ONU: V. OSKANIAN condamne la négation du génocide arménien
19/09/2002

Le Ministre arménien des Affaires Etrangères défend le choix de l’autodétermination du Karabagh et s’engage à lutter contre la négation des génocides.


Lors de son intervention à l’Assemblée Générale des Nations Unies, ce 15 septembre, le Ministre des Affaires Etrangères de l’Arménie, M. Vartan Oskanian, a clarifié la position de l’Arménie sur les questions du Génocide des Arméniens et du conflit du Haut-Karabagh, rapporte la Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la Démocratie (FEAJD).

Il a notamment longuement évoqué la question du Karabagh précisant que cette région « n’a jamais fait partie de l’Azerbaïdjan indépendant » et que l’on ne pouvait reprocher le choix de l’autodétermination à un peuple qui avait été placé sous tutelle d’un état « déficient sur le plan de la démocratie et du respect des Droits de l’Homme et pour lequel l’application des principes de l’ONU est jugée insuffisante ». Il a également rappelé qu’il « avait été décidé d’inviter les Corps Constitués du Haut-Karabagh à participer à la conférence de Minsk » en 1992 et que l’Arménie ne comprenait pas pourquoi, depuis lors, « une telle approche, sage et ne portant pas préjudice, avait été déniée au Haut-Karabagh qui s’auto-administre de facto depuis 10 ans .»

« Nous nous félicitons que M. Oskanian ait choisi un discours reflétant le sentiment prédominant au Karabagh, en Arménie et en Diaspora. Cette prise de position confirme, si besoin en était, que la déclaration de la présidence de l’Union Européenne condamnant les récente élections libres du Haut-Karabagh et mettant en cause leur légitimité, est inacceptable pour l’ensemble des Arméniens et en vérité par tous les démocrates. l’Idéal européen exigerait que la présidence de l’Union abandonne cette position extrémiste » a indiqué Laurent Leylekian, directeur exécutif de la Fédération Euro-Arménienne. « La comparaison que M. Oskanian a fait du Haut-Karabagh avec le Timor Oriental dont l’indépendance a récemment été reconnue est totalement pertinente et nous voulons croire qu’une issue du même type, respectant le choix des populations locales, prévaudra au Haut-Karabagh », a-t-il ajouté.

Evoquant ensuite le Génocide du peuple arménien, M. Oskanian a réaffirmé la position officielle de l’Arménie, en promettant de « travailler pour la reconnaissance du Génocide des Arméniens et pour la prévention de la répétition de telles atrocités. » Remerciant ensuite « les gouvernements, les parlements et les institutions internationales qui ont reconnu le Génocide des Arméniens », il a promis la coopération de l’Arménie à tous les processus de reconnaissance en cours de par le monde. Pour clore ce chapitre, M. Oskanian a indiqué que « la lutte pour la prévention des génocides et contre les tentatives de négation des génocide » constituait une priorité gouvernementale de l’Arménie.

« Cette ligne politique est en accord total avec celle que défend la Fédération Euro-Arménienne depuis toujours. Nous pensons effectivement que la reconnaissance du Génocide et la condamnation de son déni est une Cause Universelle » à déclaré Laurent Leylekian. « La Turquie actuelle, état continuateur de l’Empire Ottoman a choisi de rester complice du crime de son prédécesseur en organisant un négationnisme qui était prévu dès l’origine du projet génocidaire. A ce sujet, nous demandons que l’Union Européenne condamne les récentes initiatives d’Ankara pour intégrer dès 2003 cette Négation dans ses programmes scolaires du primaire et du secondaire » a-t-il conclu.