une réputation de partenaire privilégié et apprécié des chancelleries européennes. Il avait notamment obtenu au sommet européen d'Helsinki en décembre 1999 que la Turquie obtienne le statut de candidat à l'intégration de l'Union. Mais depuis, les réformes piétinent sur les questions des Droits de l'Homme et de l'octroi de plus de droits culturels pour les Kurdes. "Etre membre à part entière de l'Europe s'inscrit dans le processus historique de développement de la Turquie. Un aspect très important du programme de notre parti sera d'obtenir que la Turquie devienne membre de l'Union Européenne et d'effectuer les réformes économiques et politiques nécessaires pour cela", a encore dit M. Cem. L'ancien diplomate n'a pas fait mystère de son ambition de gouverner un jour la Turquie, à la place de l'actuel Premier ministre M. Ecevit, alité et éloigné de son bureau depuis plus de deux mois. L'annonce mercredi d'une probable alliance politique entre MM. Cem, Ozkan et Dervis a reçu un accueil très favorable de la part des milieux économiques et des commentateurs, qui appellaient depuis longtemps M. Ecevit à passer la main et à des élections anticipées. Ce dernier, dans des déclarations à la chaîne privée turque NTV, s'est dit opposé vendredi à des élections anticipées. Il a également reconnu qu'il pourrait être forcé à démissionner au cas où son gouvernement de coalition perdrait la majorité au parlement, en raison de la rébellion massive des députés de son parti. La démission d'Ismail Cem a probablement porté un coup fatal au gouvernement de M. Ecevit, qui n'a d'ailleurs pas encore remplacé son ministre des Affaires Etrangères. Enfonçant le clou sans s'en prendre à la personne de M. Ecevit, qu'il a remercié pour leur longue coopération, Ismail Cem a estimé que le gouvernement était devenu incapable de prendre les mesures dont la Turquie a besoin, et que le DSP était victime de sa "mauvaise direction".
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