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- Un projet de loi rejetant "le génocide arménien
adopté en commission (20.02.01). La commission parlementaire
turque des affaires étrangères a adopté mardi 20 février un projet de
loi rejetant les accusations de "génocide arménien sous l'Empire ottoman,
mais sans accuser la France de génocide. Le projet de "loi contre les
allégations et accusations internationales", condamne notamment diverses
exactions de la France, en riposte à sa reconnaissance du génocide arménien
qui a provoqué la colère d'Ankara, selon le texte diffusé par l'agence
Anatolie.
Le premier des six articles rejette "les allégations de génocide
arménien qui n'ont pas été vérifiées et rejetées par l'histoire". Le
deuxième "condamne" la France et d'autres puissances mondiales pour
avoir "utilisé dans leurs rangs des Arméniens et les avoir "incités"
à la rébellion contre l'Empire ottoman lors de la Première Guerre mondiale.
La France, qui avait occupé Maras (sud de l'Anatolie) et ses environs
entre la fin de la Première Guerre mondiale et la création de la République
turque en 1923, avait enrôlé plusieurs milliers de volontaires arméniens
Un autre article dénonce la responsabilité morale de l'Europe, dont
la France, dans le "génocide" des musulmans en Bosnie et les massacres
au Nagorny-Karabakh, territoire azerbaïdjanais à majorité arménienne
disputé entre Erevan et Bakou, allié de la Turquie. Enfin, le projet
proclame que l'"Histoire, qui appartient à l'Humanité toute entière,
ne peut être altérée par des décisions politiques". Il doit être adopté
en assemblée plénière par les députés turcs et ratifié par le président
pour avoir force de loi. Un premier projet initialement déposé par des
députés du parti islamiste de la Vertu (Fazilet) stipulait que la Turquie
"reconnaît publiquement le génocide des Algériens par la France". Un
autre émanant du député d'Istanbul du parti de la Mère Patrie (ANAP,
centre-droit) Bulent Akarcali stipulait que la Turquie "reconnaît et
condamne le génocide des Algériens par la France entre 1954 et 1962,
les massacres en Indochine et sa contribution au génocide au Rwanda".
- Le parlement turc peaufine un projet de loi sur
divers massacres français (15.02.01). Le président de la
commission des affaires étrangères du parlement turc a été chargé jeudi
de mettre au point un projet de loi condamnant diverses exactions de
la France, en riposte à sa reconnaissance du génocide arménien sous
l'Empire Ottoman, a constaté une correspondante de l'AFP. Les membres
de la commission n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur quatre textes
présentés par divers groupes, et ont confié à Kamran Inan la charge
de les unifier. Un premier projet de loi déposé par des députés du parti
islamiste de la Vertu (Fazilet) stipulait que la Turquie "reconnaît
publiquement le génocide des Algériens par la France". Un autre émanant
du député d'Istanbul du parti de la Mère Patrie (ANAP, centre-droit)
Bulent Akarcali élargissait le champ en stipulant que la Turquie "reconnaît
et condamne le génocide des Algériens par la France entre 1954 et 1962,
les massacres en Indochine et sa contribution au génocide au Rwanda".
Mais plusieurs membres de la commission ont fait valoir la nécessité
d'évoquer le "génocide", selon certains, commis par la France, appuyée
par des volontaires arméniens lorsqu'elle occupait la région de Maras
(sud de l'Anatolie), entre la fin de la Première Guerre mondiale et
la création de la République turque en 1923. Les députés ont convenu
que la loi aurait trois articles, sans en fixer définitivement les termes:
l'un sur les massacres perpétrés par les Français en Anatolie, un autre
sur les massacres perpétrés par la France en Indochine et en Algérie
ainsi que sur sa complicité dans le génocide au Rwanda. Enfin, un 3ème
article doit dénoncer la responsabilité morale de "génocide religieux"
de l'Europe dans les massacres en Bosnie et au Nagorny-Karabakh, territoire
azerbaïdjanais à majorité arménienne disputé entre Erevan et Bakou,
allié de la Turquie. La commission discutera du texte la semaine prochaine.
- La police turque déjoue une attaque contre le consulat
de France à Istanbul (05.02.01). La police turque a interpellé
un homme qui s'apprêtait à jeter des grenades sur le consulat de France
à Istanbul pour apparemment protester contre la reconnaissance par le
Parlement français du génocide arménien, rapporte l'agence Anatolia.
