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La Commission européenne va proposer comme prévu l'élargissement de l'Union européenne à dix nouveaux pays en 2004 mais renvoie à plus tard le problème ultra sensible de la candidature turque, dans son dernier rapport sur les pays candidats avant la décision finale des Quinze. Dans ce rapport attendu le 9 octobre, la Commission recommandera aux quinze Etats membres de l'UE d'accueillir la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie, Malte et Chypre, a-t-on appris vendredi de source communautaire. Ces dix pays ont été désignés au sommet européen de Laeken, en décembre 2001, comme susceptibles de terminer leurs négociations d'adhésion pour la fin 2002 et, après ratification des traités, adhérer à l'UE, à temps pour les élections au Parlement européen de juin 2004. Le rapport de la Commission s'annonce dès lors sans surprise, même si la candidature de Chypre suscitait des interrogations ces derniers mois. L'UE, qui ne reconnaît que les autorités chypriotes grecques de Nicosie, a toujours refusé de conditionner l'adhésion de Chypre à un accord intercommunautaire entre Chypriotes grecs et turcs. La négociation entre les deux parties, sous l'égide de l'ONU, est actuellement dans l'impasse. La Turquie ne veut pas quant à elle d'une entrée de Nicosie dans l'Union, qui laisserait de côté la partie turque de l'île. La Commission ne préconisera pas d'autre part mercredi de fixer une date pour l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie, a-t-on ajouté vendredi de source communautaire. Il n'est pas question pour la Commission de recommander une date avant les élections législatives du 3 novembre en Turquie. Cette décision "politique" sera renvoyée aux chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze lors du sommet de Copenhague les 12 et 13 décembre, a précisé Guenter Verheugen, le commissaire européen chargé des questions d'expansion. La Turquie bénéficie du statut de candidat à l'Union depuis décembre 1999. Ayant adopté début août des réformes démocratiques, incluant l'abolition de la peine de mort et l'octroi de droits culturels aux Kurdes, elle réclame avec insistance une date pour l'ouverture de négociations. La reconnaissance du génocide arménien n'étant toujours pas à l'ordre du jour. La Commission européenne a refusé vendredi 4 octobre de confirmer officiellement le contenu défloré de son rapport, auquel ses membres doivent donner leur imprimatur mercredi. Les recommandations de Bruxelles seront cruciales car il s'agira des dernières avant la fin prévue des négociations d'adhésion au sommet de Copenhague. Bruxelles ne veut pas que les candidats relâchent leurs efforts d'adaptation aux dispositions communautaires. La lutte contre la corruption et la préparation des cadres administratifs constituent pour la Commission deux priorités dans de nombreux pays. Le processus d'élargissement de l'Union va se précipiter les prochaines semaines. Les Quinze doivent encore se mettre d'accord sur une position commune de négociation des questions budgétaires pour le sommet européen de Bruxelles, les 24 et 25 octobre. Ce même sommet déterminera quels sont les pays candidats à même de terminer les négociations pour décembre. Il restera alors moins de sept semaines pour la dernière ligne droite avant Copenhague. Les Quinze et les pays candidats devront résoudre alors tous les points en suspens, en particulier la délicate question des aides financières agricoles à accorder aux futurs pays membres. L'élargissement de l'Union à dix pays sera le plus important de l'histoire de la construction européennne.
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