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Cannes : la Palestine et l'Arménie
à l'affiche
Sur les écrans, ensuite, avec des films qui racontent le monde. Et l'Histoire passée et présente. La chemise est rose. Le costume est blanc, assorti aux cheveux. La silhouette éternellement menue. Chahnour Aznavourian- soixante- dix huit ans dans deux jours et plus connu sous le nom de Charles Aznavour, - est venu hier présenter en Sélection Officielle, mais Hors Compétition « Ararat » le film d'Atom Egoyan, qui conte et décompte le génocide arménien de 1915. Un million de tués, massacrés par les Turcs, trois millions de déplacés, toute une région - l'Anatolie- totalement exangue de ses habitants à la fin du carnage. Reconnu par la France mais toujours nié par les Turcs - Ankara a déjà dénigré le film avant même de l'avoir vu- ce génocide, qui a carrément servi de référence à Hitler, est raconté à travers l 'histoire et les récits croisés de plusieurs personnages dont d'un metteur en scène arménien (Charles Aznavour) qui réalise un film sur les événements de 1915.
Autre moment d'Histoire, mais d'actualité celui-çi, avec la présentation, pour la première fois à Cannes, d'un film réalisé par un Palestinien. Chronique étonnante- parce que traitée sur un ton assez comique, plus proche de Jacques Tati et de Buster Keaton que du documentaire-du quotidien à Ramallah, « Intervention divine » de Elia Suleiman, se déroule autour d'un check- point, développe à mots cousus une histoire d'amour et montre combien la violence est présente partout. Au coin de la rue, autour d'un barrage, mais aussi dans les rapports quotidiens entre les Palestiniens qui fonctionnent, entre eux, sur un mode permanent d'agressivité. « J'ai voulu réaliser un film messager d'amour et de paix », raconte Elia Suleiman toujours sur la défensive et quelque peu nerveux. Ambigü, le réalisateur qui se déclare « totalement non-violent » s'est cependant refusé à condamner pleinement attentats et khamikazes. Nicole CLODI à Cannes. |