Le Ministre turc des Affaires Etrangères Ismael Cem démissionne
11/07/2002

Le ministre turc des Affaires étrangères Ismail Cem a démissionné de son poste et a quitté le parti de la Gauche démocratique (DSP) du Premier ministre Bulent Ecevit, au bord de l'effondrement, a-t-il dit dans une déclaration écrite envoyée à l'agence semi-officielle turque Anatolie.

"J'ai démissionné de mon poste au gouvernement et du DSP", annonce M. Cem, soulignant qu'il en expliquerait les motifs et ses plans pour l'avenir lors d'une conférence de presse vendredi. Le départ du gouvernement de M. Cem, homme politique respecté, devrait porter un coup fatal au gouvernement en crise de M. Ecevit qui est confronté à la fronde de ses députés, déclenchée lundi par la démission de son ex-bras droit, l'ancien vice-Premier ministre Husamettin Ozkan.

M. Cem, 62 ans, était à la tête du ministère des Affaires étrangères depuis 1997. M. Ecevit, 77 ans, absent de la vie politique depuis plus de deux mois à cause de sa mauvaise santé, est acculé à la démission face à l'érosion de son parti, abandonné par 37 députés, dont sept ministres, depuis lundi. M. Cem peut entraîner avec lui plusieurs autres députés qui lui sont fidèles et compromettre la majorité du gouvernement au parlement, soulignaient jeudi matin les éditorialistes de la presse turque.

Le départ attendu de M. Cem, diplomate avisé, devrait réduire la crédibilité de la Turquie à l'étranger au moment où elle oeuvre en vue d'obtenir d'ici décembre une date de l'Union européenne (UE) pour l'ouverture des négociations d'adhésion. M. Cem est perçu par les observateurs comme le futur chef d'un nouveau parti politique qui serait créé par les démissionnaires du DSP, avec M. Ozkan, mais aussi avec le ralliement, à terme, du ministre de l'Economie Kemal Dervis.

Le nouveau parti, dont la tendance sera de centre-gauche, sera résolument pro-occidental et déterminé à respecter le programme de redressement économique conclu avec le Fonds monétaire International (FMI) pour sortir la Turquie de la grave crise économique qu'elle traverse depuis février 2001, selon les médias. Il visera à faire passer au parlement les réformes démocratiques nécessaires pour intégrer la Turquie à l'UE, bloquées par les ultranationalistes du gouvernement de M. Ecevit et à l'origine en partie de la crise actuelle.