Révision de la constitution turque, un train de mesures dixit Erdogan
27/11

Le chef du parti musulman au pouvoir en Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé mercredi à Paris une révision de la constitution et une série de mesures notamment dans le domaine des droits de l'Homme afin de permettre l'intégration de la Turquie à l'Union européenne.
"La constitution sera révisée", a annoncé M. Erdogan lors d'une conférence de presse, "afin de satisfaire aux critères de Copenhague et cela touchera notament la loi électorale et la loi sur les partis politiques". "Nous allons renforcer la liberté d'_expression et celle des ONG et les lois électorales seront révisés", a précisé M. Erdogan annonçant qu'une "commission d'intégration avec l'UE sera constituée au sein du parlement turc", désormais dominé par le parti de la Justice et du Développement (AKP). "Une priorité sera accordée à la ratification des conventions internationales" par la Turquie et "nous attendons qu'une date soit proposée à la Turquie au sommet de Copenhague (les 12 et 13 décembre) pour entamer les discussions sur son adhésion", a-t-il ajouté Les recommandations de la Cour européenne des droits de l'homme "seront mises en oeuvre", a-t-il également annoncé. M. Erdogan terminait à Paris une tournée européenne pour convaincre les Quinze de fixer une date pour le démarrage de négociation d'adhésion de la Turquie à l'UE. "Depuis notre victoire aux élections, nous n'avons cessé de réclamer une date et de dire notre souhait d'adhérer à l'UE (...) le peuple turc veut rentrer dans l'UE", a-t-il précisé tout en qualifiant de "renouveau complet" la volonté d'intégration de son pays. "A la base des relations entre la Turquie et l'UE il y a des intérêts réels, économiques et stratégiques", a souligné M. Erdogan. "Nos intérêts politiques, économiques, commerciaux, sociaux et stratégiques sont complémentaires", a-t-il insisté.
M. Erdogan s'est dit "convaincu que grâce aux réformes annoncées, une date sera annoncée à Copenhague, ce qui permettra qu'on ne parle plus désormais des problèmes entre les civilisations, mais de leur rapprochement avec la Turquie comme tête de pont".

Recevant M. Erdogan, le président français Jacques Chirac a encouragé mercredi soir la Turquie à poursuivre ses réformes en vue d'une adhésion à l'UE mais s'est gardé de se prononcer sur une date d'ouverture des négociations en
disant vouloir un "consensus européen". Cela n'a pas découragé M. Erdogan qui a affirmé, après cette rencontre, que
les "deux principales missions" de la nouvelle équipe au pouvoir seront "l'accelération de l'intégration de la Turquie à l'Europe, et l'accélération du programme de réformes économiques".
Interrogé par un journaliste sur l'absence de toute référence à l'islam ou à la religion durant sa longue intervention devant la presse, il a répondu: "je suis un homme politique. Posez votre question au responsable des affaires religieuses du gouvernement !"

La conférence de presse de M. Erdogan à l'ambassade de Turquie à Paris s'est terminée dans le plus grand désordre, avec l'arrivée "impromptue" de l'archevêque arménien d'Istanbul et de Turquie, Mesrob II, qui lui a donné l'accolade devant les caméras des télevisions.
Le patriarche arménien a plaidé à Paris pour l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.