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Moscou s'oppose au déploiement de
troupes US en Géorgie
27/02
Le projet des Etats-Unis d'envoyer des soldats d'élite en Géorgie
pour aider l'armée de cette ancienne république soviétique
à mieux lutter contre le terrorisme pourrait porter un sérieux
coup au réchauffement des relations entre Moscou et Washington.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov,
a déclaré que ce projet ne pourrait qu'aggraver les tensions
dans la région, où "la situation est déjà
suffisamment difficile comme cela", ajoutant "c'est notre position
et Washington la connaît parfaitement". Les Etats-Unis considèrent
que des combattants d'Al Qaïda, le réseau islamiste d'Oussama
ben Laden pourraient avoir trouvé refuge dans la vallée
de Pankissi, à la frontière entre la Géorgie et la
province séparatiste russe de Tchétchénie.
Moscou préserve sa sphère d'influence
L'envoi par les Etats-Unis de troupes d'élite en Géorgie
constituerait toutefois le premier déploiement de soldats américains
dans un pays limitrophe de la Russie. Les milieux de la défense
russe s'inquiètent de la présence de troupes américaines
dans la sphère d'influence traditionnelle de Moscou. Certes, Vladimir
Poutine avait autorisé l'usage par les Etats-Unis de bases aériennes
en Ouzbékistan, au Tadjikistan et en Kirghizie pour leur campagne
de bombardements contre l'Afghanistan. Mais, la semaine dernière,
le chef d'état-major de l'armée russe, le général
Anatoli Kvachine, s'était vivement opposé à une intervention
américaine en Géorgie. Moscou a toutefois pris soin de souligner
que le projet de Washington confirmait sa conviction que la Géorgie
était l'un des foyer du terrorisme international. Pour Moscou,
la Géorgie est l'une des bases arrière des séparatistes
tchétchènes qui seraient liés au réseau Al
Qaïda.
Tbilissi temporise
Tbilissi a cherché à temporiser mercredi, indiquant ne pas
envisager d'opérations conjointes de lutte contre le terrorisme
avec Washington. "A ce stade, aucune opération conjointe de
lutte contre le terrorisme n'est envisagée avec les Etats-Unis",
a déclaré Mirian Kiknadze, porte-parole du ministère
géorgien de la défense. Kiknadze a précisé
qu'il n'avait pas connaissance de l'arrivée de nouveaux soldats
américains en Géorgie, en dehors de ceux qui y sont basés
depuis quelques temps déjà. "Il est possible qu'un
groupe d'experts puissent venir pour entraîner notre force d'intervention
rapide affectée à la protection de sites stratégiques
comme les oléoducs" a-t-il toutefois ajouté, rappelant
que Washington s'était engagé à réaliser cette
formation. Kiknadze a précisé que cinq officiers américains
étaient arrivés a Tbilissi en provenance de Bakou dans le
cadre d'un accord de coopération entre la Géorgie, l'Azerbaïdjan
et l'Arménie. Ils devraient quitter le pays mercredi pour se rendre
à Erevan a-t-il précisé. La Géorgie, qui occupe
une position clé pour le contrôle du transit du pétrole
entre la mer Caspienne et la mer Noire, s'est rapprochée des Etats-Unis
après l'effondrement de l'empire soviétique, en 1991. Le
Pentagone a d'ores et déjà fourni au gouvernement géorgien
dix hélicoptères de combat Huey UH-A1H. Le secrétaire
d'Etat américain à la Défense Donald Rumsfeld s'est
rendu en Géorgie en décembre dernier où le président
Edouard Chevardnadze lui avait demandé d'aider son pays en matière
de lutte contre les guérillas musulmanes et de modernisation de
l'armée.
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