• L'Azerbaidjan rejette sur l'Arménie la responsabilité de l'impasse sur le Nagorny-Karabakh (07.03.01).

Le président azerbaidjanais Heydar Aliev a rejeté sur l'Arménie la responsabilité de l'échec des dernières négociations sur le conflit du Nagorny Karabakh, a rapporté mercredi 7 mars l'agence ITAR-TASS. Les discussions qui se sont déroulées de lundi 5 mars à Paris entre le président Aliev et son homologue arménien Robert Kotcharian sous l'égide du chef de l'Etat français Jacques Chirac se sont achevées "sans résulat", a dit le responsable azerbaidjanais. Il a accusé l'Arménie de refuser tout compromis qui ne donnerait pas l'indépendance à l'enclave disputée. "Nous n'avons que le droit international et des résolutions du conseil de sécurité de l'ONU pour nous, que le coté arménien ignore" tout en occupant les territoires azerbaidjanais, a dit M. Aliev.

  • L'armée arménienne prête à défendre le Haut-Karabakh (06.03.01).

Au lendemain d'une rencontre à Paris entre les présidents de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan, un haut responsable arménien a déclaré que son pays était prêt à se battre à nouveau pour le Haut-Karabakh si cela devait s'avérer nécessaire. Les présidents Robert Kotcharian et Heydar Aliev s'efforcent de régler la question de cette enclave arménienne en Azerbaïdjan qui a fait sécession de manière unilatérale et refuse de revenir dans le giron azéri.

Dans un entretien exceptionnel à un organe de presse, Serge Sarkissian, secrétaire du Conseil national de sécurité de l'Arménie, estime que l'armée arménienne est mieux préparée à un conflit maintenant que pendant la guerre du Karabakh, qui avait duré six ans entre 1988 et 1994. Depuis lors, les combats ont cessé mais la question demeure non réglée, ce qui empêche toute normalisation dans cette partie du Caucase. Environ 200.000 Azéris ont quitté les zones occupées par les Arméniens en dehors du Haut-Karabakh et sont réfugiés dans leur propre pays.

Dans l'édition de mardi 7 mars de La Voix de l'Arménie, Serge Sarkissian accuse l'Azerbaïdjan de chercher à provoquer un nouveau conflit, défi que Erevan est prêt à relever, dit-il. ''Les gens en Azerbaïdjan, qui jouent les matamores n'ont jamais brillé sur le champ de bataille et maintenant ils appellent à l'action militaire. S'ils ont vraiment choisi ce chemin, nous n'aurons pas d'autre choix'' que de répondre, dit-il. Le mois dernier, le président Aliev avait soulevé l'éventualité d'une reprise de la guerre devant le Parlement de Bakou en raison de l'absence de progrès dans les négociations. Lundi à Paris, il avait expliqué qu'il s'en tenait ''aux principes de base du droit international: inviolabilité des frontières, intégrité territoriale des pays, inadmissibilité de tout mouvement séparatiste''. Quant au président Robert Kotcharian, lui-même originaire du Haut-Karabakh, il avait évoqué les résolutions de l'Onu sur le Cachemire et Chypre notamment. ''Je souhaite, j'espère vivement, que cette année ne s'achève pas sans qu'un règlement soit trouvé qui soit acceptable par l'Azerbaïdjan et par l'Arménie'', avait déclaré pour sa part leur hôte, Jacques Chirac. La France préside, aux côtés de la Russie et des Etats-Unis, le Groupe de Minsk chargé de jouer les bons offices dans ce conflit.

  • Nagorny-Karabakh: Chirac espère un règlement avant la fin de l'année (05.03.01).

Jacques Chirac a déclaré lundi 5 mars, à l'issue d'un long entretien avec les présidents d'Azerbaïdjan Heydar Aliev et d'Arménie Robert Kotcharian, espérer "vivement" qu'un règlement "équitable et acceptable" soit trouvé avant la fin de l'année sur le conflit du Nagorny-Karabakh. "Je souhaite et j'espère vivement que cette année ne s'achève pas sans qu'un règlement soit trouvé, qui soit - car c'est là l'essentiel - acceptable par l'Azerbaïdjan et par l'Arménie , a déclaré le président français au cours d'un point de presse. "J'espère que nous y parviendrons", a-t-il dit, en soulignant que le climat de ces entretiens avait été "amical". Dans la matinée, Jacques Chirac avait successivement reçu en tête-à-tête Heydar Aliev puis Robert Kotcharian, qui s'étaient rencontrés la veille à l'Hôtel de Marigny, résidence des chefs d'Etat étrangers en visite en France, voisine de l'Elysée.