Selon Anatolia, l'homme, qui était en possession d'un pistolet et de
trois grenades, a couru en direction du consulat dans la nuit de dimanche
à lundi mais été maîtrisé par les policiers en faction devant la représentation
diplomatique française. Celui-ci serait membre d'un mouvement de jeunesse
islamiste, la Fondation de la jeunesse nationale. Un responsable du
consulat qui a requis l'anonymat a confirmé que l'homme avait tiré plusieurs
coups de feu contre le consulat dans la samedi à dimanche. Il a précisé
qu'il y avait deux ou trois impacts de balles sur l'une des fenêtres
du consulat.
- L'assaillant a été identifié comme s'appelant Fevzi Ozcelik. L'homme
n'a pas d'antécédent judiciaire particulier et a commis ce geste sous
l'emprise de l'alcool. Il est interrogé par les policiers chargés d'enquêteurs
sur les extrémistes musulmans. Une perquisition a été effectuée à son
domicile et a découvert des dessins du bâtiment abritant le consultat
de France. La surveillance policière a été renforcée autour des immeubles
abritant des intérêts français depuis la reconnaissance du génocide
arménien de 1915 par la France. Ces dernières semaines, l'Ambassade
de France à Ankara et le Consulat général de France à Istanbul, ainsi
que dans une moindre mesure le consulat d'Izmir, ont été le théâtre
de nombreuses manifestations d'animosité à l'égard de la France.
- Des manifestations massives en Turquie (03.02.01).
Un millier de personnes ont manifesté samedi 3 février
à Van, aux cris de ''La France, n'use pas notre patience!''. C'était
la plus grande manifestation anti-française à ce jour depuis la reconnaissance
du génocide par Paris.
- La municipalité d'Ankara prendes mesures symboliques
contre la France (31.01.01). La municipalité d'Ankara envisage
d'ériger un monument à la mémoire des victimes algériennes de la France
et de débaptiser des rues portant des noms français. Aux termes des
propositions soumises au conseil municipal de la ville par le maire
Melih Gokcek, un mémorial aux victimes de la guerre d'Algérie serait
érigé à proximité de l'ambassade de France pour "entretenir le souvenir
du massacre des Algériens", explique un responsable municipal. "Il ne
s'agit pas d'un quelconque concours. Nous prenons acte de quelque chose
qui s'est réellement passé, alors que les Français ont reconnu un événement
qui n'a jamais eu lieu", précise-t-il, faisant allusion à la version
turque des tueries de 1915.
- Le maire d'Ankara envisage en outre de débaptiser trois artères de
la ville portant les noms de Paris, De Gaulle et Strasbourg.
- La Turquie, indisposée suite à la parution
de la loi au Journal officiel (30.01.01)Les autorités turques
ont décidé de réagir en prenant des sanctions économiques. Le Premier
ministre Bulent Ecevit a ainsi affirmé que son pays allait réviser ses
relations économiques et politiques avec la France, estimant que l'adoption
de cette loi le 18 janvier par le Parlement français, était ''une grande
déception''.
- Appel au boycott des vins et fromages français
(25.01.01). Le ministre turc de l'Agriculture Husnu Yusuf
Gokalp a menacé de fermer la Turquie aux vins et fromages français,
ainsi qu'à des vaccins vétérinaires. "Nous n'importons pas beaucoup
de produits français, mais nous tâcherons de nous fournir ailleurs pour
ce qui est des vaccins vétérinaires, a dit M. Gokalp, cité jeudi par
le quotidien Radikal. En réponse à la question d'un journaliste lui
demandant ce qu'il adviendrait des "fameux vins et fromages français",
M. Gokalp a répondu: "Et bien ils trouveront d'autres marchés dorénavant".
- La Turquie se prépare a reconnaître le "génocide
algérien" de la France (24.01.01). Un député membre de la
coalition gouvernementale turque a déposé au parlement un projet de
loi reconnaissant le "génocide" commis par la France en Algérie, ses
massacres en Indochine et sa complicité de génocide au Rwanda. Le projet
de Bulent Akarcali, député du parti de la Mère Patrie (ANAP, centre-droit),
stipule que la Turquie "reconnaît et condamne le génocide des Algériens
par la France entre 1954 et 1962, les massacres en Indochine et sa contribution
au génocide au Rwanda". M. Akarcali a expliqué le dépôt d'un tel projet
par une volonté "d'aider le parlement et le sénat français qui sont
incapables de se confronter à leur passé".
