La
communauté arménienne interpelle Jean-Claude Gaudin
Communiqué de presse du CDCA Marseille Provence
Lundi 15 décembre 2003
Le Comité de Défense de la Cause Arménienne (CDCA)
Marseille Provence informe qu'à l'occasion du conseil municipal
de la ville de Marseille du lundi 15 décembre, Garo Hovsépian,
Maire des 13 ième et 14ième arrondissements a exprimé
au Sénateur Maire de Marseille l'émoi qui secoue la communauté
arménienne.
En effet, lors de
la séance du 26 novembre 2003 à l'Assemblée Nationale,
relative à la discussion du projet de loi portant adaptation
de la justice aux évolutions de la criminalité, les propos
du président de la commission des lois ont choqué la communauté
arménienne de France. Pascal Clément (UMP) a justifié
sa position contre des amendements relatifs à la condamnation
pénale de la négation du génocide arménien,
par l'intervention suivante : "Avant l'adoption de la loi de
2001, il avait fallu bien des propositions de loi. La question n'était
pas de trancher une vérité historique mais de régler
une difficulté diplomatique avec la Turquie. De plus, la Shoah
est unique. Toute comparaison serait considérée par le
peuple juif comme une insulte
Au bout du compte, la Shoah serait
banalisée. L'heure n'est pas venue de dire aux Juifs que ce qu'ils
ont subi, d'autres peuples l'ont également subi. Ce ne serait
ni opportun, ni raisonnable, ni politique".
Garo Hovsépian
a fait remarquer "la défaillance manifeste du devoir
de mémoire" qui a affligé la communauté
arménienne de France, précisant qu'il s'agissait "
de propos attentatoires à la loi du 29 janvier 2001, reconnaissant
le génocide arménien de 1915 " et a demandé,
avec le soutien du conseiller municipal Jean-Pierre Berbérian,
au Maire de Marseille de s'exprimer sur ce sujet.
Dans sa réponse,
Jean-Claude Gaudin a expliqué que "si Pascal Clément
a tenu de tels propos, il a eu tort". Il a rajouté que
"la position de Pascal Clément n'est pas celle des parlementaires
UMP des Bouches-du-Rhône" et a condamné à
titre personnel, les propos du président de la commission des
lois.
Le Comité
de Défense de la Cause Arménienne Marseille Provence présent
lors de cette séance publique du conseil municipal prend note
de cette condamnation, mais rappelle que la direction de l'UMP est restée
muette concernant cette affaire
Le président
du CDCA Marseille Provence et les représentants de la communauté
arménienne présents ont été reçus
par les présidents des groupes politiques du conseil municipal
; ces derniers ont condamné l'attitude de Pascal Clément
et ont proposé au CDCA d'effectuer une déclaration commune
en ce sens.
Marseille, le 15
décembre 2003