Les trois présidents se sont ensuite retrouvés pour un sommet de près de trois heures sur le Nagorny-Karabakh, enclave à majorité arménienne en Azerbaïdjan, avant de poursuivre leurs discussions autour d'un déjeuner.

La France co-préside, avec la Russie et les Etats-Unis, le groupe de Minsk chargé par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) de trouver une solution négociée au conflit. "La France entretient des relations extrêmement amicales avec l'Azerbaïdjan et avec l'Arménie Elle s'est mise au service de la recherche d'une solution équitable et acceptable par les deux parties", a dit Jacques Chirac.

Il a assuré travailler en "liaison étroite" avec les deux co-présidents américain et russe, formulant l'espoir que "le groupe de Minsk pourrait, à un moment donné, faire une proposition qui serait acceptable par les deux parties". "Il y a de part et d'autre une vraie volonté de trouver une solution", a également affirmé le chef de l'Etat.

  • Nagorny-Karabakh: nouvelle réunion à Paris mais toujours pas de percée (05.03.01).
Entretien trilatéral de M. Jacques CHIRAC, Président de la République de France, M. Heydar Alirezaoglou ALIEV, Président de la République d'Azerbaïdjan, et M. Robert KOTCHARIAN Président de la République d'Arménie.
M. Chirac reçoit sur le perron de l'Elysée M. Kotcharian et M. Aliev.
M. Aliev, M. Chirac, M. Kotcharian.
Déjeuner de travail à l'Elysée.
Conférence de presse : M. Aliev, M. Chirac, M. Kotcharian.
Service photographique de la Présidence de la République - D. Noizet

Le conflit du Nagorny Karabakh paraissait toujours dans l'impasse, en dépit d'une nouvelle rencontre trilatérale lundi 5 mars à Paris entre les présidents d'Azerbaïdjan, Heydar Aliev, et d'Arménie, Robert Kotcharian, sous l'égide du chef de l'Etat français, Jacques Chirac. A l'issue d'un long entretien avec les présidents de ces deux républiques du sud du Caucase, M. Chirac a déclaré lundi souhaiter "vivement" qu'un règlement "équitable et acceptable" soit trouvé avant la fin de l'année. "Je souhaite et j'espère vivement que cette année ne s'achève pas sans qu'un règlement soit trouvé, qui soit --car c'est là l'essentiel-- acceptable par l'Azerbaïdjan et par l'Arménie", a déclaré M. Chirac lors d'un point de presse. "J'espère que nous y parviendrons", a-t-il dit, en soulignant que le climat de ces entretiens avait été "amical", et qu'il y avait de part et d'autre une "vraie volonté de trouver une solution". Il s'agit de la deuxième réunion trilatérale à Paris en un peu plus de deux mois.

Un sommet Chirac-Aliev-Kotcharian s'était tenu à l'Elysée le 26 janvier, à l'occasion de l'adhésion de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie au Conseil de l'Europe. Les propos mesurés de M. Chirac laissent entendre que les deux parties n'ont pas encore suffisamment rapproché leur position pour dégager un compromis, en dépit de la tenue de quinze réunions entre MM. Aliev et Kotcharian depuis deux ans. Les deux présidents n'ont pas fait état de percée, à l'issue de leurs entretiens. "Nous allons parler avec le président Kotcharian des moyens de parvenir à un accord ferme pour résoudre le conflit par des moyens pacifiques mais je ne peux pas dire quand nous réaliserons une percée", avait prudemment déclaré M. Aliev juste avant de venir à Paris.

La France co-préside, avec la Russie et les Etats-Unis, le groupe de Minsk chargé par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) de trouver une solution négociée à ce conflit, qui se déroule sur fond de lutte d'influence entre Moscou et Washington dans le sud Caucase. Le Nagorny-Karabakh, une enclave azerbaïdjanaise peuplée très majoritairement d'Arméniens, a proclamé en 1991 son indépendance avec le soutien d'Erevan et l'a défendue par une guerre qui a duré trois ans et fait près de 30.000 morts et un million de réfugiés. Depuis le cessez-le-feu instauré en mai 1994, le statu quo prévaut, mais aucun accord diplomatique n'a été trouvé.

