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LES
ELECTIONS PRESIDENTIELLES 2003 EN ARMENIE
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Robert
Kotcharian est réélu Président de la République
d'Arménie
Après
le deuxième tour (5 mars 2003), les Arméniens ont
reconduit Robert Kotcharian à la présidence.
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Robert
Kotcharian
67,5%
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Stephan
Démirtchian
32,5%
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Le
président sortant Robert Kotcharian a été réélu
pour un second mandat de cinq ans à l'issue du second tour de
l'élection présidentielle en Arménie, a déclaré
le vice-président de la Commission centrale électorale.
Robert Kotcharian, 48 ans, arrivé largement en tête au
premier tour, avait pour adversaire le chef de file de l'opposition,
Stepan Demirtchian, les deux hommes s'accusant mutuellement de fraude
électorale.
Hamlet Abrkhamian a annoncé devant les caméras de la télévision
publique qu'après décompte de 99% des bureaux de vote,
Kotcharian avait recueilli 67,5% des suffrages contre 32,5% à
Demirtchian.
De son côté, le Conseil de l'Europe s'est exprimé
: déception des observateurs en Arménie :
Le Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil
de l'Europe, Peter Schieder, et le Secrétaire Général
de l'Organisation, Walter Schwimmer, ont fait part aujourd'hui de leur
préoccupation à propos de l'élection présidentielle
en Arménie, qui n'a pas respecté les normes internationales
relatives à des élections démocratiques. Ils ont
estimé que la situation était grave car des élections
libres et équitables constituent la base de
la démocratie.
"Il est maintenant de la plus haute importance que les autorités
administratives et judiciaires examinent minutieusement les plaintes
et recours électoraux de manière transparente et crédible.
C'est une condition essentielle pour rétablir la confiance dans
le processus électoral, en vue des prochaines élections
législatives prévues en mai", a déclaré
Walter Schwimmer.
"A la suite des graves irrégularités signalées
après le premier tour, nous avions formulé une série
de demandes en vue d'assurer un meilleur déroulement du scrutin
au second tour. Nous regrettons vivement que ces demandes n'aient pas
été satisfaites", a souligné Peter Schieder.
"Il convient maintenant d'établir toute la responsabilité
et de déterminer les conséquences de ces irrégularités,
mais il est déjà évident qu'elles ne resteront
pas sans effets. La question sera soulevée lors des prochaines
réunions au niveau parlementaire et ministériel",
ont conclu les dirigeants du Conseil de l'Europe.
LE
PREMIER TOUR :
Robert
Kotcharian en ballotage - L'opposition dans la rue - Déclaration
des observateurs internationaux
Le président arménien sortant Robert Kotcharian devra
affronter un second tour de scrutin, sous la pression de l'opposition
qui a manifesté jeudi 20 février dans les rues d'Erevan
en accusant les autorités de falsifier les résultats de
la présidentielle de la veille afin d'assurer au chef de l'Etat
une victoire au premier tour.
Alors que M. Kotcharian était donné vainqueur dans la
plupart des circonscriptions et qu'aucun résultat n'avait été
publié depuis de longues heures, le chef de la Commission électorale
centrale Artak Sagradian a soudain annoncé jeudi à 18h00
(14h00 GMT) qu'un second tour serait nécessaire pour départager
le président sortant et son principal adversaire Stepan Demirtchian.
Selon
les résultats définitifs, M. Kotcharian a recueilli 49,8%
des suffrages contre 28,3% à M. Demirtchian qu'il retrouvera
le 5 mars au second tour, a déclaré M. Sagradian. Il avait
auparavant attribué à M. Demirtchian 27,7%.
Quelques minutes avant cette annonce, plusieurs milliers de manifestants
s'étaient rassemblés aux abords du bâtiment de la
Commission électorale, protégé par des dizaines
de policiers casqués et portant bouclier, accusant la Commission
d'être en train de falsifier les résultats.
Le candidat Aram Karapetian, un représentant de M. Demirtchian,
et quatre députés ont alors été autorisés
à pénétrer dans le bâtiment pour remettre
à M. Sagradian "une lettre réclamant un nouveau décompte
des voix". "Nous sommes venus dire que le peuple n'acceptera
pas les résultats que la Commission électorale est en
train de falsifier", a déclaré le député
Archak Sadoïan.
La
police s'est ensuite organisée en cordon de façon à
canaliser les manifestants et à les laisser défiler devant
le bâtiment de la Commission électorale en scandant "Demirtchian".
Pour sa part, M. Demirtchian a promis à la foule que la première
mesure qu'il prendrait en arrivant au pouvoir serait de "punir
tous ceux qui ont rendu possibles ces irrégularités ou
qui les ont commises".
