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La CEI aux prises avec des conflits d'intérêts, 10 ans après sa création (01.06.01) Le président russe Vladimir Poutine a reconnu vendredi 1er juin que la Communauté des Etats Indépendants (CEI), qui réunit douze ex-républiques soviétiques, était aux prises avec des "contradictions" entre les Etats qui la composent, près de dix ans après sa création. Lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet des douze à Minsk (Bélarus), le président Poutine a appelé les pays de la CEI à "renforcer leur coopération pour lutter contre le terrorisme", les incitant à "plus de coordination dans leur politique internationale". "Les contradictions au sein de la CEI sont naturelles car chaque pays défend ses intérêts nationaux", a-t-il cependant reconnu. "Je suis convaincu que l'avenir de la CEI réside non pas dans de grandes déclarations mais dans un travail dur et pragmatique", a ajouté le président. Illustration des divergences qui opposent certains pays composant la CEI, l'appel du président Poutine a été implicitement rejeté par le président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev. Ce dernier a estimé que la menace extrémiste en Asie centrale était "surestimée", lors de la même conférence de presse. "Il ne faut pas surestimer la menace extrémiste. Jusqu'à présent les pays qui y ont été confrontés l'ont réglée par leurs propres moyens", a affirmé le président kazakh. Ces remarques sont d'autant plus surprenantes que le Kazakhstan a participé la semaine dernière au lancement d'une force de réaction rapide avec la Russie, le Kirghizstan et le Tadjikistan afin de contrer les incursions d'extrémistes islamistes en provenance d'Afghanistan. Le Kirghizstan et l'Ouzbékistan ont été victimes l'été dernier de ces incursions de rebelles qui affirment vouloir créer un Etat islamique dans la vallée de Ferghana, une région de l'est de l'Ouzbékistan qui s'étend jusqu'au Tadjikistan et au Kirghizstan. Interrogé sur la division des membres de la CEI en plusieurs organisations, notamment économiques, le président russe a estimé qu'il fallait "utiliser tous les instruments" qui peuvent profiter aux intérêts nationaux des pays membres. La Russie, le Bélarus, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan ont lancé jeudi à Minsk une Communauté économique eurasienne pour faire contrepoids à l'association de GUUAM qui regroupe la Géorgie, l'Ukraine, l'Azerbaïdjan, la Moldavie et l'Ouzbékistan à l'initiative de Kiev. Le président du Bélarus Alexandre Loukachenko s'est félicité qu'en dépit de ces difficultés, les échanges commerciaux au sein de la CEI aient augmenté de 40% l'année dernière. Les présidents ont également discuté des conflits régionaux sur le territoire de l'organisation. La Russie et la Géorgie se sont mises d'accord pour prolonger le mandat des forces russes dans le territoire séparatiste géorgien d'Abkhazie jsuqu'à la fin de l'année. Interrogé sur la Transdniestrie, région russophone indépendantiste de la Moldavie, M. Poutine a salué le rôle du président moldave récemment élu Vladimir Voronine dans le règlement du conflit. "La Russie n'interviendra pas pour régler le conflit mais nous sommes prêts à être médiateur et garant du processus de règlement", a souligné Vladimir Poutine. Le président azerbaïdjanais Heydar Aliev s'est pour sa part prononcé pour un règlement pacifique au Nagorny Karabakh, un territoire azerbaïdjanais peuplé en majorité d'Arméniens Aucun résultat n'est cependant sorti de la rencontre de M. Aliev avec son homologue arménien Robert Kotcharian organisée jeudi à l'initiative de M. Poutine. La CEI regroupe la Russie, le Bélarus, l'Ukraine, la Moldavie, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan, le Kirghizstan, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, le Kazakhstan et le Turkménistan.
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