M. Chirac a assuré travailler en "liaison étroite" avec les deux co-présidents américain et russe, formulant l'espoir que "le groupe de Minsk pourrait, à un moment donné, faire une proposition qui serait acceptable par les deux parties". Une proposition avancée par le groupe de Minsk en 1998 prévoyant une large autonomie pour le Karabakh dans le cadre d'un "Etat commun" avec l'Azerbaïdjan, a été abandonnée à la suite de l'opposition du président et du Parlement azéris. Pour sortir du blocage, une nouvelle formule est à l'étude prévoyant la souveraineté du Haut-Karabakh en échange des "compensations territoriales", indique-t-on de sources diplomatiques à Paris, qui s'abstiennent de fournir plus de précisions en raison du caractère hautement sensible du sujet.

Dans sa dernière édition du mois de mars, le Monde diplomatique croit savoir que ce plan "modifié à plusieurs reprises" prévoit le "transfert à l'Arménie du couloir de Latchine qui la relie" à l'enclave du Haut-Karabakh, en échange de l'octroi à l'Azerbaïdjan du district de Meghri, frontalier de l'Iran.

  • Le Karabakh espère voir son indépendance confirmée au sommet de Paris (04.03.01).

Les Arméniens du Nagorny-Karabakh espèrent voir leur indépendance confirmée lors du sommet de Paris qui réunira lundi 5 mars les présidents de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan, Robert Kotcharian et Heydar Aliev. "Nous espérons que le président Aliev va faire preuve de volonté politique et aura le courage de faire des compromis", a déclaré le "ministre" des Affaires étrangères du Nagorny-Karabakh, Naïra Melkoumian. Une position partagée par la majorité des habitants de ce territoire à majorité arménienne en Azerbaïdjan, dont certains craignent cependant que Erevan ne fasse des concessions à Bakou après près de sept ans de négociations infructueuses. "C'est bien que les présidents de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan se rencontrent à Paris, mais il faut savoir que sans l'accord du Karabakh, il ne peut y avoir de paix définitive", prévient Achot, chauffeur à Stepanakert, la "capitale" de l'entité autoproclamée dans le sud-ouest de l'Azerbaïdjan. "Nous avons payé très cher notre indépendance, et nous avons prouvé que nous voulons et pouvons vivre séparément. Regardez ce qui se passe dans les Balkans, la guerre a été arrêtée, on a amené des forces de paix, mais on continue de s'y entre-tuer", ajoute-t-il.

Stepanakert, une ville de 50.000 habitants, ne porte plus guère les traces des bombardements azerbaïdjanais, et les militaires y sont peu présents. Mais rares sont les familles qui ne comptent un fils ou un père parmi les 30.000 morts du conflit des années 1991-94, ou parmi les milliers de soldats qui défendent les frontières de l'enclave. Karo, un jeune appelé bientôt libéré après deux ans de service, confie que des échanges de tirs éclatent régulièrement. "Mais nous n'avons pas peur des Azéris, nous leurs avons déjà montré que nous savons nous battre", dit ce jeune homme de vingt ans. Son oncle est mort pendant la guerre, son père s'est lui-aussi battu, et son frère aîné y a eu la main arrachée par une grenade, dit-il. "Nous avons gagné notre indépendance, notre rêve s'est réalisé, nous pourrions vivre normalement, mais c'est dur", se plaint pour sa part Sveta, une femme d'une soixantaine d'années qui vend des graines de tournesol dans une rue de Stepanakert pour nourrir ses trois petits-enfants.

Si le pays est prodigue en fruits et en autres produits d'alimentation, la majorité des usines sont restées fermées après la guerre, faute notamment d'investisseurs, rebutés par la menace d'un nouveau conflit. Le pouvoir d'achat reste très bas, avec un salaire moyen d'environ 40 dollars selon les chiffres officiels, la retraite minimum à 6 dollars, et le kg de viande à deux dollars.

Seule la principale route qui relie Stepanakert à l'Arménie, construite après le cessez-le-feu signé en mai 1994, permet de faire vivre le territoire. Longue de 90 kilomètres, franchissant des cols à près de 2.000 mètres d'altitude dans les montagnes du sud du Caucase, la "route de la vie" connaît une circulation intense de véhicules de toutes sortes chargés de marchandises. "Cette route est notre salut. Il y a longtemps que la voie ferrée est fermée, les avions ne volent pas, et si elle n'existait pas nous nous retrouverions dans l'isolement total", explique Artour, un homme de 65 ans.

