Jean Paul II en Arménie


Jean Paul II et Robert Kotcharian

  • L'ensemble des discours prononcés par Jean Paul II en Arménie :

- Lettre apostolique du Saint Père à l'occasion du 1700ème anniversaire du baptême du peuple arménien (fév. 2001)
- Cérémonie de bienvenue à l'aéroport international Zvartnotz à Erevan
- Visite et prière à la cathédrale apostolique d'Etchmiadzine
- Visite du pape au mémorial des victimes du génocide arménien de 1915 perpétré par la Turquie
- Célébration oecuménique dans la nouvelle cathédrale apostolique "Saint Grégoire l'Illuminateur" à Erevan
- Messe en rite latin, au Grand autel extérieur d'Etchmiadzine
- Déclaration Commune de Sa Sainteté Jean Paul II et de Sa Sainteté Karekin II
- Cérémonie de congé à l'aéroport Zvartnotz à Erevan

 

  • Les nouvelles :

La Turquie proteste après la visite du pape (02/10) :
Lire la dépêche

Fin du voyage de Jean Paul II en Arménie (27/09) :
Le pape Jean Paul II a achevé jeudi 27 septembre son périple de près d'une semaine en Asie centrale et dans le Caucase par une messe en plein air à Etchmiadzine, le siège de l'Eglise apostolique d'Arménie.
Jean Paul II et KaréKine II sortent du monastère de Khor Virab et contemplent le Mont AraratPar ailleurs, il a appelé les croyants de toutes obédiences à contribuer à la reconstruction économique du pays alors que la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. ''En ces temps présents, l'Arménie a besoin de la part de ses fils et de ses filles d'efforts renouvelés et de nouveaux sacrifices'', a dit Jean Paul II dans une homélie dite en arménien par un autre prêtre. ''Je suis persuadé que devant cette tâche capitale, nos frères et nos soeurs de l'Eglise apostolique d'Arménie considèrent les membres de la communauté catholique comme des enfants issus de la même mère'', a-t-il déclaré à Etchmiadzine, à 25 kilomètres de la capitale Erevan. Environ 5% des 3,6 millions d'Arméniens sont catholiques ou membres d'une Eglise ''uniate'', qui suit la liturgie orthodoxe tout en restant fidèle au pape.
La grande majorité de la population est fidèle à l'Eglise apostolique qui a permis au christianisme d'être religion d'Etat en 301 après Jésus Christ mais qui ne reconnaît pas l'autorité du Vatican.
La visite de trois jours du pape coïncidait en effet avec la célébration du 1.700e anniversaire de l'adoption du christianisme par les Arméniens. Avant son étape arménienne, Jean Paul II avait passé près de quatre jours au Kazakhstan.
Une santé fragile.
Ce voyage aux marches de l'Asie en ces temps particulièrement troublés a aussi constitué un véritable test pour la santé du souverain pontife âgé de 81 ans. A son arrivée à Etchmiadzine, il est apparu pâle et marchait avec plus de difficulté que d'ordinaire, assisté par deux aides. Il s'est exprimé lentement et difficilement en anglais pendant cinq minutes, avant de confier l'homélie à un prêtre arménien. Il devrait se rendre le mois prochain en Croatie, ainsi qu'à Sarajevo en Bosnie-Herzégovine, a annoncé jeudi le Vatican.
Mémorial dédié aux victimes du génocide arménien de 1915 perpétré par la TurquieReconnaissance du génocide arménien et des persécutions sous Staline.
Après avoir visité mercredi le mémorial dédié aux victimes du génocide arménien, chapitre de l'histoire de l'Asie mineure douloureux entre tous, Jean Paul II et le catholicos Karékine II ont signé jeudi une déclaration évoquant la question : ''L'extermination de 1,5 million de chrétiens arméniens, dans ce qui est généralement considéré comme le premier génocide du 20e siècle et l'anéantissement de milliers d'autres sous l'ancien régime totalitaire (soviétique, ndlr) sont des tragédies qui vivent encore dans la mémoire de la génération actuelle'', souligne le texte.
Par des massacres de masse et des déportations, la population arménienne de l'Anatolie a pratiquement été rayée de la carte entre 1915 et 1923 dans ce que l'Arménie estime être un génocide orchestré au plus haut niveau de l'Etat turc, ce que celui-ci conteste catégoriquement depuis 80 ans malgré les nombreuses preuves apportées.
Durant sa visite, Jean Paul II a choisi ses mots avec précaution en évoquant notamment clairement le génocide mais sans mettre la Turquie en cause

