COMMUNIQUE DE PRESSE
Paris, le 13/06/03

Le CDCA demande la condamnation du Quid 2003 pour négationnisme

Mardi 27 mai 2003, à l'initiative du Comité de Défense de la Cause Arménienne (CDCA) auquel s'est joint le Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France (CCAF), Mémoire 2000, l'Union des Etudiants Juifs de France (UEJF), et l'association J'Accuse, une assignation auprès du tribunal de grande instance de Paris a été déposée par Maître Bernard Jouanneau, contre la société des Encyclopédies Quid et les Editions Robert Laffont pour diffusion de propagande négationniste.

Considérant que les éditeurs ont manqué à leur devoir d'objectivité en relayant dans le " Quid 2003 " des opinions visant à contester la réalité du génocide arménien de 1915, le CDCA réclame leur condamnation et le retrait des passages incriminés dans les prochaines éditions de l'encyclopédie (versions papier et électronique).

Sous le titre " Turquie / Quelques problèmes / Arménie. Position turque sur le problème arménien " les auteurs proposent, en effet, en page 1305 du " Quid 2003 ", une présentation sur une demi-colonne, de la " position turque " concernant ces évènements. Ils y reprennent, sans avertissement pour le lecteur, des thèses à caractère pseudo-scientifique, connues pour avoir été construites de toutes pièces par des historiens proches des instances officielles de la Turquie moderne. Celles-ci ont d'ailleurs été reprises à leur compte par les gouvernements successifs de ce pays, qui conteste jusqu'à aujourd'hui la réalité des faits. Le CDCA considère qu'en se faisant l'écho de ces thèses négationnistes, les auteurs du QUID s'en sont faits les propagandistes, et par la même, les complices

Outre qu'elle a pour objectif de nier le caractère de " génocide " de ces évènements, qu'elle minimise le nombre de morts, qu'elle inverse victimes et bourreaux, et qu'elle constitue donc une insulte pour la mémoire des 1 500 000 Arméniens emportés par cette tragédie, cette " version turque " est systématiquement opposée à une soit-disant " position arménienne " que le lecteur est invité à découvrir dans le chapitre " Arménie " (page 1003) où le nombre de victimes est notoirement minimalisé.

Pour le CDCA, association luttant depuis 1965 pour la reconnaissance du génocide arménien, l'emploi du terme de " génocide " ne peut donc être considéré comme une interprétation " arménienne " ou " turque " des faits mais constitue une réalité reconnue par la communauté des chercheurs à laquelle auraient du se soumettre les éditeurs scientifiques. Il souligne que le caractère de " génocide " des événements de 1915 a été affirmé à de nombreuses reprises par des instances internationales (ONU en 1985, Parlement européen en 1987) ou nationales parmi lesquels la France qui a adopté une loi en ce sens le 29 janvier 2001.

Le CDCA rappelle que dans une affaire comparable, l'historien américain Bernard Lewis a été condamné en 1995 pour " manquement à son devoir d'objectivité " . Dans une interview accordée au quotidien Le Monde, ce spécialiste de l'Empire ottoman, avait alors qualifié le génocide arménien de " version arménienne de l'histoire ". Le CDCA attend désormais que la justice condamne de la même façon la Société des Encyclopédies QUID et les éditions Robert Laffont.

Fait à Paris, le 13 juin 2003.


N B : La copie de l'assignation en justice peut être obtenue sur demande auprès du secrétariat général du CDCA aux références figurant sur ce communiqué.

 


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