Les espoirs des habitants du Nagorny-Karabakh risquent cependant d'être déçus Paris où le sommet entre les deux présidents s'annoncent sous des auspices défavorables. Le président en exercice de l'OSCE Mircea Geoana n'a pas réussi la semaine dernière à rapprocher les points du vue.

  • Règlement du conflit au Nagorny-Karabakh : "Optimisme prudent" d'Erevan et de l'OSCE (27.02.01).

Le président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, le Roumain Mircea Geoana, et le chef de la diplomatie arménienne Vardan Oskanian ont exprimé mardi27 février à Erevan leur "optimisme prudent" sur un règlement du conflit au Nagorny-Karabakh. "Tant que le dialogue entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan se poursuit, nous avons l'espoir d'un règlement du conflit", a déclaré M. Geoana au cours d'une conférence de presse conjointe avec M. Oskanian. "Il s'agit d'un optimisme prudent", a-t-il ajouté.

La visite de M. Geoana à Erevan intervient à quelques jours d'une nouvelle rencontre le 4 mars à Paris des présidents arménien Robert Kotcharian et azerbaïdjanais Heydar Alïev, qui s'entretiendront ensuite le 5 mars avec leur homologue français Jacques Chirac. "Nous espérons que les propositions formulées récemment par M. Chirac visant à trouver une solution négociée bénéficieront du soutien des deux présidents", a déclaré M. Oskanian.

La France co-préside avec la Russie et les Etats-Unis le groupe de Minsk de l'OSCE chargé de trouver une solution au conflit. "Nous nous félicitons de l'implication directe dans les négociations sur cette question des présidents américain George W. Bush et russe Vladimir Poutine, et de M. Chirac", a pour sa part indiqué M. Geoana.

Selon le ministre arménien toutefois, une proposition avancée par le groupe de Minsk en 1998 qui prévoyait une large autonomie pour le Karabakh dans le cadre d'un "Etat commun" avec l'Azerbaïdjan, a été abandonnée à la suite de l'opposition du président et du Parlement azéris. Le président Alïev a vivement critiqué la semaine dernière cette proposition devant le Parlement, la qualifiant de "provocation contre l'Azerbaïdjan". "La question du Nagorny-Karabakh est particulièrement complexe, elle suscite des émotions et rappelle de mauvais souvenirs à toutes les parties concernées", a estimé M. Geoana. Mais, a-t-il souligné, "le temps des conflits est passé, le temps de la paix est venue".

Le Nagorny-Karabakh, territoire azerbaïdjanais peuplé majoritairement d'Arméniens, a proclamé en 1991 son indépendance avec l'appui d'Erevan, provoquant une guerre qui a duré trois ans et a fait près de 30.000 morts. Un cessez-le-feu a été signé en 1994, mais n'a pas été suivi d'un accord de paix.

M. Geoana a également indiqué avoir discuté avec ses interlocuteurs de la situation des milliers de réfugiés et de personnes déplacées en raison du conflit. Il a proposé la création d'un groupe interministériel sous l'autorité de l'administration présidentielle chargé de "remplir le vide législatif" en la matière. "L'OSCE est prête à fournir son expertise afin de trouver une solution durable à ce problème", a déclaré M. Geoana.

Les engagements pris par l'Arménie lors de son adhésion en janvier au Conseil de l'Europe et le soutien que l'OSCE peut lui accorder dans la mise en oeuvre de ses engagements ont également été évoqués, a-t-il ajouté.

Lors de cette première étape d'une tournée dans le Caucase du Sud, qui le conduira également en Géorgie et en Azerbaïdjan, le dirigeant de l'OSCE a également rencontré le président Kotcharian ainsi que le président de l'Assemblée nationale Armen Katchatrian.

  • L'Arménie accueille froidement la proposition turque de médiation dans le conflit du Haut-Karabakh (19.02.01).

Le ministère arménien des Affaires étrangères s'est montré peu intéressé par la proposition turque d'organiser une rencontre entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sur le conflit du Haut-Karabakh. Le chef de la diplomatie turque Ismail Cem avait invité samedi les deux pays à participer à une réunion tripartite, jugeant qu'une telle rencontre représentait ''une contribution à la recherche d'une solution.'' Mais la porte-parole du ministère arménien des Affaires érangères, Dziounik Agadjanian, a opposé une fin de non recevoir, relevant que cette proposition ''n'a pas un caractère officiel'', selon le bureau de Erevan de l'agence russe ITAR-Tass. Après que M. Cem eut lancé cette invitation lors d'une conférence à Istanbul, un diplomate arménien présent à cette réunion avait déjà écarté cette idée, notant que la Turquie et l'Arménie n'entretenaient pas de relations diplomatiques. Ankara a en effet posé comme préalable à l'établissement de liens avec Erevan que les forces arméniennes se retirent du Haut-Karabakh, région autonome d'Azerbaïdjan peuplée en grande majorité d'Arméniens, qui a proclamé son indépendance en 1988.