Parmi
les électeurs inscrits, 2,3 millions sur 3,2 millions d'habitants,
61,9% ont participé mercredi au scrutin qui était considéré
par les observateurs comme un test pour la démocratie dans cette
ex-république soviétique du Caucase, indépendante
depuis 1991. De nombreuses irrégularités avaient en effet
été relevées lors des précédents
scrutins et notamment de la présidentielle de 1998, qui avait
vu M. Kotcharian accéder au pouvoir.
Confirmant le bien-fondé de la colère de l'opposition,
le chef de la mission d'observation de l'Organisation pour la coopération
et la sécurité en Europe (OSCE),
Peter Eicher, a dénoncé jeudi les "problèmes"
constatés dans le décompte des voix qui font que ces élections
"sont loin des exigences internationales".
Un autre représentant de l'OSCE, Zoran Lucic, a affirmé
avoir vu plusieurs photos montrant "une main pleine de bulletins
plonger dans une urne". Environ 6.000 observateurs, dont 466 représentants
d'organisations internationales, ont surveillé le scrutin. De
son côtén le porte-parole de M. Kotcharian, Gaagn Mktcharian,
avait souligné que "les élections avaient été
libres et honnêtes".
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Au
centre, Peter Eicher (Chef de la mission d'observation de l'OSCE
- ODIHR), lors de la conférence de presse du 20 février
2003 à Erevan. |
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Les Arméniens
se sont rendus aux urnes mercredi 19 février 2003, pour
désigner celui qui sera pour cinq ans leur nouveau président
de la république. Les 2 235 330 électeurs enregistrés
ont du choisir entre 9 candidats.
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| Dans
les bureaux de vote, du Président sortant Robert Kotcharian
aux simples citoyens, c'est quasiment 62% des inscrits qui se sont
rendus aux urnes ce mercredi 19 février 2003 pour l'élection
du 3° président de la République d'Arménie
depuis l'indépendance de 1991. |
Robert
Kotcharian, Président candidat à sa propre succesion,
dans son bureau de vote |
Stéphan
Démirchian, le principal rival de Robert Kotcharian lors de
son vote. |
Première
élection depuis l'entrée de l'Arménie au Conseil
de l'Europe, le scrutin est considéré comme un test
pour la démocratie dans cette ex-république soviétique
du Caucase devenue indépendante en 1991. Il se déroule
sous l'étroite surveillance de quelque 6.000 observateurs,
dont 466 représentants d'organismes internationaux.
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Portraits
des 3 principaux candidats :
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ROBERT
KOTCHARIAN
Le
président sortant ne représente aucun parti. Ancien
membre du Parti communiste soviétique, il a rendu sa carte
avant l'indépendance de l'Arménie en 1991. Né
en 1954 à Stepanakert, "capitale" du Nagorny-Karabakh,
un territoire séparatiste d'Azerbaïdjan peuplé
en majorité d'Arméniens, il a été élu
à la tête de l'Etat arménien en 1998 après
avoir été Premier ministre de Levon Ter-Petrossian.
Ingénieur électricien de formation, M. Kotcharian
a été président du Comité de Défense
du Nagorny-Karabakh de 1992 à 1994, durant la période
la plus sanglante du conflit avec l'Azerbaïdjan (plus de 20.000
morts). Puis il a été président du Karabakh
jusqu'en 1997 lorsqu'il a été appelé à
Erevan par M. Ter-Petrossian pour diriger le ouvernement. Il promet
de maintenir la croissance économique du pays entre 8% et
12% et de créer 35.000 à 40.000 emplois par an. Marié
et père de trois enfants, M. Kotcharian a également
pour priorité de faire reconnaître le génocide
arménien perpétré par l'Empire ottoman et de
régler le conflit du Karabakh pour
lequel il souhaite "une liaison permanente avec l'Arménie".
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STEPAN
DEMIRTCHIAN
A
la tête du Parti populaire d'Arménie depuis 2001, il
est le fils de Karen Demirtchian, premier secrétaire du Parti
communiste d'Arménie de 1974 à 1988, assassiné
le 27 octobre 1999 lors de la tuerie du Parlement dont il assurait
la présidence. Né en 1959 à Erevan, Stepan
Demirtchian est ingénieur en électricité et
chef d'entreprise. Il n'est entré en politique qu'après
la mort de son père auquel il a succédé à
la tête du Parti populaire. Il est marié et père
de trois filles. Il a utilisé la campagne électorale
principalement pour dénigrer le président sortant.
Il a galement plaidé pour une intensification des relations
économiques avec la Russie par la création de sociétés
conjointes. Il est pour un contrôle étatique de l'économie
et la privatisation des entreprises non rentables. Il bénéficie
du soutien de l'ancien Premier ministre Aram Sarkissian qui s'est
désisté en sa faveur, mais l'un de ses principaux
atouts pourrait être, selon les observateurs, son étroite
ressemblance avec son père qui fut un homme politique charismatique
et populaire.