Le pape face au problème du génocide arménien (26/09) :
Le pape Jean Paul II a suscité quelque controverse mercredi en rendant hommage à Erevan aux victimes du génocide des Arméniens en 1915, en s'abstenant d'en prononcer le terme.
Dans une prière lue en anglais au mémorial de Dzitzernagapert, en présence du Catholicos Karékine II et du président Robert Kotcharian, le pape a parlé de Metz Yeghern (grand désastre), expression utilisée couramment par les Arméniens pour évoquer le génocide. Mais il n'a pas repris ce dernier terme, pourtant figurant dans une déclaration commune du Vatican et de l'église apostolique arménienne de novembre 2000.
Jean Paul II a parlé de la "terrible violence" ayant frappé les Arméniens et cité le pape Bénoît XV qui avait défendu en 1915 "le peuple arménien au bord de l'anéantissement". Cette solution de compromis, que des sources, proches du Vatican et souhaitant garder l'anonymat, attribuaient à des pressions diplomatiques turques "S'il utilisait le terme Karekine II et Jean Paul IIgénocide, cela nous ferait plaisir", a reconnu l'évêque apostolique arménien de Lyon (France), Mgr Norvan Zakharian.
Chrales Aznavour chante Ave MariaCharles Aznavour, qui a chanté son "Ave Maria" devant le pape, dans l'enceinte même du monument a déclaré "Je suis optimiste, la visite du pape m'apporte l'espoir. Il y a déjà eu des reconnaissances du génocide dans le monde. La venue de Jean Paul II peut en encourager d'autres et finalement celle par le peuple turc". L'émotion de Charles Aznavour était perceptible pendant qu'il chantait. Des religieux catholiques arméniens expliquaient de leur côté la relative prudence du souverain pontife par le souci de ne pas causer d'ennuis à quelque 60.000 Arméniens vivant en Turquie.
Avant la visite au monument de Dzitzernagapert, Jean Paul II a rencontré en privé le président Robert Kotcharian et sa famille. Dans l'après-midi, après un déjeuner officiel avec la hiérarchie de l'Eglise arménienne, le pape devait participer à une cérémonie oecuménique en la cathédrale Saint-Grégoire l'Illuminateur, l'un des temps forts de sa visite en Arménie.

Lire le communiqué du CDCA-France (26/09/2001)

 

Jean Paul II s'exprime sur le Haut Karabagh 25/09 :
Dès son arrivée dans la capitale arménienne, le souverain pontife a évoqué "la recherche urgente de la paix au niveau régional" dans un discours prononcé à sa descente d'avion à l'aéroport de Zwarnotz, où il a débarqué, venant du Kazakhstan, par une chaleur de 30 degrés. "La paix ne peut être construite que sur les fondations solides du respect mutuel, de la justice dans les relations entre communautés et de la magnanimité de la part des forts", a dit Jean aul II, qui a été accueilli par le président Robert Kotcharian et le Catholicos Karékine II.
Au début des années 90, Erevan avait appuyé avec succès les habitants d'origine arménienne de l'enclave du Haut Karabakh. Le conflit sanglant avait été arrêté en 1994, mais les négociations de paix piétinent toujours.
Par ailleurs, il a rappelé aux dirigeants arméniens les engagements en faveur des droits de l'homme découlant de la récente adhésion de leur pays au Conseil de l'Europe. Cette adhésion "témoigne de votre détermination à oeuvrer avec résolution et courage pour mettre en oeuvre les réformes démocratiques des institutions du pays, nécessaires pour garantir le respect des droits humains et civils de ses citoyens", a-t-il affirmé.
Auparavant, Jean Paul II avait souligné que l'Arménie avait été, il y a 1700 ans, le premier pays à faire du christianisme sa religion nationale. Il avait évoqué aussi implicitement le génocide arménien de 1915 sous l'empire ottoman, en soulignant que le XXe siècle avait été pour les Arméniens "un temps d'indicible terreur et souffrance". Le catholicos Karékine II, lui, a rappelé que le pape avait aidé l'Arménie après le tragique tremblement de terre de 1988, et souhaité que sa visite "historique" renforce encore "les liens d'amour" entre les catholiques et les fidèles de l'église arménienne". A l'issue de la cérémonie d'accueil, Jean Paul II s'est rendu à Etchmiadzine, le "Saint-Siège" arménien, où il doit séjourner pendant toute la durée de la visite. Lors d'une halte de prière dans la cathédrale (qui remonte à l'an 303), il est apparu très fatigué, les symptomes de la maladie de Parkinson dont il souffre apparaissant avec évidence.
En fin d'après-midi, avant une rencontre officielle suivie par un tête-à-tête avec le catholicos, Jean Paul II est apparu en bien meilleure forme. Il a traversé à pied la résidence d'Etchmiadzine la main dans la main avec le chef de l'église arménienne.
Le chanteur français d'origine arménienne Charles Aznavour a assisté à la partie publique de la rencontre à Etchmiadzine. Il s'est présenté aux journalistes comme "ambassadeur de l'Arménie à l'étranger" et a déclaré "aimer beaucoup le pape qui est artiste comme lui et voyage beaucoup comme lui". Les bonnes relations de Rome avec l'église arménienne contrastent avec le froid qui prévaut dans ses rapports avec le patriarcat orthodoxe de Moscou.