- Accompagné d'autres députés turcs, il était à Paris avant le vote
le 18 janvier au parlement français, dans le but d'expliquer la position
turque.
- Mardi 23 janvier, 42 députés du parti islamiste de la Vertu, principale
formation d'opposition qui compte 102 députés sur 550, ont également
déposé au parlement un projet de loi stipulant que la Turquie "reconnaît
publiquement le génocide des Algériens par la France".
- Les anciens combattants turcs demandent à
leur tour des représailles (23.01.01). La Fondation
des anciens combattants de la Guerre d'Indépendance turque (1919-1922)
a appelé à débaptiser les avenues de France et Charles de Gaulle à Ankara
en représailles à la reconnaissance du génocide arménien par la France.
- Poursuivant le flot ininterrompu des protestations devant la chancellerie
française à Ankara, les "Gazis" ont suggéré de rebaptiser ces artères
avenue d'Algérie, en référence à l'ancienne colonie française, et avenue
Habib Bourguiba, du nom de l'ancien président tunisien héros de la guerre
d'indépendance, selon un porte-parole de l'ambassade. "Le masque brillant
de la culture française est tombé, mettant au jour la haine, l'ambition
et l'agression française", indique un communiqué de la Fondation.
- La TV turque rompt avec Canal France International
(22.01.01). La télévision publique turque TRT a annoncé qu'elle
rompait sa coopération avec Canal France International (CFI), "La TRT
a décidé d'annuler à partir du 17 avril 2001 le protocole avec CFI"
aux termes duquel les deux organismes échangent des programmes de télévision,
a indiqué la TRT dans un communiqué. La banque de programmes français
Canal France International (CFI) est présente dans 19 pays d'Europe
centrale et orientale, et partenaire d'une trentaine de chaînes de télévision
de la région.
- Réactions au vote de l'Assemblée Nationale en Turquie
(22.01.01). Le Conseil national de sécurité (CNS) turque,
(composé des cinq chefs de l'armée et d'autant de membres du gouvernement,
et présidé par le chef de l'Etat) a annoncé à l'issue de sa réunion
mensuelle lundi 22 janvier, que la reconnaissance par le parlement français
du génocide arménien de 1915, sous l'Empire ottoman, va "sérieusement"
nuire aux relations franco-turques. "Le Conseil accueille avec consternation
la loi adoptée jeudi dernier au parlement français", précise un communiqué
publié au terme de la réunion mensuelle du Conseil, qui regroupe les
plus hauts responsables civils et militaires turcs. "La loi va sérieusement
nuire aux liens turco-français et aura une répercussion défavorable
sur la paix et la stabilité régionales", ajoute le communiqué, faisant
valoir que ce vote ne contribuerait pas à la détente dans le Caucase
et avec l'Arménie voisine.
- Le Premier ministre Bulent Ecevit a indiqué samedi 20 janvier que
la Turquie préparait une série de sanctions contre la France qui ne
soient pas dommageables à l'économie turque. Des contrats d'armements,
à l'état d'appels d'offres ou déjà signés, pourraient souffrir de la
colère d'Ankara, estiment les analystes.
- Dimanche 21 janvier, des manifestants ont déposé une couronne mortuaire
devant l'ambassade de France à Ankara, brûlé un drapeau français
et lancé des oeufs sur le bâtiment. Les appels à ne plus consommer
français ont encore été lancés par des dizaines de chambres de commerce
et d'industrie, d'organisations socio-professionnelles et de syndicats.
Ainsi, la grande halle aux primeurs d'Istanbul a annoncé samedi 20 janvier
qu'elle arrêtait toute importation de fruits et légumes français, et
distribuerait aux pauvres les restes de ses stocks de pommes françaises.
- Lundi 22 janvier, c'était au tour d'une quarantaine de manifestants
de deux associations, celle des maires de quartiers (mokhtar) et celle
des Nomades et Turkmènes de manifester et de déposer deux gerbes noires
devant l'entrée de la chancellerie française.
- Dans un tout autre domaine, des sanctions sont également envisagées
: des programmes de partenariat culturel et pédagogique sont également
menacés, à la suite de l'annonce vendredi par l'Université d'Istanbul
du gel de ses échanges avec des établissements français et de l'annulation
d'une visite d'universitaires français. Dans son édition de dimanche21
janvier, le journal Hurriyet a rapporté que les universités de Kocaeli
et d'Uludag (ouest) avaient pris la même décision, alors que l'université
Baskent d'Ankara décidait de mettre un terme à son enseignement du français.
