La peine de mort, touours sujet de discorde entre les membres de la coalition gouvernementale en Turquie
(source : Comité International pour la Libération des Députés Kurdes Emprisonnés en Turquie janvier 2002)

Le vice-Premier ministre turc Mesut Yilmaz a, le 20 janvier, déclaré que son gouvernement envisageait d'abolir la peine de mort dès cette année pour se conformer aux exigences de l'Union européenne.

Depuis 1984 aucune exécution officielle n'a eu lieu en Turquie où cependant des milliers d’opposants kurdes ont été assassinés par des escadrons de la mort des forces paramilitaires. L'UE, à laquelle le pays s'est porté candidat en 1999, a fait de l'abolition de la peine capitale et de l'amélioration des droits de l'homme des préalables à l'ouverture de pourparlers d'adhésion.

“ Notre objectif est de faire entièrement disparaître la peine de mort de notre code pénal ”, a souligné le vice-Premier ministre, qui est aussi chargé des relations avec l'UE, lors d'un entretien accordé à la chaîne de télévision turque CNN. “ Une occasion nous est offerte avec la présentation au Parlement de modifications du code pénal ”, a-t-il ajouté. “ J'estime que nous sommes en mesure d'accomplir cet objectif dans le courant de l'année. ”

En octobre dernier, le Parlement avait amendé la constitution turque pour se conformer aux critères d'adhésion européens et avait limité la peine capitale aux périodes de conflit ainsi qu'à des crimes tels que la trahison ou le terrorisme.

D’un autre côté le vice-président du parti de l’Action nationale (MHP) membre de la coalition tripartite, Ismail Kose, a, le 22 janvier, déclaré : “ même si nous devons payer 10 millions de dollars à la Cour européenne des droits de l’homme il faut exécuter Abdullah Ocalan ”.