En six années de guerre, les combats entre séparatistes arméniens soutenus par Erevan et troupes azerbaïdjanaises ont fait 15.000 morts et transformé un million d'habitants en réfugiés. Un cessez-lefeu a été conclu en 1994, mais les négociations sur un règlement définitif sont dans l'impasse et les affrontements se poursuivent sporadiquement à la frontière.

  • Les présidents d'Arménie et d'Azerbaïdjan devraient se revoir à Paris (19.02.01).

Les présidents de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan devraient se revoir à Paris au début du mois de mars sous la médiation de Jacques Chirac, rapporte l'agence ITAR-Tass en citant une source proche de la présidence arménienne. Ce sommet devrait vraisemblablement avoir lieu entre la visite que doit effectuer le chef de l'Etat arménien Robert Kotcharian à Kiev (1er et 2 mars) et celle à Vienne (6-7 mars).

On pensait initialement que M. Kotcharian et son homologue azerbaïdjanais Heydar Aliev se rencontreraient à la frontière entre leur deux pays. Mais après leur dernière rencontre à Paris le 26 janvier dernier, on a jugé ''plus efficace'' de se voir dans la capitale française en présence de M. Chirac, précisait-on de même source. Le président français est en effet co-président du groupe de Minsk (Russie, France, Etats-Unis).

Le différend entre les deux pays porte sur le Haut-Karabakh, une enclave arménienne en terre azérie. L'auto-proclamation de son indépendance en 1988 devait déboucher sur six ans de guerre entre les deux pays. En dépit d'une trêve instaurée en 1994, les négociations de paix sous l'égide de l'OSCE sont toujours dans l'impasse.

  • Ankara propose son aide pour régler le conflit au Karabakh (17.02.01)

La Turquie propose son aide à l'Azerbaïdjan et à l'Arménie - avec laquelle elle n'entretient pourtant pas de relations diplomatiques - pour résoudre le conflit du Haut-Karabakh. "Je pense qu'une réunion en présence de responsables de ces deux pays et de la Turquie apporterait une grande contribution aux efforts pour régler le conflit", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Ismail Cem dans des propos retransmis à la télévision. Ismail Cem a fait cette proposition lors d'une réunion tripartite entre son pays et les deux Etats voisins portant sur la situation dans le Caucase.

Il n'a pas précisé s'il souhaitait voir son pays jouer le rôle médiateur dans ce conflit qui oppose l'Arménie et l'Azerbaïdjan et a fait plus de 35.000 morts en 13 ans.

Cette proposition semble traduire une volonté d'Ankara d'entamer un processus de normalisation des relations diplomatiques avec l'Arménie, qui l'accuse de génocide contre le peuple arménien lors de la chute de l'empire ottoman en 1915, alors qu'elle dément tout génocide.

  • L'Arménie salue la position "équilibrée" de la France sur le Karabakh (16.02.01).

L'Arménie a salué vendredi 16 février la position "équilibrée" de la France concernant la question du Nagorny-Karabakh, à l'issue de la visite officielle du président arménien Robert Kotcharian en France. La position de la France en vue d'un règlement du conflit au Nagorny-Karabakh, une enclave arménienne en territoire azerbaïdjanais, est "équilibrée", a déclaré à la presse le ministre arménien des Affaires étrangères Vardan Oskanian en accueillant à Erevan M Kotcharian à son retour de Paris. Le président arménien a estimé que "l'initiative du président français Jacques Chirac pour un règlement du conflit au Karabakh aura des suites positives", ajoutant qu'il comptait bientôt rencontrer à ce sujet son homologue azerbaïdjanais Heydar Aliev.

Erevan est en conflit avec Bakou au sujet du Nagorny-Karabakh, un territoire azerbaïdjanais majoritairement peuplé d'Arméniens, qui a proclamé son indépendance en 1991, provoquant une guerre qui, en trois ans, a fait près de 30.000 morts. Un cessez-le-feu a été signé en mai 1994, mais les négociations achoppent sur un traité de paix. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) patronne les pourparlers de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan au sein de son groupe de Minsk, dont la France est co-présidente avec les Etats-Unis et la Russie.