Retour au sommaiire

Parlement Européen : les résolutions sur le génocide arménien réaffirmées
1 avril 2003

la Commission Parlementaire de Coopération UE-Arménie a réaffirmé la validité de la résolution de 1987 comme fondement de la position du Parlement Européen concernant le génocide, le levée du blocus comme critère
d’adhésion de la Turquie ainsi que la vocation européenne d’Erevan.

Bruxelles, Belgique – La Fédération Euro-Arménienne informe que la 5e réunion de la Commission parlementaire de Coopération Union Européenne - Arménie s’est tenue les 24 et 25 mars au Parlement Européen à Bruxelles.

La délégation parlementaire arménienne, présidée par Hovhannes Hovhannissyan, président de la Commission des affaires étrangères du Parlement arménien, était accompagnée de M. Samvel Mkrtchyan, responsable aux affaires européennes du Ministère arménien des Affaires Etrangères. La délégation européenne était quant à elle présidée par Mme Ursula Schleicher (Démocrates-Chrétiens / Allemagne), présidente de la délégation aux Commissions parlementaires de coopération UE-Arménie, UE-Azerbaïdjan et UE-Géorgie. S.E. Mr Aristide Agathoclès et M. Kurt Juul représentaient respectivement la présidence grecque de l’Union et la Commission Européenne.

Différents points ont été évoqués, tels que la situation économique et sociale de l’Arménie, les questions environnementales, la démocratisation, les Droits de l’Homme ou la liberté des médias.
Les récentes élections présidentielles ont occupé une bonne partie des débats. Les parlementaires européens ainsi que les représentants de l’Union européenne ont exprimés leurs regrets quant aux fraudes et aux fortes tensions qui ont eu lieu en Arménie à cette occasion. Ils ont fait appel à plus de transparence pour les élections législatives à venir.

En outre, dans la déclaration finale adoptée par les parlementaires à l’issue de la réunion, la Commission Parlementaire de Coopération, s’exprimant à propos du génocide, "note à nouveau que la position du Parlement européen sur la question se reflète dans ses résolutions du 18 juin 1987 et du 28 février 2002 et invite à la création d’une base pour la
réconciliation". Elle "réitère sa demande à Ankara de rouvrir ses frontières avec l’Arménie conformément à son engagement en tant que candidat à l’adhésion à l’UE".

"Nous notons avec satisfaction que le blocus de l'Arménie par la Turquie est reconnu comme un acte d'agression antinomique avec les critères de Copenhague et le statut de pays candidat dont prétend relever ce pays. Nous
saluons à cette occasion la cohérence du Parlement Européen qui tient sur ce point le même discours à ses partenaires Arméniens et Turcs : la position arrêtée dans le cadre de cette Commission est identique à celle du rapport Oostlander sur la demande d'adhésion de la Turquie à l'UE" a déclaré Laurent Leylekian, directeur de la Fédération Euro-Arménienne.

"Nous nous félicitons également que le Parlement Européen rappelle haut et fort qu'il reconnait le génocide et qu'il appelle toujours la Turquie à en faire de même. Cependant, nous lui demandons de faire également connaître avec franchise cette position à ses interlocuteurs Turcs par le biais du rapport Oostlander. Son message n'en serait que plus clair, plus cohérent et plus crédible.
A l'heure où la supposée vocation européenne de la Turquie semble s'évanouir dans ses inclinations impériales au Proche-Orient, ce serait un moyen efficace de lui remémorer nos valeurs et ses engagements" a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le rapprochement et même l’adhésion de l’Arménie à l’Union Européenne ont été évoqués à de nombreuses reprises au cours de débats qui se distinguèrent par leur franchise et leur cordialité. La déclaration finale adoptée à l’issue de la réunion réaffirme même dans son préambule "la forte vocation européenne de l’Arménie et sa volonté d’être plus profondément intégrée au sein des structures européennes".

Concernant les relations internationales, les délégations ont abordé la question du Haut-Karabakh. L’ensemble des parlementaires s’est accordé sur le fait que les négociations ne reprendraient qu’en 2004 pour cause d’élections présidentielles en Arménie et en Azerbaïdjan au cours de l’année 2003. La délégation arménienne a rappelé que le problème du Haut-Karabakh doit être réglé sur la base d’une solution négociée et a dénoncé les menaces
militaires proférées par l’Azerbaïdjan ainsi que les dispositions que cet état a récemment pris en ce sens.