• L'Azerbaïdjan critique la reconnaissance du génocide arménien par Paris (13.02.01). Le président azéri Heydar Aliev a critiqué la France pour sa reconnaissance du génocide arménien par la Turquie, dans le journal officiel azéri Azerbaïdjan de mardi. "La France n'a pas le droit de s'immiscer dans les affaires intérieures turques", a déclaré le président azéri. Le parlement français a adopté en janvier dernier une loi reconnaissant le génocide arménien de 1915, qui a provoqué la colère d'Ankara, mais aussi de responsables du monde turcophone. "L'Azerbaïdjan proteste contre cette décision de la France", a déclaré M. Aliev en estimant que Paris, "comprend que cela ne lui a rien amené et qu'il a fait une erreur". Des manifestants font le siège de l'ambassade de France dans la capitale azérie depuis trois semaines, et brûlent à l'occasion des drapeaux français. Ces manifestations sont tolérées par le pouvoir, compte tenu du contrôle sévère qu'exerce habituellement le régime azéri sur ses citoyens. Les relations de l'Azerbaïdjan avec l'Arménie restent tendues depuis le conflit du Nagorny-Karabakh, qui a vu les deux pays s'affronter pour cette enclave à majorité arménienne en territoire azéri, conquise par Erevan.
  • L'Azerbaidjan proteste également (19.01.01). Le président azerbaïdjanais Heydar Aliev, dont le pays est en conflit avec l'Arménie sur la question du Nagorny-Karabakh, a protesté contre la reconnaissance par le Parlement français du génocide arménien dans une intervention télévisée. "Nous nous sommes toujours prononcés contre les décisions injustes et les insinuations selon lesquelles la Turquie aurait commis un génocide contre les Arméniens , a déclaré le président. "Aujourd'hui, de nouveau, nous protestons. Nous sommes du côté de la Turquie. Une pierre jetée contre la Turquie nous atteint également", a-t-il ajouté.
  • Le président azerbaïdjanais a fait ces déclarations à quelques jours d'une visite en France où il doit se rendre à l'occasion de l'entrée de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan au Conseil de l'Europe le 25 janvier.
  • A l'Elysée, suite à l'entrée de l'Azerbaïdjan au Conseil de l'Europe (29.01.01). A l'issue d'un entretien suivi d'un déjeuner à l'Elysée avec le président azerbaïdjanais Heydar Aliev, le chef de l'Etat a déclaré avoir "pris bonne note" de l'émotion que ce vote avait suscitée en Azerbaïdjan mais assuré que l'amitié entre Paris et Bakou n'en serait pas affectée. "Le président m'a fait part de son émotion à la suite du vote du Parlement français et il m'a fait part de la ferme critique du peuple d'Azerbaïdjan. J'ai parfaitement compris cette critique et j'en ai pris bonne note", a dit Jacques Chirac. "Mais, a-t-il ajouté devant la presse dans la cour d'honneur de l'Elysée, ce n'est quand même pas de nature à ébranler l'amitié entre l'Azerbaïdjan et la France." M. Aliev n'a rien voulu ajouter sur cette question mais il a insisté sur l'amitié entre la France et l'Azerbaïdjan, se déclarant "heureux d'avoir un ami en la personne de M. Jacques Chirac".
  • Selon une source informée turque, Ankara aurait souhaité qu'après le vote du Parlement français sur le génocide arménien Bakou demande à la France de se retirer du groupe de Minsk constitué par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour aider au règlement du conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sur le Haut Karabakh. Le président azerbaïdjanais a au contraire souligné "l'importance" qu'avait la France pour son pays, en tant que co-président du groupe de Minsk, aux côtés des Etats-Unis et de la Russie. "La France souhaite apporter toute sa contribution à une solution pacifique mais la France est très attentive à ce que cette solution soit équilibrée, c'est-à-dire acceptable par les deux parties", a commenté le président français.
  • Jacques Chirac avait déjà déclaré en juin 2000, à l'issue d'un entretien avec son homologue arménien qu'il avait compris les arméniens dans leurs actions pour la reconnaissance du génocide arménien, six mois plus tard, il comprend les azéris qui pensent l'inverse.