Erdogan poursuivra la politique d'hostilité de la Turquie envers les Arméniens
25/11/2002

A l’instar de ces prédécesseurs, le leader de l’AKP n’entend pas reconnaître le génocide des Arméniens, ni lever le blocus de l’Arménie, en dépit des exigences des critères de Copenhague.

Le jeudi 21 novembre 2002 à Strasbourg, le leader de l’AKP M. Recep Tayyip Erdogan était invité par la présidence danoise au parlement européen en marge de la session plénière. A cette occasion, il a donné une conférence de
presse.

Parmi les nombreux représentants de la presse européenne et turque, un journaliste du mensuel France-Arménie rappelant que « des représentants de l’AKP ont fait des déclarations contradictoires sur leurs intentions envers
l’Arménie » lui demanda si « dans le cadre du respect des critères de Copenhague », il estimait « devoir lever le blocus de la république d’Arménie et reconnaître le génocide des Arméniens ».

M. Erdogan a alors répondu qu’il trouvait cette question « curieuse et sautant du coq à l’âne » car, selon lui, ces problèmes « n’ont rien à voir avec les critères de Copenhague ». Rappelant la position traditionnelle de la Turquie, il a alors affirmé que « le génocide est une affaire d’historiens » qui devraient effectuer « des études, des travaux et des séminaires ». M. Erdogan a ajouté que « en tout état de cause, la Turquie n’était pas liée au résultats de ces travaux ». Il a renchéri en affirmant qu’il ne pouvait pas donner de réponse à cette question, que la Turquie n’avait « aucun problème avec les Arméniens » et qu’il ne voyait « aucune raison d’ouvrir ce genre de question ». Il a conclu en assurant que la Turquie ne voulait pas de guerre avec ses voisins « ni au Nord, ni au Sud, Ni à l’Est, ni à l’Ouest ».

A l’occasion d’autres questions, on a également vu M. Erdogan, perdre son aplomb et se faire souffler les réponses par son Ministre des Affaires Etrangères. Manifestement désarçonné par les pratiques démocratiques, il est alleé jusqu’à répondre à un journaliste qu’il « avait le sentiment qu’on ne cherchait qu’à le coincer » et qu’il se demandait « si on avait le droit de lui poser de telles questions ».

« Nous ne pouvons que nous désoler de constater que le prétendu renouveau turc n’est capable que de perpétuer les pratiques des précédents régimes ; il est particulièrement choquant pour les démocrates que nous sommes de voir M. Erdogan publiquement s’insurger des questions légitimes que se pose l’opinion publique au sujet de ses réelles intentions. Je vous laisse imaginer le sort qu’aurait été celui de ce journaliste danois s’il avait été en Turquie », a déclaré Hilda Tchoboian, présidente de la Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et le Démocratie.

« Par ailleurs, il apparaît maintenant clairement qu’au delà des changements de régime et en dépit des critères de Copenhague, la Turquie entend poursuivre sa politique agressive et hostile envers la république d’Arménie tout comme elle continuera à nier le génocide des Arméniens. Il est plus que jamais nécessaire pour l’Europe d’exiger de la part d’Ankara la fin de la politique génocidaire et négationniste avant de donner une date à ce pays pour le début des négociations » a-t-elle ajouté.

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