Jacques Chirac pour un centre consacré à l'art et la culture arménienne
11/12

Le président Jacques Chirac s'est prononcé en faveur de l'ouverture en France "d'un lieu d'échanges et de création consacré à l'histoire, à l'art et à la culture arménienne", en décorant lundi le catholicos arménien Karékine II. "Pour devenir un vrai projet, cette idée a besoin du soutien de l'ensemble des institutions et des associations arméniennes, de toutes tendances, et de l'accord d'une collectivité territoriale susceptible de l'accueillir. C'est une démarche qui aura tout mon appui", a dit le chef de l'Etat, devant quelque 150 représentants des 400.000 Arméniens de France.
Jacques Chirac a rendu hommage à l'histoire "exemplaire" de ces Français d'origine arménienne qui "ont apporté à la France leur courage, leur énergie, leur talent, leur générosité". "Les Français apprécient la pléiade de ces talents qui enrichissent leur culture et leur civilisation. Ils seraient à même d'apprécier mieux encore la culture arménienne s'ils pouvaient admirer tout ce qu'elle a apporté et apporte au monde", a-t-il dit. Le président de la République, qui s'est impliqué personnellement, au sein du groupe de Minsk (Russie, Etats-Unis, France), dans la recherche d'une solution au conflit du Haut-Karabakh entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, a souhaité qu'y soit trouvée "une solution durable". Après la reconnaissance par le Parlement français du génocide arménien, en janvier dernier, Jacques Chirac a souligné que "les représentants du peuple français avaient souhaité marquer leur recueillement devant le martyre arménien" de 1915. "Et l'ensemble des Français rend hommage, chacun à sa façon, chacun avec ses mots, mais tous avec la même émotion et avec le même respect, à la mémoire des victimes", a-t-il dit, sans employer le mot de génocide. Le catholicos Karekine II, qui a été fait commandeur de la Légion d'Honneur, a remercié la France pour la reconnaissance par le Parlement du "génocide" arménien qu'il a qualifié de "crime contre l'humanité". Au cours de la même cérémonie, Jacques Chirac a également fait commandeur de la Légion d'Honneur Mgr Kude Nacachian, prélat des Arméniens de Paris.