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La Turquie accuse
Israël de "génocide" envers les Palestiniens Le Premier ministre turc Bulent Ecevit a dressé un réquisitoire en règle contre Israël, l'accusant de perpétrer un génocide" contre les Palestiniens, dans une déclaration d'une sévérité inédite venant d'un dirigeant turc pour son principal allié dans la région. "Un génocide est perpétré contre les Palestiniens devant les yeux du monde entier", a déclaré M. Ecevit, cité par l'agence Anatolie, devant le groupe parlementaire de son parti de la Gauche démocratique (DSP). "Ce n'est pas seulement (le président de l'Autorité palestinienne) Yasser Arafat, mais aussi l'Etat palestinien, qui sont détruits pas à pas", a-t-il ajouté. M. Ecevit a rappelé une conversation téléphonique qu'il avait eue en décembre avec le Premier ministre israélien Ariel Sharon, à l'issue de laquelle il avait dit que le dirigeant israélien avait ouvertement exprimé son intention de se débarrasser d'Arafat --ce qu'avait démenti un porte-parole de M. Sharon. M. Ecevit a relevé que l'opération massive d'Israël dans les territoires palestiniens montrait qu'il avait raison. "Les intentions de Sharon sont maintenant claires, et de fait, elles sont mises en oeuvre. Yasser Arafat est aujourd'hui prisonnier des soldats israéliens", a-t-il dit. "Soit il s'exile, soit il meurt". Il a accusé le gouvernement israélien de violer les résolutions
du Conseil de sécurité de l'ONU, tout en soulignant qu'une
part de responsabilité incombait aux militants islamistes radicaux
qui "transforment les enfants de l'Intifada en bombes humaines"
"La situation est hors de contrôle. Le gouvernement Sharon
a choisi la guerre et l'occupation au lieu du dialogue et de la paix",
a-t-il dit, réclamant une intervention "immédiate et
efficace" des Etats-Unis. Le gouvernement turc a multiplié
ses critiques ces derniers temps envers l'option militaire israélienne.
Les relations entre les deux pays se sont tendues depuis l'arrivée
au pouvoir de M. Sharon. Ils sont liés par un accord de coopération
militaire depuis 1996 L'emploi du mot "génocide" par M. Ecevit est d'autant
plus remarquable que la Turquie le manie généralement avec
prudence, dès lors qu'elle le rejette catégoriquement pour
qualifier les massacres qu'elle a perpétré en 1915 envers
les Arméniens et qui ont fait 1,5 million de morts.
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