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Date : Bruxelles, le 29 septembre 2001

ACTION D'ALERTE : DEFENDONS LES PARAGRAPHES 10 & 18 bis

SUPPRESSION DE LA MENTION DU GENOCIDE DES ARMENIENS PAR ALAIN LAMASSOURE DANS LE RAPPORT 2001 DU PE

Ecrivez à vos députés européens dès que possible !

 

LES FAITS
Les paragraphes 10 et 18 bis du rapport Morillon 2000 sur "les progrès réalisés par la Turquie sur la voie de l'adhésion", invitant l'Etat turc à reconnaître publiquement le génocide des Arméniens et de lever le blocus qu'elle exerce sur ce pays depuis 9 ans, sont actuellement contestés par le député européen français Alain Lamassoure qui projette de soutenir un comité controversé de réconciliation turco-arménien. M. Lamassoure, membre français du groupe du Parti Populaire Européen (Démocrates Chrétiens) et des Démocrates Européens (PPE-DE), tente de remplacer les paragraphes 10 et 18 bis par le paragraphe 24 supprimant ainsi la mention du génocide des Arméniens. Le vote de cet amendement aura lieu le 10 octobre 2001.

ACTION
Ecrivez à vos députés européens et demander leurs instamment de défendre les paragraphes 10 et 18 bis du rapport Morillon 2000

  • Nous vous invitons donc à écrire aux députés européens afin de réintroduire ainsi les mentions faites au génocide des Arméniens de même qu'au blocus toujours en vigueur dans le rapport 2001 sur les progrès réalisés par la Turquie sur la voie de l'adhésion La lettre type

 

  • Coordonnées des députés européens :

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Lettre type :

Texte de la lettre

[NOM, PRENOM]
[ADRESSE]
[TEL., FAX, E-MAIL]

[M. ou Mme] - DEPUTE EUROPEEN
FAX : E-MAIL :

[Ville], le [...] 2001

Le 15 novembre dernier, dans son rapport sur l'entrée de la Turquie en Europe, le Parlement Européen avait officiellement demandé à la Turquie de reconnaître le génocide des Arméniens ainsi que de normaliser ses relations avec l'Arménie en levant le blocus qu'elle exerce sur ce pays depuis 9 ans. Une majorité de parlementaires avaient alors voté en faveur de l'amendement appelant à cette reconnaissance.

Le vote du Parlement Européen était suivi de la reconnaissance de ce génocide par le Parlement Italien le 17 novembre 2000, puis par le Parlement Français dans le cadre d'un texte de loi du 18 janvier 2001. En dépit du chantage économique de la Turquie resté sans effets, le Président Chirac a rapidement entériné la loi.

Dans la même période aux Etats Unis, il avait fallu l'intervention in extremis et décisive du Président Clinton invoquant « les intérêts supérieurs de la nation américaine » pour empécher une reconnaissance identique et imminente par Washington. Dès lors, et pour prévenir la susceptibilité extrême de leur alliée la Turquie, les Etats-Unis n'ont eu de cesse de chercher les moyens d'éloigner une telle échéance.

Ainsi le Comité de Réconciliation Turco-Arménien a été mis en place avec la participation de quatre figures peu représentatives de l'Arménie et de la Diaspora ; notons que plusieurs des six membres turcs de ce comité ont longtemps eu, dans le cadre de leurs fonctions, celle de diffuser des thèses négationnistes et de diriger des actions d'intimidation sur les universitaires, journalistes et responsables politiques occidentaux désireux d'étudier ou, simplement, d'évoquer ce crime imprescriptible dont l'auteur, la Turquie héritière de l'Empire Ottoman, est seule à nier l'existence. L'opinion arménienne, qui n'est bien évidemment pas hostile au dialogue entre l'Arménie et la Turquie, conçoit ce rapprochement dans le cadre de la responsabilité de l'Etat turc dans le génocide des Arméniens. Or, les membres turcs de ce comité déclarent à l'avance que si cette question était abordée, ils arrêteraient immédiatement les rencontres. De l'aveu même de M. Ozdem Sanberk, membre éminent turc de ce comité, d'après une interview accordée en juillet 2001 au journal 525-Chi Gazette, ce comité n'a qu'un seul objectif : empêcher la poursuite des reconnaissances du génocide, notamment aux Etats-Unis et dans les instances européennes. Cette supercherie révolte à la fois les Arméniens d'Europe, enfants des survivants de ce génocide, et ceux d'Arménie, qui voient dans cette manoeuvre une volonté de renforcer les déséquilibres régionaux dans le Caucase.

Aujourd'hui j'apprends qu'en tant que nouveau rapporteur sur la question, M. Alain Lamassoure a l'intention de remplacer le paragraphe sur le génocide par un soutien du Parlement Européen à ce comité controversé.
Le Parlement Européen ne doit pas dissimuler par des subterfuges la réalité de la reconnaissance par plusieurs parlements nationaux de l'Union Européenne (ex. : la Suède, l'Italie, la France, la Grèce, la Belgique).Un « oubli » de ses prises de position ultérieures en ces termes serait également inadmissible ; le respect des décisions récentes du P.E. supposerait que le rapport reflétaît les progrès accomplis par la Turquie dans le sens de la reconnaissance du génocide des Arméniens. Or aucun pas n'a été franchi dans cette direction par la Turquie ; de plus ce comité de réconciliation affiche son objectif d'empêcher cette perspective.

En conséquence, je vous demande de bien vouloir soutenir les amendements qui seront présentés dans les jours à venir et souhaite le maintien du paragraphe, tel qu'il a été voté le 15 novembre 2000, mais aussi un bilan réel et objectif des progrès accomplis par la Turquie dans le sens d'une vraie réconciliation par la reconnaissance de son crime de génocide.
Vous remerciant de l'attention que vous porterez à ce dossier, je vous prie d'agréer, [Madame, Monsieur] le député, l'expression de ma plus haute considération.

[NOM, PRENOM]
[SIGNATURE]