Les diasporas de l'ex-URSS dénoncent la montée de la xénophobie en Russie
07/05

Des représentants des diasporas de l'ex-URSS - géorgien, arménien tadjik - ont dénoncé la montée de la xénophobie en Russie à la veille des célébrations marquant la fin de la IIe guerre mondiale, estimant qu'"une nouvelle victoire contre le fascisme était nécessaire en Russie". La victoire contre l'Allemagne nazie a coûté cher "mais aujourd'hui nous voyons les mêmes croix gammées dans les rues et ce sont les mêmes livres racistes qui sont en vente à Moscou", a souligné Achot Aïrapetian, un Arménien directeur du "Centre de coopération interethnique". Il a affirmé lors d'une conférence de presse que le "Mein Kampf" d'Adolf Hitler était vendu dans le centre de Moscou, place de la Loubianka, où se trouve le siège des services de sécurité (FSB, ex-KGB). La deuxième guerre mondiale a fait officiellement plus de 20
millions de morts en URSS et les "peuples frères" comme les Géorgiens ou les Arméniens ont payé un lourd tribut lors de ce conflit, a-t-il rappelé alors que la Russie se prépare à fêter la Victoire.

David Beritachvili, un représentant de la communauté géorgienne, a pour sa part dénoncé le manque de réactions des autorités russes face à la montée du racisme. "Personne ne s'attaque à ce problème, ni les autorités, ni le capital privé", a-t-il regretté. Il a remarqué que les skinheads étaient plus sévèrement punis en Allemagne qu'en Russie et s'est félicité que la France compte "une société civile composée de 82,21 % de citoyens" dans une allusion au score de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen.
Au moment de l'éclatement de l'URSS, la Russie accueillait 20 à 30 millions de personnes originaires des autres républiques soviétiques. Ce chiffre a cependant nettement augmenté après les conflits qui ont éclaté dans les ex-républiques soviétiques, notamment en Géorgie avec l'Abkhazie et au Tadjikistan avec la guerre civile.