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L'Arménie "s'est toujours considérée
comme partie intégrante de l'Europe" (10.02.01)
L'Arménie "s'est toujours considérée comme une partie intégrante de l'Europe",
a déclaré dans un entretien à l'AFP le président arménien Robert Kotcharian,
attendu à Paris lundi pour une visite officielle de cinq jours.
Q - Quelles sont les attentes de l'Arménie dans ses relations avec
la France et l'Europe ?
R - Nous considérons comme très importante notre collaboration avec les
pays européens. L'Arménie s'est toujours considérée comme une partie intégrante
de l'Europe, de son histoire et de sa culture, et notre entrée au Conseil
de l'Europe en témoigne. Nos approches du renforcement de la démocratie
sont concordantes, et nous comptons sur une collaboration étroite avec
les structures européennes pour atteindre ce but. Nous sommes en outre
liés par des intérêts économiques sérieux : environ quarante pour cent
de nos échanges commerciaux concernent les pays de l'Union européenne.
C'est un chiffre significatif, et nous sommes déterminés à l'augmenter
encore. Ces dernières années, la coopération bilatérale (entre l'Arménie
et la France) se développe de manière dynamique. Nos relations politiques
sont actives. Environ soixante-dix sociétés jointes ou purement françaises
travaillent aujourd'hui avec succès en Arménie, dans les secteurs les
plus divers de l'économie. Nous sommes intéressés à l'augmentation des
investissements français dans notre économie, ce qui amènera en Arménie
l'expérience et la culture d'entreprise de la France.
Q - Quelles ont été les conséquences de la reconnaissance par Paris
du génocide arménien de 1915 pour les relations de l'Arménie avec la France
et avec la Turquie?
R - Nous sommes reconnaissants envers la France pour l'adoption de la
loi sur le génocide des Arméniens dans l'Empire Ottoman. Le poids international
de la France donne au processus de reconnaissance une autre teneur. C'est
un signe de la fidélité de la France aux valeurs de l'humanité. Sans rétablir
la vérité, il est impossible de se libérer des blessures du passé, et
la France a fait un pas important dans cette direction. Il est important
que la question soit devenue le sujet de discussions étendues, et au premier
chef en Turquie même. Les problèmes apparues sont temporaires, et je suis
sûr que ce processus aura à long terme une influence positive sur l'apparition
d'une atmosphère de compréhension et de confiance dans la région. Pour
ce qui est de l'influence de cette loi sur les relations entre Erevan
et Ankara, malheureusement pour l'instant ces relations sont quasi-inexistantes,
et pas de notre fait.
Q - Quel rôle la France peut-elle jouer comme co-président du groupe
de Minsk de l'OSCE dans le règlement du conflit du Nagorny Karabakh, et
attendez-vous un progrès dans ce domaine lors de votre visite à Paris
?
R - La participation de la France (au processus de paix) est d'une grande
importance. L'Arménie se félicite de la position constructive qu'a toujours
adoptée la France sur cette question. Nous allons l'évoquer avec le président
Jacques Chirac. Récemment, sur l'initiative du président français, nous
avons discuté du Nagorny Karabakh avec le président (de l'Azerbaïdjan
Gueïdar) Aliev lors d'une rencontre tripartite à Paris. Je pense que,
certes lentement, nous avançons. Je ne veux faire aucun pronostic concret,
mais je dirai seulement que je crois intimement qu'avec des efforts communs,
nous pouvons trouver une solution juste à ce problème.
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