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ARTACHES
GUEGAMIAN
Né
en 1949 à Erevan, il est diplômé de l'Institut
polytechnique de Erevan et
député depuis 1995. Entré au PC soviétique
en 1972, il a occupé plusieurs postes dirigeants locaux,
y compris président du Comité exécutif de la
ville (maire) de 1989 à 1990. En 1990 il a quitté
le PC. Candidat à la présidentielle en 1998, il n'avait
obtenu que 0,45% des voix, mais sa cote a nettement monté
depuis. Des observateurs estiment que cette cote de popularité
est due en partie à sa réputation "sans tache",
même si ses partisans "commencent à être
agacés par ses citations permanentes de la Bible, Cromwell
ou Schopenhauer". Le chef du Parti communiste d'Arménie
Vladimir Darbinian s'est désisté en sa faveur. Le
candidat communiste Sergueï Baldaïan était arrivé
en quatrième position en 1998 avec 11% des voix. Artachès
Guegamian ne voit de salut économique pour l'Arménie
que dans un partenariat très étroit avec la Russie.
Il plaide notamment pour un espace économique commun. Mais
le principal thème de sa campagne a été le
dénigrement du président sortant, affirmant que "l'Arménie
toute entière était devenue la propriété
foncière personnelle du président et de son clan".
Artachès Guegamian est marié et père de deux
enfants.
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Actualités
et documents :
Eclairage
:
SITUATION
GEOGRAPHIQUE:
29.740 km2. Sans accès maritime, ce pays caucasien est situé
entre l'Azerbaïdjan à l'est, l'Iran au sud, la Turquie à
l'ouest et la Géorgie au nord.
CAPITALE:
Erevan.
POPULATION:
Environ 3.200.000. Au moins 4 millions d'Arméniens vivent à
l'étranger, la plus grande partie ayant émigré à
la suite du génocide des Arméniens de l'Empire ottoman en
1915. L'émigration vers la Russie a également été
très forte ces dernières années. Depuis l'indépendance
de l'Arménie en 1991, environ 800.000 Arméniens ont émigré,
selon les chiffres officiels.
RELIGION:
Majoritairement membres de l'Eglise Grégorienne autocéphale
(rite oriental).
HISTOIRE:
L'Arménie, soumise notamment à la domination ottomane, a
connu des périodes d'indépendance du XIIe au XIVe siècles.
Disputée entre les empires perse, turc et russe aux XVIIIe et XIXe
siècles, elle retrouve son indépendance en 1918, avant d'être
soviétisée deux ans plus tard. L'Arménie a proclamé
son indépendance le 23 septembre 1991 et Levon Ter-Petrossian,
un ex-dissident de 46 ans, a été élu président
en octobre de la même année, puis réélu en
1996.
Le Nagorny Karabakh, une province majoritairement peuplée d'Arméniens
de souche, rattachée en 1921 à l'Azerbaïdjan par Staline,
a proclamé unilatéralement son indépendance en 1991,
avec le soutien politique et matériel de l'Arménie. Un conflit
armé avec l'Azerbaïdjan (1988-1994) a fait plus de 20.000
morts et des centaines de milliers de réfugiés. Un cessez-le-feu
a été signé en 1994, mais aucune solution diplomatique
n'a encore été trouvée.
En 1988, l'Arménie a subi un tremblement de terre qui a fait 25.000
morts. La structure économique et celle des communications ont
été entièrement détruites dans le nord du
pays, une région qui comptait pour 52% du potentiel industriel
de l'Arménie.
>> en savoir
plus
SITUATION POLITIQUE:
Président: Robert Kotcharian (1998). Il a succédé
à Ter-Petrossian, qui a démissionné après
avoir perdu le soutien du Parlement à sa politique de concessions
dans les négociations de paix sur le Karabakh. Des hommes armés
ont déclenché une fusillade au Parlement de 27 octobre 1999,
faisant huit morts, dont le Premier ministre Vazguen Sarkissian et le
président du Parlement Karen Demirtchian.
ECONOMIE:
Jusqu'au début des années 1990, l'Arménie était
une république très industrielle dont une grande partie
des usines appartenait à l'immense complexe militaro-industriel
de l'URSS. A l'effondrement de l'empire soviétique, l'Arménie
a connu une profonde crise économique. Une
progression spectaculaire de sa croissance s'est amorcée en 1995,
mais stoppée dès 1997.
Les indicateurs sont aujourd'hui repartis à la hausse avec une
croissance du PIB de 12,9% en 2002. Si l'inflation était de 176%
en 1995, elle n'était plus que de 2% en 2002. La situation économique
demeure cependant difficile avec notamment des importations deux fois
et demie supérieures aux
exportations, une dette extérieure représentant deux fois
le budget annuel et une économie
parallèle représentant environ 40% de l'économie
nationale.
Dette extérieure: 870 millions de dollars.
PNB/habitant: 628 dollars
Chômage: 9,2% de la population active.
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