- Dans le domaine de la défense, une réunion prévue la semaine prochaine
entre militaires turcs et français, préparatoire à d'éventuelles manoeuvres
communes, a également été annulée.
- L'ancienne Premier Ministre Tansu Ciller écrit
à Jacques Chirac (21.01.01). L'ancienne
Premier Ministre Tansu Ciller a écrit au président français Jacques
Chirac pour qu'il prenne "toutes les dispositions pour s'opposer et
faire arrêter" la loi reconnaissant le génocide arménien rapporte l'agence
Anatolie. Mme Ciller, actuellement chef du Parti de la Juste Voie (opposition
parlementaire), explique dans son message que "cette décision a profondément
peiné le peuple turc". "Je veux croire que votre engagement personnel
permettra qu'il soit mis fin à ce geste inamical et injuste dirigé contre
mon pays", écrit Mme Ciller, en souhaitant que "les relations d'amitié
entre les deux pays aillent encore plus loin".
- Rassemblement anti-français devant le consulat
de France à Istanbul (20.01.01). Une
cinquantaine de manifestants s'est rassemblée devant le consulat général
de France. Les protestataires brandissaient des photos de Mustafa Kemal
Ataturk, fondateur en 1923 de la République turque, ainsi que des drapeaux
nationaux. Les manifestants reclamaient de la Turquie le retrait de
sa candidature à l'Union européenne. Il semble "impossible aux pays
occidentaux de renoncer à leurs lâches visées" envers la Turquie, a
déclaré le président de la chambre des pharmaciens, Erkan Onsel, devant
les représentants d'organisations professionnelles. Selon M. Onsel,
le vote émis jeudi par le Parlement français équivaut à "la réactivation
du traité de Sèvres", qui prévoyait en 1921 le démantèlement de l'Empire
Ottoman au profit des puissances occidentales. "Nous ferons comme Mustafa
Kemal: nous dresserons contre Sèvres le drapeau de l'indépendance",
a-t-il déclaré.
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Manifestations turques contre
le vote du 18 janvier 2001 (photo AFP)
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- Prise de position du Premier ministre Bulent Ecevit
(20.01.01). Le Premier Ministre turc Bulent Ecevit a déclaré
que son gouvernement préparait contre Paris des sanctions qui ne porteront
pas tort à l'économie de la Turquie. "Nous préparons un plan peu douloureux
pour nous, bien entendu", a dit le Premier Ministre en réponse aux questions
de journalistes, samedi à Ankara. "Cela veut dire que dans quelques
jours nous annoncerons les résultats de notre travail pour définir des
sanctions contre la France qui ne soient pas dommageables à l'économie
de la Turquie".
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Bulent Ecevit, Premier ministre
turc le 18 janvier 2001 lors d'une conférence de presse
concernant la reconnaissance du génocide par la France
(photo AFP)
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Manifestations ininterrompues devant l'Ambassade de
France à Ankara (19.01.01). Depuis le 18 janvier l'ambassade
est chaque jour le théâtre de manifestations des groupes les plus divers,
dénonçant l'attitude de la France et appelant généralement au boycott
ses produits en représailles. Quelques 150 manifestants des associations
d'anciens officiers et sous-officiers, des orphelins de militaires et
d'anciens combattants ont condamné "une décision contre le peuple turc
prise pour des intérêts de second ordre" et appelé les organisations non
gouvernementales françaises à "empêcher cette loi", en lisant un communiqué
devant la porte, a rapporté un porte-parole de l'ambassade.
La journée de jeudi avait commencé avec un groupe de 20 manifestants
de la Confédération des fonctionnaires, qui a appelé à boycotter les produits
français, suivis par un groupe d'une trentaine de personne du Mouvement
des jeunes intellectuels azerbaïdjanais, selon lesquels "il incombe à
chaque Turc de réfuter les allégations arméniennes non fondées", à
qui ont emboîté le pas une centaine de manifestants de la branche féminine
et de jeunesse du parti de la Mère-patrie ANAP (centre droit), membre
de la coalition gouvernementale.
Ces textes émanent
des dépeches AFP, Reuters et AP.
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