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La Fédération Euro-Arménienne
lance une campagne pour l'abolition des lois anti-arméniennes en
Turquie, suite au rapport de la commission européenne sur la Turquie. La Fédération Euro-Arménienne informe que la Commission Européenne a adopté et publié ce 9 octobre le rapport régulier 2002 sur les progrès réalisés par la Turquie sur la voie de ladhésion. Comme les années précédentes, le rapport sarticule
en trois parties, examinant dans le détail les critères
politiques (démocratie et état de droit, Droits de lHomme
et protection des minorités, Chypre, résolution pacifique
des querelles frontalières), économiques ainsi que la capacité
de la Turquie à assumer les obligations découlant de ladhésion
(les 29 Dans le chapitre consacré aux Droits de lHomme, la Commission expose les difficultés rencontrées par les minorités nationales, dues essentiellement à labsence de statut juridique et de droits de propriété, telles que le harcèlement du clergé par les autorités de lEtat, lobligation pour les écoles des communautés religieuses davoir un directeur musulman représentant le Ministère de lEducation Nationale, ainsi que linterdiction dune instruction religieuse pour les minorités religieuses. La Commission développe notamment les problèmes liés à la loi de 1936 concernant les biens de propriétés des institutions des communautés non-musulmanes. En effet, selon la loi N°2762 de 1936, seuls les biens de propriété déclarés en 1936 sont reconnues légalement, les propriétés acquises postérieurement étant confisquées par lEtat. Ainsi, les propriétés des communautés arménienne, grecque et catholique ont été ou risquent dêtre saisies. Le rapport entionne dailleurs deux cas de confiscation de propriétés arméniennes au cours des derniers mois. Le rapport souligne également les limites considérables quant à lapplication des amendements adoptés par la Turquie en août dernier. En effet, la mise en uvre de ces mesures est soumise à lobtention dune permission du Conseil des Ministres et aucune procédure dappel nest prévue. De plus, un délai de six mois a été fixé pour la demande denregistrement des biens de propriété actuellement utilisés et aucune mention nindique à quelle instance administrative ces demandes doivent être formulées. La Commission considère dailleurs que ce bref délais représente un obstacle pratique à la mise en uvre des réformes adoptées dans ce domaine, dautant plus que les procédures dapplication ne sont toujours pas précisées. « Après tant dannées de spoliations et dinjustices, les communautés religieuses chrétiennes et juives se trouvent une fois de plus face à un labyrinthe administratif tel quelles ont perdu tout espoir dune quelconque possibilité dapplication dans les faits de ces réformes » a déclaré Hilda Tchoboian, présidente de la Fédération Euro-Arménienne. Partant de ce constat, la Fédération Euro-Arménienne a décidé de lancer une campagne européenne pour labolition des lois anti-arméniennes en Turquie (voir texte joint). Parallèlement, elle enjoint la Commission à exiger de la Turquie labolition de tous ces décrets anti-arméniens adoptés dans les années 1920-1930, en cohérence avec le constat quelle a elle-même établi. « Il nest pas concevable quaprès avoir unanimement condamné les décrets anti-juifs adoptés pendant la seconde guerre mondiale, les pays dEurope acceptent quun pays candidat se présentent devant eux avec une législation légitimant un tel Crime contre lHumanité. Ces décrets ne peuvent sexpliquer autrement que comme la continuation et le parachèvement du Génocide, comme cest aussi le cas pour le blocus criminel quexerce la Turquie sur lArménie. » a précisé Hilda Tchoboian. A ce dernier sujet, la Fédération Euro-Arménienne déplore lextrême frilosité de la Commission à dénoncer ce blocus, inadmissible de la part dun pays candidat. Elle considère que lexpression de « frontière fermée » est une formulation excessivement indulgente pour la Turquie et que décrire ce pays agressif et surarmé comme étant un « acteur important dans la promotion de la stabilité et de la sécurité dans la région des Balkans et du Caucase » constitue une distorsion grave et délibérée de la réalité. Enfin, la Fédération Euro-Arménienne est consternée
de voir que la Commission ninclue pas la reconnaissance du Génocide
dans le volant politique des critères de Copenhague , et quelle
nexige pas la cessation de toute activité négationniste
de la part de la Turquie. Elle rappelle que, loin de vouloir saffranchir
de son passé, la Turquie persiste à ------------------ Campagne pour l'abolition des lois anti-arméniennes en Turquie Consécutivement à lextermination des deux tiers de
sa population arménienne et à la déportation des
rescapés, létat turc a créé le cadre
juridique pour légitimer la confiscation des propriétés
et des biens arméniens dits "abandonnés". Ces
lois iniques sommaient les propriétaires assassinés de revenir
et de récupérer leur possessions dans un court délai.
A deux mois du sommet de Copenhague, les citoyens européens lancent un appel aux dirigeants des pays de lUnion afin quils exigent de la Turquie, parallèlement à la reconnaissance du Génocide du peuple Arménien, labolition des lois et des décrets anti-arméniens qui datent de cette période. Il nest pas concevable quaprès avoir unanimement condamné les décrets anti-juifs adoptés pendant la seconde guerre mondiale, les pays dEurope acceptent quun pays candidat se présentent devant eux avec une législation légitimant un tel Crime contre lHumanité. Les citoyens européens que nous sommes lancent également
cet appel aux Parlementaires Européens qui sexprimeront prochainement
sur le rapport de la Commission ; nous attendons deux dêtre
les dignes représentants des valeurs européennes dont les
électeurs les ont investis.
FEDERATION EURO-ARMENIENNE Pour la Justice et la Démocratie |