Arrivée de Jean Paul II en Arménie 25/09 :
Jean Paul II est arrivé en Arménie
Le pape Jean Paul II est arrivé mardi en Arménie pour une visite de trois jours, dans le cadre de son premier voyage à l'étranger depuis les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.
Le souverain pontife, qui est âgé de 81 ans, a atterri à l'aéroport Zvartnots d'Erevan, la capitale arménienne, en provenance du Kazakhstan où il avait passé quatre jours.
Il a été accueilli par le président arménien Robert Kortcharian et par le chef de l'Eglise apostolique d'Arménie, le catholicos Karékine II.
Lors d'une brève allocution à l'aéroport, le pape, s'exprimant lentement mais fermement, a insisté sur l'importance d'empêcher les divergences religieuses de dégénérer en actes de guerre et de violence, en appelant à la ''paix avec tous les hommes sur une fondation solide de respect mutuel et de justice''. Robert Kortcharian a affirmé pour sa part qu'en ces temps de ''manifestations déplorables de haine, les valeurs universelles (du christianisme) de compassion et d'amour fraternel ont pris encore plus de signification et d'importance''.
Jean Paul II a ensuite pris la route d'Etchmiadzin, à une douzaine de kilomètres d'Erevan, où se trouve le siège de l'Eglise arménienne.
Le reste de la journée sera consacré à une visite privée.
Au cours de sa visite de trois jours, le souverain pontife doit participer aux célébrations marquant le 1.700e anniversaire de la conversion au christianisme de cette autre ancienne république soviétique.
Le pape doit également se rendre au monument à la mémoire des 1,5 million d'Arméniens qui sont morts entre 1915 et 1923 dans le génocide orchestré par la Turquie.
Environ 90% de la population arménienne est fidèle à l'Eglise apostolique, l'une de ces Eglises d'Orient avec lesquelles Jean Paul II a entrepris un rapprochement. L'Eglise arménienne a fait scission en 451 à la suite d'une divergence sur la nature humaine et divine de Jésus-Christ. Les catholiques ainsi que les ''uniates'' de rite oriental, qui reconnaissent l'autorité du pape, sont environ 180.000 pour une population de 3,8 millions d'habitants.

La nouvelle cathédrale 23/09 :
La nouvelle cathédrale Saint Grégoire l'Illuminateur - Erevan

La cathédrale nouvellement construite de Saint Grégoire l'Illuminateur a été consacrée dimanche 23 septembre à Erevan, en présence de chefs d'églises orthodoxes du monde entier et de milliers de représentants de la diaspora arménienne, à deux jours de la visite du pape Jean Paul II.
"Nous avons consacré la cathédrale de Saint Grégoire l'Illuminateur (...) en priant pour que, par la toute-puissance du Seigneur, elle devienne (...) l'arc de triomphe des 1700 ans du baptême de l'Arménie", a déclaré lors de la cérémonie le Catholicos arménien Karékine II, le chef de l'Eglise apostolique arménien. Une vingtaine de chefs d'Eglises orthodoxes du monde entier, et notamment le patriarche russe Alexis II, étaient présents dans la capitale arménienne à l'occasion du 1700e anniversaire du christianisme arménien. L'Arménie fut le premier Etat au monde à faire du christianisme sa religion officielle en 301, sous Tiridate III, avec Grégoire l'Illuminateur comme premier catholicos. Les reliques du saint, conservées durant plus de 500 ans dans la cathédrale Saint-Grégoire de Naples (Italie), ont été rendues à l'Arménie en 2000.
De son côté, le patriarche russe a qualifié la nouvelle église de "symbole de la renaissance spirituelle" du peuple arménien, ainsi que de l'Eglise apostolique arménienne "après de longues années de persécutions et de restrictions".

Galerie de photos de la visite de Jean Paul II