La Turquie annule un contrat d'armement avec Thalès
27/01

La Turquie a décidé de rompre définitivement les négociations suspendues l'an dernier après la reconnaissance par la France du génocide arménien avec le groupe d'électronique Thalès pour l'installation de systèmes de navigation modernes de ses F-16, rapporte dimanche la chaîne d'information NTV.
Le projet qui traîne depuis des années a été finalement confié à la société publique turque Aselsan qui doit fusionner dans les semaines prochaines avec une autre compagnie publique, Mikes, indique la chaîne.
Ankara avait annoncé en janvier 2001 la suspension des négociations de ce projet d'un montant de 200 millions de dollars avec Thalès (ex-Thomson-CSF (Paris: 12132.PA - actualité) ) qui s'était associé à Aselsan. Le projet porte sur des mesures de guerre électronique, comme la protection antimissile des systèmes, de 80 F-16 fabriqués en Turquie.
La décision a été prise conjointement par l'armée de l'air et l'état-major des armées et sera notifiée dans les jours prochains au Premier ministre Bulent Ecevit, indiqué NTV.
Le chef d'état-major turc, le général Huseyin Kivrikoglu, avait pourtant souligné vendredi la nécessité de relancer la coopération en matière de défense en recevant le ministre français de la Défense, Alain Richard, qui a effectué une courte visite pour tenter de dégeler les relations.
Rompant l'embargo officieux, Ankara a ouvert en décembre dernier des discussions avec Thalès-Avionics pour l'équipement de 9 avions de patrouille maritime CN-325 CASA, suivis de 10 autres ultérieurement, pour un montant d'environ 350 millions de dollars.

L'adoption par le parlement français en janvier 2001 d'une loi reconnaissant comme un génocide les massacres d'Arméniens perpétrés sous l'empire Ottoman en 1915 avait déclenché la fureur de la Turquie, qui avait gelé les relations bilatérales et les contrats d'armement avec la France.