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Le ministre turc de la Défense prend à partie Paris et l'Union Européenne par Elif Unal (10.02.01) Le ministre turc de la Défense, Sabahattin Cakmakoglu, a pris à partie l'Europe et la France sur deux sujets à l'origine de tensions entre Ankara et l'Union européenne - le projet de défense européenne et le génocide des Arméniens de l'empire ottoman en 1915. "Au cas où nos amis douteraient de notre sérieux, ils commettraient une erreur", a déclaré le ministre. Il faisait allusion aux menaces de la Turquie d'user de son droit de veto au sein de l'Otan pour empêcher l'UE d'utiliser les bases militaires de l'Alliance atlantique situées sur le territoire turc en cas de rejet des revendications turques. Ankara, qui est membre de l'Otan et est candidat à l'UE, insiste pour disposer d'une voix accrue dans le processus de décision. Les Turcs souhaitent ainsi vivement participer aux mécanismes de prise de décisions d'une future force européenne de réaction rapide - ce à quoi s'opposent pour le moment les Quinze en faisant valoir qu'Ankara n'est toujours pas membre à part entière de l'UE. En décembre, les Turcs avaient bloqué un accord préliminaire entre l'UE et l'Otan tout en maintenant une position de fermeté malgré de fortes pressions de son allié américain. Pour enfoncer le clou à l'égard de la France, membre de l'Alliance atlantique et qui vient de se singulariser en reconnaissant officiellement le génocide arménien, le ministre turc de la Défense a annoncé que son gouvernement envisageait d'exclure les entreprises françaises de 13 offres d'appel concernant des contrats militaires d'une valeur de 11 milliards de dollars. La Turquie répète à l'envi que la reconnaissance du génocide arménien par Paris risque de porter atteinte à ses relations avec la France. "En cas d'égalité des offres entre une société française et une autre en matière de performances, nous ne choisirons pas évidemment la France", a stipulé le ministre de la Défense. S'agissant du projet de défense européenne, la Turquie craint qu'elle puisse être utilisée contre les intérêts d'Ankara, notamment dans des opérations avec la Grèce, membre de l'Otan et de l'UE, et Chypre au cas où Ankara n'aurait pas son mot à dire dans le processus décisionnaire. Plusieurs autres Parlement de pays européens envisagent à leur tour de reconnaître le génocide arménien, et le Parlement européen a lui-même adopté une résolution à caractère non-contraignant sur ce sujet explosif.
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